Thomas Tiendrébeogo : Le concasseur de la carrière de Balollé s’en est allé

Publié le mercredi 16 mai 2012

Le Jeudi 3 mai dans la nuit, la nouvelle s’est rependue comme une trainée de poudre à Ouagadougou. Thomas Tiéndrébeogo est décédé. Sa santé était depuis quelques années chancelantes. Il avait même été admis dans un hôpital italien pour des soins. Revenu de l’Italie il a continué à former la relève dans son espace artistique dénommé Square des artistes situé non loin de son domicile.

Il est né à Ouagadougou le 16 octobre 1936. C’est l’enfant du quartier Saint Jean Baptiste un des quartiers Saint de la capitale. Nous Racontant ses débuts dans la musique dans les années 2000, il disait ceci : « Nous avons fait œuvre de pionnier. Peu des gens avaient de la considération pour les musiciens. La proximité de la cours familiale dans l’enceinte de laquelle je répétais avec mes camarades avait fini par créer une friction avec un curé. Puisque la concession de mon père était non loin de l’église. Il estimait que ses fidèles étaient distrait par notre musique ». Connu par les nostalgiques à travers deux chansons : Balollé du nom d’un village à quelque encablure de Ouagadougou. Balollé est l’agglomération ou un entrepreneur de construction de route allait chercher du granit pour les bitumages des voies de Ouagadougou. Pour ce faire beaucoup de jeunes s’y rendaient pour travailler. Pour rendre hommage à ces jeunes qui se dépensaient dans ce boulot, Thomas Tiendrébeogo a composée une ode à leurs intentions. Il disait ceci : « Je vais à Balollé à la recherche du travail, Je vais à la carrière à la recherche du travail. J’ai eu de l’argent je suis content maintenant je peux danser du « Pachanga », Je peux danser du « Saranga ». La deuxième chanson était « Mpougdba ». Cette chanson mettait à nu un phénomène qui était décrié dans la société dans le temps : les grossesses non désirée et qui avait fait l’objet de beaucoup de bannissement des filles dans certaines familles. Cette thématique à fait d’ailleurs l’objet de beaucoup de composition musicale « Térèse Baba » en est une illustration. Dans « Mpougba » la jeune fille dit à sa tante paternelle qui est sa complice de s’éloigner des oreilles indiscrètes pour qu’il lui fasse des confidences. Une fois éloignée elle lui dit de regardé ses mains, de regarder sa figure signe de début de grossesse qui dans le temps constituait un problème énorme pour les jeunes filles. Thomas Tiendrébeogo c’est aussi le titre « Lafi Be Moogho » qui est devenu un classique de la musique voltaïque de l’époque. On raconte que la mélodie de « Lafi Be Moogho » appartient à un groupe musical du Mali. Apprenti chauffeur, Thomas Tiendrébeogo obtient son permis de conduire en 1960 aux premiers moments de l’indépendance. Après le séjour ivoirien il revient au bercail et s’enrôle dans quelques formations comme percussionniste ou chanteur. En 1972 il décide de voler de ses propres ailes en créant le Suprême Kombemba. Il réuni quelques uns de ses camarades de Echo Volta qu’il avait précédemment créé pour une nouvelle aventure. Le percussionniste Dagobert Kuilda Ouédraogo, Christophe Tapsoba le batteur, Amidou Ouédraogo, Mathieu Tapsoba et Tiendrébeogo lui-même sont des saxophonistes. Ce groupe de musiciens vont inscrire les belles pages du Suprême Kombemba. Avec les successions des coups d’Etat et la série des mesures exceptionnelles dont les couvres feux les orchestres qui jouaient les nuits avaient du mal a évolué. Thomas Tiendrébeogo dans le livre de Florent Mazzoleni intitulé « Burkina Faso Musiques Moderne Voltaïques » dit ceci : « La révolution nous a fatigués. Elle a provoqué la dissolution de beaucoup de formations. Elle a été difficile pour de nombreux orchestres qui n’ont pas pu résister à l’arrêt des activités dû aux interminables couvre-feux. Les contrats hors de Ouagadougou étaient impossibles. La baisse du prix d’accès au bal était devenue trop pour permettre au groupe de se prendre en charge. »

 

Merneptah Noufou Zougmoré


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