Macron, la dernière carte avant le FN

Publié le mardi 30 mai 2017

On ne l’a presque pas vu venir ce mouflet de 39 ans dont la sortie du gouvernement Hollande avait été juste perçue comme un caprice d’enfant gâté. Eh bien, ce garçon que d’aucuns qualifiaient de candidat « macaroni » en raison non seulement de son jeune âge mais davantage pour sa fragilité supposée face aux caïmans du marigot politique français, est désormais le premier des Français. Par un vote clair et massif les arrières petits-enfants des Gaulois l’ont imposé à la meute de politiciens qui n’avaient d’autre choix, en tout cas pour la majorité d’entre eux que de lui consentir le bulletin de validation. Ni gauche ni droite classique, la préférence des Français est allée à un inclassable dont le mérite réside dans son volontarisme insolent. En effet, Emmanuel Macron est apparu dans les radars politiques il y a à peine plus de 5 ans. Son mouvement politique En marche n’a qu’un an d’existence. Et pourtant, l’homme a cru à son étoile et surtout à sa stratégie marquée du sceau de l’opportunité politique, d’aucuns diront de l’opportunisme politique. En rupture de ban avec le président Hollande grâce auquel il a pourtant été exposé aux lambris de la notoriété publique, Macron qui a compris que son bilan allait être lourd à porter, s’est également éloigné dans la foulée du parti socialiste pour les mêmes raisons. Et c’est en homme presque neuf, une sorte de démiurge qu’il s’est présenté aux Français. Dans une posture d’homme libéré du carcan à la fois hollandiste et socialiste, il s’est montré irrésistible à tous ceux qui, vent debout, ont tenté de lui barrer la route. Marine Le Pen l’a appris à ses dépens. La connaissance des dossiers (en particulier les dossiers économiques) ainsi que l’assurance affichée du candidat Macron a provoqué chez l’adversaire, l’espace d’une soirée, une rupture irrémédiable de faisceau. La suite n’a été qu’une succession de maladresses fatales.

« Macron est la dernière carte de tous ceux qui en France se réclament de la démocratie classique. Les Français auront vu à l’œuvre, la droite, la gauche et aujourd’hui le centre avec Macron. A l’avenir, aucun discours de diabolisation ne pourra tenir face à la poussée du front national si les résultats du quinquennat s’avèrent décevants. »

Emmanuel Macron est donc un homme avec lequel il faudra désormais compter. Sera-t-il un homme neuf comme son âge peut le laisser penser ou restera-t-il le fidèle continuateur de vieilles politiques qui ont failli ? Le 7 mai 2017, une étape a été franchie dans la volonté de changement du peuple français. Reste à voir si l’essai sera transformé à l’occasion des législatives en donnant au président nouvellement élu les moyens de gouverner. Le pire des scénarii serait de rester à mi-chemin, de ne pas aller jusqu’au bout de la logique. Certes, dans la tradition électorale française, le président élu est crédité d’un bonus dans la suite des consultations électorales, en particulier les législatives. Mais nous sommes dans une configuration inédite, où le parti du président entrant n’a aucune représentation au parlement. Les électeurs seront-ils entrainés par la dynamique de l’élection présidentielle ou vont-ils retourner dans leur chapelle politique respective, une fois le danger Le Pen écarté ? C’est l’inconnue des prochaines élections législatives. Tout dépendra des investitures qui vont être effectuées dans le parti. En marche et surtout de la recomposition politique que celles-ci vont induire.
Quoiqu’il en soit le quinquennat d’Emmanuel Macron sera crucial pour l’avenir de la vie politique française. Selon toute vraisemblance, Macron est la dernière carte de tous ceux qui en France se réclament de la démocratie classique. Les Français auront vu à l’œuvre, la droite, la gauche et aujourd’hui le centre avec Macron. A l’avenir, aucun discours de diabolisation ne pourra tenir face à la poussée du front national si les résultats du quinquennat s’avèrent décevants. Il faudra compter sur les responsables de ce parti pour tirer les leçons de leur échec d’aujourd’hui. Et pour sûr, la prochaine fois risque d’être la bonne !

Par Germain B. Nama


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