Journée mondiale de la liberté de presse : La presse burkinabè « brille de mille feux »

Publié le mardi 30 mai 2017

Cette année encore, la presse burkinabè a sacrifiée à la coutume du 3 mai qui consacre la célébration de la Journée mondiale de la liberté de presse. Comme chaque année, diverses activités ont été menées, le tout autour du thème retenu.

« Des esprits critiques pour des temps critiques : Le rôle des médias dans la promotion de sociétés pacifiques, justes et inclusives ». C’est sous ce thème que le comité international sous l’égide de l’Unesco a choisi de commémorer la 25ème journée internationale de la liberté de presse ce 3 mai 2017. Cette journée marque une halte pour évaluer et magnifier la liberté de la presse telle qu’elle s’exerce partout dans le monde. Cette édition se tient dans un contexte national et international marqué par la menace terroriste. Pour Boureima Ouédraogo, président sortant du comité de pilotage du Centre national de presse Norbert Zongo, le choix de ce thème correspond à une préoccupation mondiale en ce sens que « le monde est devenu dangereux et il n’y a plus d’endroit sûr ». Par ailleurs, au-delà des actes de violence meurtrière, « les menaces qui planent sur le monde font planer aussi la stigmatisation de certaines communautés et pays perçus par d’autres comme les terreaux de la radicalisation et de l’extrémisme ». Ainsi, en ces temps critiques pour l’humanité, Boureima Ouédraogo estime qu’il est indispensable de mobiliser les médias autour de la reconstruction d’un vivre ensemble apaisé et porteur d’unité dans le strict respect, la différence et la diversité.

Une collaboration indispensable entre journalistes et FDS

Au niveau national, le Centre national de presse Norbert Zongo a retenu comme thème, « défi sécuritaire au Burkina Faso, rôle et responsabilité des médias » pour célébrer cette journée. Dans un contexte d’insécurité grandissante, il est persuadé qu’il est impératif que les forces de défense et de sécurité et journalistes réfléchissent collectivement sur les questions de sécurité en lien avec les médias afin de créer les conditions d’une bonne collaboration. Selon lui, l’amélioration de cette collaboration pourrait certainement contribuer à une mobilisation citoyenne plus forte contre l’édile du terrorisme mais surtout à un sursaut national pour résister à la menace. Cela est indispensable pour faire face aux nouveaux médias, notamment les réseaux sociaux qui ne connaissent pas de limites éthiques et déontologiques. Pour sa part, la secrétaire générale du ministère de la communication et des relations avec le parlement estime que si le Burkina occupe cette année encore un rang qui permet de croire que « notre presse brille de mille feux et que rien ne nous autorise à baisser la garde », il ne faut tout de même pas oublier que beaucoup reste à faire. D’après elle, « le gouvernement œuvre et œuvrera toujours au renforcement du cadre réglementaire du secteur des médias et au renforcement des capacités économiques et organisationnelles des entreprises de presse dont il n’ignore pas la fragilité ». Boureima Ouédraogo, quant à lui, a interpellé les femmes et hommes de médias sur leurs responsabilités collectives et individuelles au regard du contexte actuel.

Par Wend-Tin Basile SAM

La suspension de L’Evénement a fait perdre un point à la presse burkinabè

Le classement mondial de la liberté de la presse de 2017 fait par Reporters sans frontières (RSF) est marqué, selon l’institution, « par la banalisation des attaques contre les médias et le triomphe d’hommes forts qui font basculer le monde à l’ère de la post-vérité, de la propagande et de la répression, notamment dans les démocraties ». La liberté de la presse n’a jamais été aussi menacée ajoute, le rapport, et l’indice global n’a jamais été aussi élevé (3872). En l’espace de cinq ans, l’indice de référence utilisé par RSF s’est dégradé de 14%. En 2017, près des deux tiers (62,2%) des pays répertoriés ont enregistré une aggravation de leur situation tandis que le nombre de pays où la situation des médias est considérée comme “bonne” ou “plutôt bonne” a diminué de 2,3%. « Le Burkina Faso se classe parmi les réussites du continent africain en matière de liberté de la presse, avec un paysage médiatique dynamique, professionnel et pluraliste », a reconnu Reporters Sans Frontière. De son avis, la transition post Blaise Compaoré s’est déroulée sans répression majeure des médias et la diffamation a récemment été dépénalisée au Burkina. Ce qui permet au pays d’occuper la première place en matière de liberté de presse en Afrique de l’Ouest et le 42e rang mondial devant des pays comme les Etats-Unis.
Toutefois, une certaine pression demeure. RSF trouvent malheureux que les cas de diffamation soient passibles de lourdes amendes pouvant mener à la fermeture pure et simple des médias concernés. Par ailleurs, la suspension soudaine du journal L’Evénement en février 2016 « pour diffusion d’informations relevant du secret militaire » a fait perdre au Burkina un point dans le score général en matière de liberté de presse.

@Sambas


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