Forte croissance de la population jeune en Afrique : Une richesse qui pourrait être un facteur de déstabilisation

Publié le jeudi 27 avril 2017

Engagée depuis dix ans dans la lutte pour la promotion de la bonne gouvernance sur le continent noir, la fondation Mo Ibrahim attire l’attention du potentiel danger que représente une jeunesse sans sources de revenus. C’était en marge du forum Ibrahim Governance Week-end, tenu du 6 au 9 avril à Marrakech, dans le sud du Maroc afin « d’identifier les enjeux politiques clés du continent ».

60% de la population africaine est actuellement jeune et a moins de 25 ans. En 2050, cette frange comptera 452 millions de personnes, soit plus de 60% de l’ensemble de la population européenne en 2015. Ces statistiques sont données par « Un point de bascule pour l’Afrique », un rapport de la fondation Mo Ibrahim. Il est publié en amont du forum Ibrahim Governance Week-end, tenu du 6 au 9 avril à Marrakech, dans le sud du Maroc, afin « d’identifier les enjeux politiques clés du continent ». Il ressort de ce rapport que le cycle des matières premières a alimenté la croissance du produit intérieur brut (PIB) dans de nombreux pays mais que cela n’a quasiment pas créé de nouveaux emplois pour les jeunes. « Au cours des dix dernières années, alors que le PIB réel de l’Afrique a enregistré une hausse annuelle moyenne de 4,5 %, le taux de chômage des jeunes n’a pas quitté un niveau élevé », note le document. Il précise que le chômage des jeunes est un terreau fertile pour la prolifération de l’idéologie et du fléau terroriste. C’est pourquoi le rapport souligne également que l’avenir du continent dépend de sa capacité à apporter des réponses pertinentes aux problèmes des jeunes.
La jeunesse constitue avec l’énergie la « ressource la plus précieuse » et le « plus grand espoir » pour l’Afrique d’« accélérer » ses progrès. Cependant, prévient l’homme d’affaire anglo-soudanais, Mo Ibrahim, qui a fait fortune dans les télécommunications, les attentes des jeunes deviendront frustration et colère si ceux-ci ne trouvent pas d’emploi et si les gouvernants ne leur donne pas la parole dans les instances où se discutent leur propre avenir. « Notre continent est à un point de bascule. Les décisions prises aujourd’hui détermineront s’il continuera à progresser ou régressera », a-t-il déclaré. Il a alors insisté sur la nécessité pour les dirigeants africains d’avoir un leadership éclairé et une gouvernance.

Gaston Bonheur SAWADOGO

Mo Ibrahim accuse les Français d’être « complices de la corruption en Afrique »

Dans une interview accordée le 8 avril dernier à l’Agence France Presse (AFP), Mo Ibrahim, s’est attaqué aux complices des hommes d’Etat africains dans la corruption. Pour lui, des hommes politiques et des hommes d’affaires français sont à la base de la corruption en Afrique. « La France a introduit des lois anti-corruption il y a soixante ou soixante-dix ans. Mais combien de Français impliqués dans des affaires de corruption en Afrique sont passés devant des tribunaux ? Zéro », s’est indigné l’ancien magnat des télécommunications, aujourd’hui âgé de 70 ans. « Nous ne voulons pas que la communauté internationale présente devant la justice les leaders africains corrompus, nous voulons savoir où va l’argent de la corruption », a-t-il déclaré.

GBS


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