Tour du Faso 2016 : C’est encore façon-façon

Publié le lundi 10 octobre 2016

Chaque année le Tour du Faso réunit la crème du cyclisme africain sur nos terres. A eux s’ajoutent des coureurs amateurs européens en quête de forte sensation et de points. Mais voilà une épreuve qui a fait la fierté du Burkina depuis 1987. Chaque édition est un réel combat. Pourtant les éditions se suivent.
Alors que le Comité national d’organisation a organisé une conférence de presse pour annoncer que l’édition 2016 sera une réalité, le Tour du Faso traîne encore des ardoises de l’édition passée. Le Burkina tient à son Tour sauf qu’il n’a pas les moyens pour assurer son organisation. Il faut mégoter. L’Etat, au titre de sa contribution, n’injecte que 130 millions de F CFA dans la compétition dont le budget estimatif est de 400 millions de F CFA. Où trouver le reste ? Les sponsors certainement. Or tous savent comment la conjoncture a éprouvé le Burkina et le monde des affaires de notre pays. Peut-on dans cette situation s’attendre à ce que les sponsors comblent le manque à gagner ?
Du reste, les années antérieures, quand le Burkina n’avait pas traversé une longue période de troubles socio-politique, la récolte de la manne financière auprès des sponsors pour la même épreuve n’excédait guère 280 millions pour les années de générosité. Le compte n’y est jamais. On imagine le déficit cette année, alors que 15 pays sont attendus du 28 octobre au 6 novembre 2016. On clame par-ci et par-là que le Tour du Faso est la vitrine du Burkina. Effectivement, même en Chine le vélo a permis d’afficher le nom du Burkina. Dans ce Burkina post-insurrection doublement affaibli par la menace djihadiste, la réussite de la compétition sera un signal fort que notre pays est redevenu fréquentable. Bref, les bonnes raisons de maintenir en vie le Tour du Faso sont légion. Comment est-ce possible que des efforts supplémentaires ne soient pas consentis pour que l’épreuve grandisse ?
Dans le budget de l’Etat, chaque année, on reconduit mécaniquement le montant de 130 millions pour le Tour du Faso, oubliant qu’au fil des années, l’épreuve croit, son budget aussi. Il faut se dire, autant le Tour du Faso est une tribune de visibilité pour notre pays, autant son organisation approximative peut discréditer le pays. Ce ne sera à l’honneur d’aucun Burkinabè que le Tour du Faso, à l’échelon course, soit contraint de s’arrêter pour défaut de paiement. Or, l’existence d’ardoises et l’incapacité de boucler le budget préparent à des scènes pareilles. Pour nous, il est temps que des décisions courageuses soient prises. Et là, il n’y en a que deux. Soit les finances sont améliorées pour une meilleure organisation soit on renonce à poursuivre l’organisation du Tour du Faso.

J J Traoré


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