Semica : Son promoteur refuse-t-il la main tendue du Gouvernement ?

Publié le mardi 18 juillet 2017

Entre le promoteur du SEMICA (Séminaire des Mines et Carrières) et l’Etat burkinabè, initiateur de la SAMAO (Semaine des Activités Minières d’Afrique de l’Ouest), c’est le désamour. La pomme de discorde est cet arrêté N° 2016-001063/MEMC/SG du ministre Alfa Oumar DISSA portant institution et harmonisation des manifestations de promotion des mines et carrières au Burkina Faso. M. Innocent BELEMTOUGA du SEMICA n’y trouve pas son compte et s’y oppose. Et depuis, la tension s’est installée entre le ministère de l’énergie, des mines et des carrières et lui, suscitant commentaires et suspicions.

Rien de fondamental n’oppose le promoteur du SEMICA au ministère de l’énergie, des mines et carrières. Il s’agit tout simplement de la décision du gouvernement d’harmoniser les activités de promotion des mines et carrières sur une même plateforme en une même période pour se donner plus de visibilité. Il n’est donc pas dit que les acteurs privés viendront se fondre dans une quelconque organisation. Chacun pourra garder son autonomie et l’appellation de son salon mais il faudrait que tout se déroule sur une même plateforme. De ce fait, en avril 2016, le ministère a institué au Burkina Faso une Semaine des Activités Minières d’Afrique de l’Ouest ( SAMAO) regroupant des acteurs publics et du privé pour partager une même plateforme d’échanges sur les mines et les carrières. Ainsi par arrêté N° 2016-001063/MEMC/SG, la SAMAO a été créée et regroupe : « les journées de promotion minière du Burkina en abrégé « PROMIN Burkina », les journées de promotion des carrières en abrégé « JPC » et toutes autres initiatives privées et publiques dans le domaine des mines et des carrières » tel qu’énoncé à l’article 3 dudit arrêté. Dame rumeur s’est fait l’avocat du SEMICA en faisant répandre comme une traînée de poudre que le « séminaire des mines et carrières » de M. BELEMTOUGA a été suspendu. Une information qui a contraint le ministre à rendre public un communiqué de presse datée du 15 Septembre 2016 aux fins de lever toute équivoque. Dans le texte, il est écrit à son dernier paragraphe que : « Le ministre tient à rassurer tous les acteurs du secteur minier ainsi que le public que la SAMAO reste ouverte à tous sans exclusion. Ainsi, il est libre à tout opérateur privé d’organiser sa manifestation ». Dès lors, tout incident devrait être clos et M. Innocent BELEMTOUGA était libre de faire route avec le ministère à travers la SAMAO ou d’organiser le SEMICA, comme il l’avait commencé depuis 2012.

Qui a refusé quoi ?

Mais aussi curieux que cela puisse paraître, la rumeur ne désenfle pas à chaque diffusion du spot publicitaire annonçant la tenue du SEMICA pour le mois de mai. On est tenté de penser à, juste titre, qu’il y a anguille sous roche. A la direction de la règlementation de la Direction Générale des Mines, de la Géologie et des Carrières (DGMGC), une source anonyme, bien informée du dossier, a confié que le promoteur du SEMICA a tout simplement refusé la main tendue du gouvernement. Dans ce cas de figure, a-t-elle poursuivi, le ministère n’a plus grand-chose avec lui. La même source se rappelle avec dédain, qu’à la première édition du SEMICA, que la décision du parrainage de la manifestation a été imposée au ministre de l’époque. D’où son exhortation à être prudent sur ce dossier économico-politique d’une extrême sensibilité. La direction de la communication et de la presse ministérielle a tout simplement fourni des documents pour confirmer que le SEMICA n’a jamais été interdit encore moins suspendu. « Libre à lui donc de mener ses activités comme il l’entend » peut-on retenir de cette direction. Une source proche du cabinet du ministre affirme que ce différend ne tient qu’à une ficelle de malentendu que M. BELEMTOUGA n’a pas voulu régler. Non, rétorque ce dernier qui affirme qu’il est en pourparlers avec le ministère de l’énergie, des mines et des carrières pour régler le différend.
Or, de toutes les informations glanées aussi bien au niveau du ministère qu’à la direction générale des mines, de la géologie et des carrières, il ressort que c’est un dossier clos. Un des fonctionnaires rencontré a même déclaré : « nous nous occupons de la SAMAO. La première édition a lieu avec succès du 22 au 24 septembre 2016. » Le promoteur du SEMICA n’est pas de cet avis, et selon lui, le dossier reste ouvert et les négociations se poursuivent sur les modalités d’application, les formes et contours de la volonté exprimée par le gouvernement de se mettre ensemble avec le secteur privé pour promouvoir le secteur des mines. Il évoque comme modalité sur laquelle ils ne se sont pas encore entendus la période choisie par le ministère pour organiser la SAMAO. A en croire M. BALEMTOUGA, les mois de septembre-novembre est la période des vacances et ils ne conviennent pas à l’organisation de telles activités. Mais ce qui est loin d’être compréhensible, comment peut-on être en difficulté avec une structure et obtenir son parrainage ? Car dans le spot publicitaire du SEMICA diffusé sur certaines stations de radios, la manifestation est annoncée pour se tenir le mois prochain sous le parrainage du ministère de l’énergie, des mines et des carrières avec lequel, on n’a pas encore fini d’aplanir les difficultés. Certaines sources tapies dans l’ombre du cabinet du ministre en rient et s’en moquent éperdument. « Peut-être qu’on nous l’imposera encore » rigole ce fonctionnaire de la direction des mines. Le promoteur de la manifestation lui-même s’explique. C’était lors d’un entretien téléphonique dans la soirée du mercredi 19 avril 2017 : « Je vous ai dit que la polémique est passée et nous sommes en négociation. On n’est pas belliqueux. C’est dans un climat de partenariat et de carte sur table qu’on discute. Peut-être que je ne vais même pas organiser le SEMICA le mois prochain. J’ai placé mon activité sous le parrainage du ministère en attendant… ». En tout cas, il est constaté que ce que le ministère n’a pas réussi avec le SEMICA, il l’a fait sans remous avec des acteurs de l’énergie. Il a institué depuis 2016 avec succès une Semaine des Energies et Energies Renouvelables d’Afrique (SEERA) dans le but de fédérer toutes les initiatives de promotion de l’énergie. Cette manifestation constitue une plateforme et un moyen efficace de partage de connaissances et d’informations utiles à la promotion des différentes sources d’énergies avec un accent particulier sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Il est proposé que la manifestation soit organisée du 02 au 07 mai 2017 dans la salle de conférences de Ouaga 2000 et sur le site du Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou (SIAO) sous le parrainage du Premier Ministre.

Raphaël N. ASPAVATI


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