Macron ou le coup de pouce du destin

Publié le mardi 30 mai 2017

39 ans et élu président ! C’est une première dans l’histoire de la France contemporaine, la cinquième puissance mondiale. Porté à la tête d’une France en marche à plus de 60 km/h (allusion au score) c’est une lourde responsabilité pour Emmanuel Macron. En ce sens qu’il lui faut réconcilier une République fracturée comme jamais mais aussi lui donner la voix qui est la sienne sur l’échiquier international. Les épaules juvéniles du président élu doivent être suffisamment solides pour supporter la charge. Mais après l’euphorie de la victoire, il doit se mettre rapidement au travail. Le plus dur commence en effet : les élections législatives. Il lui faut de ce fait avoir une majorité présidentielle afin de bien dérouler sa politique. Le combat risque d’être dur. Puisque tous les appels à voter pour lui au second tour visaient à barrer la route à la peste, disons, le Front national porté par Marine Le Pen. Pour les législatives donc, chaque camp politique voudra avoir la majorité à l’Assemblée nationale. Mais si les Français lui ont fait confiance en lui confiant leur destinée c’est qu’ils sont prêts à priori à lui donner les moyens de gouverner en juin prochain.
On peut aimer ou pas Emmanuel Macron. On peut même penser que c’est un président par défaut. Mais sous nos tropiques, cette élection présidentielle doit indigner et interroger au niveau de la jeunesse. Marginalisée souvent au sein des partis politiques, elle doit avoir le courage de s’affirmer. Malheureusement, elle préfère souvent être sous la tutelle de tel ou tel autre gourou du parti afin de bénéficier de tel ou tel avantage. Même Thomas Sankara, icône pour beaucoup de jeunes, devenu à 33 ans président de la Haute-Volta rebaptisée Burkina Faso, ne semble pas leur servir d’exemple ! Qu’ils ne se leurrent pas. Les vieux loups de la politique ne viendront jamais leur offrir une place privilégiée sur un plateau d’or. C’est un combat à mener. Quand certains hommes politiques du haut de leur âge disent, dans une sorte de condescendance qu’ils sont jeunes, cela est assez révélateur d’un état d’esprit. On dit peu que ce qu’on pense ! En Côte d’Ivoire, Henri Konan Bédié lui disait qu’il est un « vieux-jeune » aux jeunes qui voulaient l’évincer du parti PDCI disant qu’il est vieux. Cela veut bien dire beaucoup de choses.

Le 6 juillet 2016 quand Emmanuel Macron lançait son mouvement En marche, nombreux sont ceux qui ne croyaient pas en lui. A force de persévérance on connait le résultat aujourd’hui : la victoire de l’audace. Le courage de s’être levé contre un système politique vieux de plus de 25 ans.

Nos jeunes dans une certaine mesure n’osent pas affronter ou profiter des situations. Soit ils n’ont pas le courage soit ils n’ont pas de convictions politiques profondes. L’essentiel c’est de profiter des avantages que leur offre le parti au plan social. L’audace n’est donc pas une qualité dans leur démarche politique. Et quand ils en ont c’est pour la monnayer dans la gouvernance du parti au pouvoir (quand ils sont dans l’opposition) contre un poste ministériel ou autre. L’engagement ou la conviction politique meurt ainsi. Le 6 avril 2016 quand Emmanuel Macron lançait son mouvement En marche, nombreux sont ceux qui ne croyaient pas en lui. A force de persévérance on connait le résultat aujourd’hui : la victoire de l’audace. Le courage de s’être levé contre un système politique vieux de plus de 25 ans. Certes, si un candidat comme François Fillon n’avait pas connu de scandale politique (affaire Pénélopegate), les résultats auraient sans doute été autres. Mais ça c’est une autre histoire !
Le parcours de monsieur Macron jusqu’à son élection fait penser à un autre. En 2008 aux Etats-Unis, un candidat sorti de nulle part mais néanmoins audacieux a fini par s’imposer comme président. Nous parlons bien entendu de Barack Obama. Un monsieur que rien ne prédisposait à la tête de la première puissance mondiale. A en croire l’histoire, mêmes les journalistes qu’il invitait à ses activités ne venaient pas. Il a même prêché dans des églises qui lui étaient favorables pour faire passer ses messages. Chemin faisant, il est devenu sénateur puis président des Etats-Unis. Son livre L’audace d’espérer en retrace le saisissant parcours. Chapeau au jeune président Emmanuel Macron !

Par Basidou KINDA


Commenter l'article (0)