Poème Les cendres de NORBERT ZONGO !

Publié le mercredi 16 mai 2012

 

Il n’avait que sa plume.

Une plume qui ne crachait pas le feu ;

Une plume qui ne tuait pas comme la kalachnikov ;

Une plume sans haine ni violence ;

Une plume porteuse de Paix et de Justice ;

Une plume indépendante,

De son journal L’Indépendant.

 

Il s’appelait Norbert Zongo, alias Henri Sebgo.

Il fut sauvagement calciné et réduit en cendres,

Un après midi du 13 décembre 1998, à Sapouy !

Depuis ce jour, sa plume s’est tue à jamais !

Mais, dans un tourbillon de fumée resplendissante,

Ses cendres fumantes se sont répandues sur le Burkina,

Et galvanisent le Peuple en lutte pour sa Liberté.

 

Les cendres de Norbert Zongo irradient le Boulkiembé !

Les cendres de Norbert Zongo fertilisent le Poni !

Les cendres de Norbert Zongo planent sur le Gourma !

Les cendres de Norbert Zongo illuminent le Yatenga !

Les cendres de Norbert Zongo ensemencent le Houet !

Les cendres de Norbert Zongo envahissent le Kadiogo !

Les cendres de Norbert Zongo hantent le Palais,

Et mettent en déroute, les Rois et les Princes !

 

Vaine fuite sans issue !

Les cendres de Norbert Zongo sont inextinguibles.

Bravant l’espace et le temps, le silence et l’oubli,

Défiant les prières, les sacrifices et les pardons sans repentir,

Elles vous suivront partout où vous irez.

Il en sera ainsi, jusqu’à l’Accomplissement de la Loi :

La Loi de Dieu, non celle des Hommes.

 

Frédéric Koulanswonthé PALÉ

Université de Ouagadougou

 


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