Duarté/Put : La guerre des Paul aura lieu !

Publié le mercredi 16 mai 2012

Duarté a endossé le costume d’entraîneur avec de multiples pouvoirs du Gabon. Et alors ? En principe, l’ex-coach des Etalons est libre de mener sa carrière de pro comme bon lui semble. Portugais de père et de mère eux-mêmes Portugais, son avenir ne regarde en rien les Burkinabé.

 

Simple coïncidence ? Evénement provoqué ? Duarté est le nouveau coach du Gabon ! A priori, c’est un non événement pour le Burkina. Il n’y a pas de quoi empêcher Issaka de racler le fond de son plat « de beinga » (plat local à base de haricot) à midi. Après tout, c’est notre pays qui a prit l’initiative de se séparer de Duarté. Et nous n’allons pas pousser le bouchon de la méchanceté jusqu’à aller demander aux dieux du foot de priver l’ancien maître à penser des Etalons de job. Mais à y voir de près son enrôlement par le Gabon ne peut pas laisser indifférents les Burkinabé. On peut dire que depuis la nomination du nouveau coach du Gabon, les jours des fans du football burkinabé ne sont plus si paisibles. Car il se trouve que Duarté va jouer dans les jours très prochains contre le Burkina, son ancienne équipe. En fait, ce qui chiffonne tout de suite c’est savoir si le Portugais a décidé de prendre le Gabon, poussé par un sentiment de revanche ? En effet, avec dignité il a accepté de partir quand le Burkina ne lui a pas annoncé le renouvellement de son contrat. Mais il n’est pas parti pour autant avec le sourire aux lèvres, sinon ça été un rire jaune ! Il voudrait donc démontrer que le Burkina a eu tort de le remplacer par Paul Put. C’est humain. Et là, Duarté part avec une avance. Souvenez-vous qu’il a déjà battu le même Belge, Put alors qu’il tenait le Burkina et l’autre, la Gambie.

Paul Put a rendez-vous avec l’histoire. Face à son
prédécesseur, il lui est interdit de perdre.

Et pour ne pas faciliter les choses de l’actuel coach des Etalons, sa désignation a soulevé une levée de boucliers au Burkina. Il a tout à prouver. Le public ne croit pas en lui ou croit très peu. Dans ce contexte, un affrontement direct entre les deux coachs n’était pas souhaité pour le Belge. Aux prises, il y aura deux techniciens dont l’un n’a rien à perdre et l’autre tout à gagner. Pour l’heure, on ne le réalise pas assez. Mais l’orage peut s’installer en cas de graves contre performances des Etalons face à leur ancien coach. Le public en voudra à la FBF d’avoir laissé partir un coach des victoires pour enrôler celui des défaites. Les contestations et plaintes manifestées suite à l’annonce du coach des Etalons vont refaire surface et cette fois-ci avec une preuve matérielle. Or, le Gabon, au regard de sa dernière CAN dispose d’un effectif de qualité. Ses joueurs explosent dans les championnats européens. Il n’est pas exclu que les Etalons perdent en aller retour face aux Gabonais. Dans le groupe des Etalons pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2014, les Panthères du Gabon paraissent même le premier adversaire coriace des Etalons. Mais dans le contexte actuel, le Niger, le Congo peuvent tout aussi bien nous battre. Ça va jaser peu. Mais la contre performance contre le Gabon, a priori l’un des plus forts n’est pas autorisée ! La tâche du coach des Etalons est alors plus que délicate. Il joue son avenir chez les Etalons contre Duarté. Il ne faut pas avoir peur des mots. Au soir de sa double confrontation contre le Portugais, le coach Belge peut revêtir le costume du héros et faire tourner définitivement la page Duarté. Pour composter son titre de bail au Faso, le Belge sait dorénavant ce qui lui reste à faire. La tâche s’annonce difficile. Même au 4 Août, le Belge risque fort bien d’être isolé. Le public local est l’un de plus versatiles qui soit. Ce sont les hauts faits de guerre qui forgent les légendes. En plus quand un coach s’installe dans un contexte où il n’a pas droit à l’état de grâce, il doit convaincre par les résultats. Ce sont les résultats qui nourrissent la confiance. Nous ne savons pas si le nouvel entraîneur a pris toute la mesure de la situation. Sincèrement, il aura besoin de tous les dieux du foot pour s’installer. Après, il rentrera dans l’histoire ou verra son nom s’effacer de la mémoire collective du Burkina sportif. Le choix est facile à faire !

Par J J Traoré


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