« L’immigration serait un atout pour la France »

Publié le mercredi 16 mai 2012

La question de l’immigration et du droit de vote a été l’instrument de la droite et de l’extrême droite. Nicolas Sakozy, après l’immigration choisie, a proposé de diviser par deux le nombre d’immigrés légaux en France. La France enregistre deux cent mille immigrés par an. Accusé de vouloir ouvrir les frontières, la gauche dit vouloir étudier les dossiers au cas par cas. En ce qui concerne le droit de vote des étrangers aux municipales sans mandat électif, la droite de Sarkozy et de Marine Le Pen s’y opposent. Si Nicolas Sarkozy est d’accord pour le droit de vote des Européens, celui des Africains ne passe pas. Ce n’est pas une haine des étrangers, mais le principe de la réciprocité. Ce vote des étrangers favoriserait le communautarisme. « A ce rythme, on aura un président noir ou arabe en France », s’alarme une militante du Front National à l’Opéra le 1er Mai dernier. Nicolas Sarkozy fait aussi un lien entre immigration et chômage. « Si sur une table, il n’y a pas suffisamment de place, on ne peut pas accueillir d’autres invités. Ce n’est pas la haine des étrangers ». Pourtant, la CGT a dans une étude pris le contrepied de ces discours xénophobes : Le principe de la préférence nationale, la stigmatisation systématique des immigrés ne sont pas seulement contraires aux principes fondateurs de la République et aux traditions démocratiques. Ils sont aussi un outil de division des salariés et donc d’affaiblissement du rapport indispensable face au patronat. Ils ont pour objet de dresser les salariés les uns contre les autres et de réduire leur capacité de rassemblement et d’intervention pour peser sur les choix économiques et sociaux. Ils visent à cibler une partie de la population pour détourner l’attention sur la véritable question, à savoir l’inégalité de la répartition des richesses produites par le travail. La lutte contre cette politique immonde du bouc émissaire passe entre autres par la déconstruction d’un certain mythe sur l’immigration.

L’immigration serait un atout pour la France. Il ressort d’une étude parue en 2010 d’une équipe de l’université de Lille, réalisée pour le compte du ministère des Affaires sociales que les immigrés sont une très bonne affaire pour l’économie française. Travaillant sur les chiffres officiels, les chercheurs ont décortiqué tous les grands postes de transfert des immigrés. Il en ressort un solde très positif. En 2009, les immigrés ont reçu de l’Etat français 47, 9 milliards d’euro via les retraites, les aides au logement, le RMI, les allocations de chômage, familiales, les prestations de santé etc. Dans le même temps, ils ont versé au budget de l’Etat, par leur travail, d’importantes sommes. Impôt sur le revenu, 3,4 milliards d’euro, impôt sur le patrimoine 3,3 milliards d’euro, impôt et taxe sur la consommation 18,4 milliards d’euro, impôt locaux et autres 2,6 milliards d’euro, cotisation sociale 26,4 milliards d’euro, autres 6,2 milliards d’euro. Ce qui donne un total de 60,3 milliards d’euro avec un solde positif de 12, 4 milliards d’euro pour les finances publiques.

Sur le chômage, les politiques surfent sur du mensonge. Plusieurs études confirment que la relation entre la présence des actifs des étrangers dans un pays et le taux de chômage est faible. Lorsqu’on classe les pays en fonction du taux de chômage et de la proportion des étrangers dans la population totale, on constate que des pays comme l’Espagne, l’Italie, la Finlande dans lesquels le taux de chômage est relativement élevé, la part des étrangers dans la population est très faible. Par contre, des pays comme le Luxembourg, la Suisse, les Etats-Unis avec un taux élevé de la population étrangère, le taux de chômage reste très faible.

Une récente étude du ministère de l’Immigration indique qu’en 2008, 2,15 millions d’immigrés avaient un travail en France. Un million venant des pays du tiers monde et 750 000 de l’Europe et de la Suisse. Immigration et chômage ne sont donc pas corrélés. Le chômage reste bien avant tout un phénomène lié à l’évolution économique et aux choix patronaux et gouvernementaux.

 ARN


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