Nouveau Siège de la RTB : Deux milliards en fumée avant démarrage

Publié le jeudi 27 avril 2017

L’imbroglio dans lequel l’Etat burkinabè se trouve aujourd’hui n’est rien d’autre que la prime à la mauvaise gouvernance. Une ingérence dans l’attribution du marché, des dépenses engagées pour équiper un siège dont la construction n’a pas encore commencé. Résultat, quatre (4) ans après la pose de la première pierre, la construction n’a pas commencé. L’Etat doit faire des concessions financières s’il tient à la réalisation de l’édifice.

« Le gros problème dans la construction du siège de la RTB, c’est qu’il y a eu des difficultés entre le conseil d’administration, la direction générale de la RTB et le ministre Alain Edouard Traoré à l’époque » c’est ce que nous a confié une source qui a suivi l’évolution du dossier. Pour cette dernière, le dossier a été mal mené, il y a eu des guéguerres dans la conduite de la procédure du dossier, il y a eu ingérence dans le Conseil d’administration de la RTB. Tout cela parce que « des gens avaient d’autres intérêts autour du projet que son aboutissement véritable ». Comme conséquence, la construction du siège de la RTB n’a toujours pas démarré quatre (4) ans après la pause de la première pierre. Pire, l’addition est plus que salée parce que du budget initial de 7 milliards, la construction du siège nécessite aujourd’hui 16 milliards, soit une hausse de près de 130%. La Radiodiffusion télévision du Burkina Faso se retrouve donc dans un imbroglio financier où il doit trouver 9 milliards de plus pour compléter. Et le gouvernement n’a pas d’argent, nous confie notre source.

2 milliards dépensés et rien à montrer

Selon Danielle Bougaïré, directrice générale de la RTB, citée par notre confrère du Courier Confidentiel dans sa parution du 25 janvier 2017, il y a eu des insuffisances dans le montage du projet de construction de cette « cité de la communication », qui s’inscrit dans le cadre du plan de développement de la RTB. Ce plan triennal vise à résoudre les problèmes de la RTB et devrait prendre en compte la construction du siège, des investissements mobiliers, matériels et logistiques. Selon toujours notre confrère, « pas moins de 2 milliards de fcfa » ont été dépensés dans le projet de construction du siège. Cette somme a servi entre autres au projet architectural et au recrutement d’un bureau d’ingénierie. Selon certaines sources, du matériel avait été acquis à l’époque pour équiper le nouveau bâtiment qui devrait être construit. Sans compter les 40 véhicules acquis par le ministre Alain Edouard Ouédraogo à l’époque (acquisition qui a défrayé la chronique à l’époque). Vraisemblablement, l’équipement acquis pour le nouveau siège de la RTB s’il n’est pas amorti, est en passe de l’être selon les explications de notre interlocuteur.

Le ministre Alain Edouard Traoré se saisit du dossier et il est compromis

Déjà mis en cause dans l’acquisition des quarante (40) véhicules qui étaient censés être échelonnée sur 3 ans, Alain Edouard Traoré a son empreinte dans le dossier de construction du siège de la radiodiffusion télévision du Burkina. C’est l’ensemble de ses éléments qui feraient l’objet de sa mise en accusation par la haute cour de justice. En effet, notre source d’information indique que le projet était en bonne voie jusqu’à ce que « le ministre de l’information récupère la gestion de la RTB sur le plan financier et administratif ». Ce dernier donne des instructions pour qu’on donne le maître d’ouvrage à FASO BAARA malgré l’opposition du ministre délégué du budget à l’époque (chose que nous n’avons pas pu vérifier). Cela a d’ailleurs entrainé le chamboulement à la RTB avec le « chassing » des dirigeants de la RTB de l’époque qui se seraient opposés à la forfaiture. C’est dans ce contexte que l’insurrection populaire est intervenue et jusqu’à aujourd’hui le projet peine à démarrer. Environ 5 milliards de fcfa restent dans les caisses pour la construction du siège. L’inflation et certains imprévus s’étant invités dans le projet, il faut désormais autour de 16 milliards de fcfa pour réaliser l’édifice. La piste probante qui serait en étude est celle d’un partenariat public-privé. Des investisseurs américains et des turcs seraient sur le coup à en croire cette source proche du dossier.

Wend-Tin Basile SAM


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