Zéphirin Diabré aux ordres du CDP et de Blaise Compaoré ?

Publié le mardi 18 juillet 2017

Zéphirin Diabré, le Chef de File de l’Opposition Politique (CFOP) prétend que le procès de l’ancien président Blaise Compaoré et du gouvernement Tiao est destiné à intimider l’opposition pour affaiblir le meeting qu’il prévoit d’organiser le 29 avril prochain. Pour lui, chaque fois que l’opposition annonce une manifestation, le pouvoir brandit le spectre du procès pour « régler ses comptes » à l’opposition, comme c’est le cas actuellement avec le procès de l’ancien président Blaise Compaoré et ses ministres. La première question que l’on se pose est celle-ci : du meeting de l’opposition et du procès de Blaise Compaoré et de ses ministres, lequel fut annoncé premièrement. A ce que je sache, ce n’est qu’en début avril que l’opposition a annoncé la tenue de son meeting. Par contre le procès de l’ex Chef d’Etat a été annoncé depuis la mi-février. Le 16 février 2017, le journal Jeune Afrique informait que le procès des membres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré aura lieu d’ici fin mars 2017. Voici précisément ce qu’écrivait le journal ce jour : « Nous voulons tenir le procès d’ici à fin mars prochain, qui me semble un délai raisonnable. Le dossier est fini », a expliqué à Jeune Afrique Armand Ouédraogo, procureur général près la Haute Cour de justice ». Pour des difficultés propres à la justice, il y a eu un retard.
Deuxième question : fallait-il que la Haute Cour de Justice tienne compte de la date du meeting de l’opposition pour fixer la date du procès ? A quelle date, l’opposition n’aura-t-elle pas de manifestation (elle qui a un plan d’activités qu’elle annoncera justement au meeting) pour permettre à la justice de fixer une date ? N’est-ce pas les mêmes opposants qui réclament l’indépendance de la justice ? Visiblement, ils ne croient pas à cette indépendance et pensent que la justice est encore aux ordres comme du temps de ceux qui seront appelés à la barre le 27 avril prochain. Zéphirin Diabré ne marche-t-il pas lui-même aux ordres du CDP, de la NAFA et de Blaise Compaoré ? Le chef de file de l’opposition joue à l’équilibriste avec le régime Compaoré et le peuple burkinabè. Il ne veut pas perdre l’avantage électoral que le CDP lui a donné à la dernière présidentielle et qu’il pourrait encore lui réserver à la prochaine ; mais il fait aussi attention de ne pas trop afficher les atomes crochus qu’il a avec le régime Compaoré par peur de perdre tout crédit vis-à-vis du peuple insurgé. D’où le chaud et le froid qu’il souffle constamment sur l’ancien président et ses amis. Un jour il se démarque de Blaise Compaoré et ses acolytes, un autre jour il les défend comme c’est le cas de leur prochain procès. Mais cela ne saurait perdurer car si en politique, l’on peut parfois poursuivre deux lièvres à la fois, c’est tout juste pour un temps et non pour tout le temps.
Le président de l’UPC devrait se remémorer que la soif de justice a été l’une des récriminations majeures qui ont provoqué la chute de Blaise Compaoré et que de ce fait, il devrait prendre clairement position en ce qui concerne le jugement du dernier gouvernement de Blaise Compaoré.
Avec cette attitude ambiguë du chef de file de l’opposition, l’on pourrait aussi faire prévaloir l’inverse de ses propos, à savoir « chaque fois que le pouvoir annonce un évènement majeur, l’opposition organise des manifestations pour s’y opposer d’une manière ou d’une autre comme c’est le cas actuellement avec son meeting du 29 avril visant à contrer le procès de l’ancien président Blaise Compaoré et ses ministres ».

Lucien Kalgoumdo

Démocratie : Tension autour du meeting du CFOP

A quelques jours de la tenue du meeting du Cfop prévu pour le 29 avril 2017, la tension est perceptible dans les milieux politiques. A la faveur de sa conférence de presse du jeudi 20 avril 2017, Zéphirin Diabré le chef de file de l’opposition politique a déclaré que le parti au pouvoir, le MPP est dans les manœuvres pour tenter de saper les bases du meeting. Mais ce qu’il n’a pas dit, c’est que l’opposition semble décidé à se frayer le chemin de la victoire.

