Coupe du Monde 2018 Groupe D : Le Sénégal un favori trop sûr de lui

Publié le vendredi 29 juillet 2016

Pour les éliminatoires de la Coupe du monde Russie 2018, le Burkina est logé dans le groupe D, en compagnie du Sénégal, de l’Afrique du Sud et du Cap Vert. En 2014, les Etalons ont loupé de près la qualification pour cette même épreuve. Cette fois-ci, sera-t-elle la bonne ? Duarté qui avait monté les Etalons cuvée 2010 justement est de retour. Les attentes aussi.

Les Lions de la Téranga quart de finaliste de la Coupe du monde 2002, semblent se frotter les mains. Le ticket pour la CAN 2017 en poche, les Lions livreront la dernière journée des éliminatoires pour le prestige : réussir un inédit carton plein avec 18 points. Ce sera en septembre prochain face à la Namibie, une équipe que Cheikhou Kouyaté et ses partenaires avaient déjà battue dans son fief de Windhoek. Mais aussi une répétition générale avant le début des qualifications pour le Mondial 2018. Autant dire que les Lions de la Téranga vont aborder les éliminatoires de la Coupe du monde avec un capital confiance total. Un brin de complexe de supériorité anime même Dakar et son onze. « Ce sont les autres équipes qui doivent nous craindre » a balancé Issa Cissokho, le latéral droit des Lions estimant que le Sénégal est candidat à une nouvelle aventure mondiale. « Si les joueurs jouent sur leurs qualités, (…) il n’y a pas photo : Le Sénégal est largement au-dessus, qualitativement et quantitativement » a confié tout confiant l’ancien international Salif Diao. Même les adversaires s’y mettent. Le coach adjoint des Etalons, Narcisse Yaméogo cède volontiers le titre d’épouvantail à la sélection nationale du Sénégal. « L’équipe du Sénégal est le favori », a dit l’ancien attaquant de la Jeanne d’Arc de Dakar, ancien international burkinabè et coach adjoint. Si le ticket est quasiment dans la poche du Sénégal avant même que les hostilités ne soient ouvertes à quoi bon alors jouer ? Face à cette question, le ministre des sports du Sénégal va retrouver la lucidité complète. Le ministre Matar Ba, réagissant au tirage au sort avertira : « Nous devons attaquer ces éliminatoires comme celles de la CAN 2017 en respectant leurs adversaires ». Du reste, Narcisse Yaméogo a aussi abondé dans le même sens prévenant : « on ne gagne pas seulement sur son potentiel ». En effet, les Lions de la Téranga et leurs fans s’enflamment trop vite. Le groupe D semble, à vrai dire à la portée de tous. En effet, l’Afrique du Sud, quoique sortie de la CAN prématurément, retrouve ses esprits. C’est une équipe en pleine reconstruction. A la suite de la génération d’orée des Mac Carthy, Mac Fish et consort, les Bafana-Bafana se sont donné jusqu’en 2022 pour se doter d’une équipe au sommet de son art. Mais le talent précoce de certains joueurs est en train d’anticiper ces délais-là. La qualification en double du pays (des moins de 23 ans en dame et hommes en foot) pour les JO 2016 n’est pas fortuite. On comprend donc l’appétit grandissant du président de la Fédération sud-africaine de football, Danny Jordaan. « Après avoir battu la Gambie 4-0, il est impératif de terminer contre la Mauritanie en beauté afin de débuter les éliminatoires de la Coupe du monde en confiance », a déclaré Jordaan. Il est à noter si besoin en est encore que les Bafana-Bafana se sont imposé lors du tournoi zonal de la COSAFA en mi-juin. Et le Cap Vert alors ? C’est l’adversaire à prendre au sérieux. « L’équipe capverdienne progresse d’année en année et elle a un gros potentiel avec les nombreux joueurs capverdiens d’origine qui évolue au Portugal », a dit Narcisse Yaméogo, ancien attaquant de Braga (élite portugaise). « J’ai joué quelques saisons au Portugal et je peux dire qu’ils sont plusieurs jeunes footballeurs d’origine capverdienne qui évoluent dans les centres de formation de Porto, de Benfica et du Sporting de Lisbonne », a-t-il dit. Du rang de 117ème mondial il y a de cela seulement 4 ans, le onze national capverdien s’est propulsé à un honorable et très respectable 49e place. Le pays est déjà qualifié à la CAN alors que le Burkina attend la dernière journée pour composter son ticket. En plus, l’évocation de ce pays ravive les traumatismes au Burkina. Par deux fois les Etalons ont affronté leurs homologues de Cap Vert (en 2008 et 2011) par deux fois les Etalons ont été battus par le score de 1 but à zéro. Il est vrai que le contexte actuel est différent. Mais il demeure que l’équipe capverdienne a énormément fait des progrès. On peut faire des surprises. Pour se qualifier, le Burkina devrait disputer le ticket à l’ensemble des trois équipes avec le même sérieux. Evidemment, il faut ramener les Sénégalais sur terre. Et cela réveille les souvenirs. En effet, la génération actuelle (Charles Kaboré, Jonathan Pitroipa, Barkary Koné ont tous fait leur début chez les A face au Sénégal justement. Et quels Lions de la Téranga ? C’était la grande équipe quart de finaliste de la Coupe du monde Corée-Japon 2002. Idrissa Traoré alias Saboteur avait alors décidé d’aligner une équipe de novices. Au 4 Août, les Etalons avaient battu « les mondialistes » grâce à un but transformé sur penalty par l’actuel coach adjoint des Etalons, Narcisse Yaméogo. C’est-à-dire que Dakar et son équipe quoique dans la grande forme ne constituent pas une montagne infranchissable. Bien au contraire. Si Charles Kaboré a affirmé dans les colonnes du bihebdomadaire sportif, Sidwaya sport que le Burkina a hérité d’un groupe difficile évidemment la déclaration vaut son pesant d’or. C’est la preuve de toute la maturité de l’équipe burkinabè. Un match de foot, à ce niveau surtout se joue et se gagne sur le terrain non dans les colonnes de la presse. Duarté et ses ouailles ont l’occasion d’écrire une belle page du foot burkinabè. Une qualification du Burkina à la Coupe du monde sera l’achèvement d’un travail entamé. Mais encore faut-il s’en donner les moyens.

J J Traoré


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