Lutte contre la corruption au Burkina Faso : Vers une institutionnalisation des relations Presse-ASCE/LC

Publié le mardi 18 juillet 2017

Le vendredi 2 juin 2017, l’autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) a animé un point de presse à Ouagadougou. Cette rencontre avec les hommes de médias avait entre autres pour objectifs d’apporter des éléments de précision sur le dernier rapport d’activités de l’institution puis d’envisager une coopération formelle entre l’ASCE-LC et la presse burkinabè.

« La lutte contre la corruption est notre combat à tous et non celui du seul gouvernement, encore moins le combat exclusif d’une institution comme l’ASCE-LC » a d’entrée de jeu reconnu Luc Marius Ibriga, contrôleur général d’Etat. C’est, pourquoi son institution a jugé judicieux qu’il y ait une institutionnalisation des rapports entre la presse nationale et l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de la lutte contre la corruption, afin que « chaque partie tire profit du travail de l’autre dans le respect du sacro-saint-principe de la présomption d’innocence ». L’occasion a d’ailleurs été saisie par les deux parties pour échanger à bâton rompu sur divers sujets en lien avec l’institution de Luc Marius Ibriga, son dernier rapport et la lutte contre la corruption au Burkina Faso. Pour Luc Marius Ibriga, le rapport 2015 concerne la gestion de 2014 et des années antérieures. Le travail effectué a consisté à des investigations consécutives à des dénonciations devenues récurrentes après l’insurrection populaire de fin octobre 2014. « Le retard dans la publication du rapport est dû aux nombreuses sollicitations de l’ASCE-LC par l’opinion publique après l’insurrection populaire au point d’inverser les taux habituels de missions programmées et de celles condamnées de l’institution qui sont respectivement de 75 et de 25% » a justifié le contrôleur général de l’Etat. Plusieurs autres questions ont été à cet effet évoquées dont la question des malversations au CSC qui concerne directement les hommes de médias. Après la publication du rapport de l’ASCE sur la gestion des fonds alloués aux élections de 2015, dame Nathalie Somé selon certaines informations a dans une correspondance adressée au président du Faso, demandé une contre-expertise. Chose improbable voire impossible à en croire Luc Marius Ibriga, puisque le dossier est entre les mains de la justice qui fait des investigations actuellement. Selon le contrôleur général, la contre-expertise n’est pas légale car « aucun texte ne le prévoit ». Il n’y a donc pas de possibilité de contre-expertise. C’est devant le juge que les mis en cause auront la possibilité de se défendre avec tous les moyens à leurs côtés. Pour lui, « dire que l’ASCE-LC a été pendant 6 mois au CSC sans entendre la présidente du CSC, c’est méconnaître les méthodes d’investigation de l’ASCE-LC ». Dame Nathalie Somé a été bel et bien entendue et elle a produit des éléments de réponse. Ces éléments de réponse ont été reversés au dossier. Mais bien avant, les agents de l’ASCE sont restés presqu’un an au CSC sans que certaines pièces justificatives ne soient fournies à l’équipe d’investigation. « Certains justificatifs sont apparus brusquement au moment où les réponses devaient venir » a précisé Luc Ibriga. Mais les éléments qu’elle (la présidente de l’ASCE, ndlr) a produits sont annexés au rapport. Le juge qui a été saisi aura la latitude de vérifier pour savoir si c’est fondé ou pas. De ce point de vue, le CSC a eu comme tous les autres, la possibilité de présenter les pièces justificatives à temps a conclu le contrôleur général. Et « s’il y a une contre-expertise, il vaut mieux fermer l’ASCE-LC parce qu’elle n’est plus une autorité supérieure » s’est offusqué le premier responsable de l’institution. En outre, il y a eu aussi des investigations sur les avantages servis au personnel dans les régions concernant le ministère de la santé et le ministère de l’éducation nationale. Cette investigation a permis à l’état de révéler les pertes de l’Etat à hauteur de plus d’un milliard deux cent millions de franc CFA chaque année, « au profit de personnes qui perçoivent indument les indemnités de logement ».

Wend-Tin Basile SAM


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