Arrestation d’Inoussa Kanazoé et Cie : En prédiction du sort de Cimasso ?

Publié le jeudi 29 juin 2017

Le mercredi 19 avril dernier, Inoussa Kanazoé, le big boss de Cim Metal Group, est arrêté manu militari par la gendarmerie. Disons que c’est toute la haute direction du groupe qui a été interpellée par les pandores ce jour-là. Dans un communiqué en date du 21 avril, le groupe et l’ensemble de ses filiales ont tenu à « rassurer les partenaires financiers et institutionnels, les fournisseurs, leurs clients et le public qu’ils poursuivent leurs activités et la réalisation des projets en cours en toute responsabilité. » Qu’il en soit ainsi ! C’est tout le bien qu’on puisse souhaiter à Cim Metal Group. Il est indéniable que le groupe joue un rôle important dans le tissu économique national. On ne peut donc pas souhaiter qu’il coule à la suite de l’arrestation de son président directeur général et ses collaborateurs influents. Mais que le groupe ait fait des malversations ou blanchiment d’argent, il y aurait bien des complicités au sein de l’administration. Surtout quand on sait la relation incestueuse qui existe souvent entre le monde politique et celui de l’économie. L’un finance l’autre afin de bénéficier de certains avantages.
En attendant de connaître les motivations réelles de leur arrestation, cette actualité nous amène à traiter une fois de plus de l’affaire Cimasso, filiale du groupe, cette cimenterie dont le site d’installation à Bobo Dioulasso entretient toujours la polémique. Les OSC qui demandent la délocalisation du site afin d’éviter une catastrophe écologique. Comme les dirigeants du groupe l’ont signifié à notre reporter sur le cas Cimasso, « les affaires n’aiment pas le bruit. » C’est plus que vrai. Puisque c’est suite au bruit dans la presse que le problème en cours a éclaté. Quelles sont les vraies motivations de l’autorité qui l’amènent à piétiner les rapports de ses agents pour demander les services d’un Blanc afin de réaliser une contre-expertise favorable à l’installation de la cimenterie ?

Disons-le tout net. Cette affaire de Cimasso pourrait bien connaître le même dénouement que celui en cours actuellement dans la maison mère, Cim Metal Group. Quand une affaire est louche, elle fait forcément du bruit. Or les affaires n’aiment pas le bruit. Dans ce cas, ça va péter.

Difficile d’y répondre par l’affirmative pour l’instant. Dans le même registre on se demande qui du gouvernement ou de Cimasso a payé les frais d’expertise de docteur Repetti. De la même manière, les gens conviés à l’atelier de restitution du rapport ont été pris gracieusement en charge. En témoigne une correspondance du ministre du commerce et de l’industrie adressée à son collègue de l’eau et l’assainissement. « Les frais de déplacement et de séjour de vos représentants régionaux seront pris en charge par le comité d’organisation », lit-on dans la lettre. On se demande si c’est le gouvernement ou l’administration de Cimasso qui a déboursé l’argent. Mais il faut être peut-être dupe pour croire que c’est le gouvernement qui a mobilisé toutes les ressources financières allant des frais d’expertise à la prise en charge des participants.
Docteur Repetti à qui nous avions envoyé un mail pour demander une copie du rapport depuis le 14 avril ne nous a pas répondu jusqu’à ce jour. En fait, cela ne nous étonne guère. Cependant, par d’autres relations, nous avions eu le rapport en question et bien d’autres documents. Dans sa présentation, le docteur se donne 15 années d’expérience professionnelle dans les domaines de la planification environnementale, de la gestion des ressources et de l’aménagement du territoire. Dans les termes de référence (TDR) rédigés par le ministère de l’environnement pour le recrutement du bureau d’étude en vue de réaliser la contre-expertise, il est exigé que le chef de mission ait un niveau bac + 5 minimum avec une expérience d’au moins 15 ans dans le domaine des évaluations environnementales (…). Simulacre de TDR ? Un nombre d’années qui correspond bien à celui du docteur Repetti. C’est pour le moins suspect. Disons-le tout net. Cette affaire de Cimasso pourrait bien connaître le même dénouement que celui en cours actuellement dans la maison mère, Cim Metal Group. Quand une affaire est louche, elle fait forcément du bruit. Or les affaires n’aiment pas le bruit. Dans ce cas, ça va péter.

Par Basidou KINDA


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