L’information est devenue officielle. Le parti au pouvoir, le MPP serait dans des manœuvres politiciennes tendant à faire échec au meeting de l’opposition organisée par le Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso ( CFOP). Et sur les antennes de certaines stations de radios et des chaines de télévisions, Zéphirin Diabré a dénoncé ce qu’il considère comme des agissements du régime de Roch Marc Christian Kaboré. Il a rappelé, à cet effet, que durant toute sa carrière d’opposant il s’est comporté en sorte à respecter la légalité et le jeu démocratique. En retour, il demande qu’il en soit ainsi pour ceux du camp d’en face. Sur le terrain et dans les arrondissements et secteurs de Ouagadougou, les faits sont loin de contredire le chef de file de l’opposition. Des Burkinabè ont reconnu la visite de responsables du Mouvement pour le Peuple et le Progrès leur demandant de ne pas se rendre au meeting du samedi 29 Avril 2017 à la maison du peuple. Issouf BAGRE, étudiant résident dans l’arrondissement 3 a avoué avoir été dissuadé de s’y rendre. Olivier OUEDRAOGO du même arrondissement s’est inscrit dans la même logique. Des aveux similaires ont été enregistrés un peu partout dans la ville. Ce ne sont pas les arrondissements 8, 5, 4, 10 qui vont prendre le contrepied des premières déclarations recueillies dans l’arrondissement N°3. C’est du quasi général. Binta SORE, Arouna Kombale, Aristide SIDIGUE et la liste est très longue ont reconnu d’une manière ou d’une autre avoir été approchés. Ce qui conforte le chef de file de l’opposition dans sa déclaration. Curieuse coïncidence que de savoir que c’est à cette même date du 29 Avril que le gouvernement a choisi de vulgariser le PNDES au niveau des différents secteurs de la ville de Ouagadougou. C’est de bonne guerre lorsqu’on sait qu’on est en démocratie que chaque structure est libre de s’organiser comme elle peut et comment elle veut. En démocratie, il y a cependant ce qu’on appelle l’élégance politique qui veut qu’on ne donne pas l’impression de se mettre les bâtons dans les roues. Or, les impressions qui se dégagent de cette guéguerre dont on peut faire l’économie au peuple burkinabè, c’est que le régime en place a tendance à étouffer la liberté de l’opposition à se réunir. Le parti au pouvoir n’a pas compris qu’en agissant ainsi, il place l’opposition dans une posture de victime. Et le Burkinabè, quelle que soit son lieu de provenance, a toujours pris fait et cause pour le plus faible. En un mot, le régime de Roch Marc Christian Kaboré travaille à aider l’opposition à réussir son meeting et à le rendre plus célèbre.

La stratégie de l’opposition

En réplique à cette tendance observée chez le pouvoir en place, le Chef de file de l’opposition qui regroupe aujourd’hui une trentaine de formations politiques a mis sur pied des équipes de sensibilisation. Leur rôle, bien évidemment, est de parcourir les secteurs de Ouagadougou afin de stimuler et encourager les populations à faire massivement le déplacement. Ce qui n’était pas un objectif au départ en est devenu un parmi tant d’autres. Zéphirin et ses camarades promettent de remplir la maison du peuple en recto verso avec intercalaire. Les états majors des partis affiliés au Cfop sont en alerte, galvanisant leurs militants. Samedi dernier, le Rassemblement des Ecologistes du Burkina Faso avait réuni au grand complet son bureau politique élargi aux comités de jeunes pour réussir la mission. Quelques indiscrétions ont pu permettre de savoir que les militants RDEBF seront de vert vêtus aux côtés de leurs camarades de l’UPC, du CDP, de la NAFA …Interrogé, le président du RDEBF Adama SERE refuse de s’inscrire dans une logique d’affrontement. Il a rappelé que les écologistes prohibent la violence sous toutes ses formes et que « nous sommes des apôtres de la non-violence ». Il a aussi exhorté les uns et les autres à respecter les principes démocratiques tout en invitant la classe politique et les Burkinabè à jeter un coup d’œil dans le rétroviseur. « 2014 n’est pas si loin et nous n’avons pas encore fini de pleurer nos morts et de panser les plaies » a-t-il conclu sur une note d’espoir que samedi 29 Avril sera sans danger ni heurts. L’ancienne majorité, le CDP, loin d’emboucher la trompette de la violence promet que quels que soient les cas de figure, la maison du peuple sera pleine comme un œuf et la plateforme de l’opposition sera présentée. En dehors des grandes lignes dont on a fait cas dans notre dernière parution, cette plateforme du CFOP est gardée secrète. Ce qu’on sait par contre, c’est aujourd’hui à 18 heures que le document sera présenté aux leaders politiques de l’opposition. Une dernière lecture s’avérait nécessaire dans les jours d’après ce mardi pour la dernière monture. De l’aveu de certaines sources proches du mémorandum, c’est tout le régime de Roch Marc Christian Kaboré qui est passé au peigne fin. La démocratie, la cherté de la vie, les passassions de marché, les contre-vérités grossières du gouvernement, les promesses non tenues, le PNDES en souffrance, l’éducation, la santé et bien d’autres thématiques constituent l’ossature de cette plateforme revendicative.

Raphaël N. ASPAVATI


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