Etalons : Du renfort !

Publié le mercredi 20 février 2019

La sélection nationale du Burkina va enregistrer, à en croire notre confrère Sidwaya sport un renfort de taille. Bryan Dabo aurait dit oui aux Etalons. Joueur binational, son niveau va faire du bien à son pays d’origine. Mais son arrivée, on espère pourra ouvrir la porte à d’autres qui existent.

Les Etalons du Burkina accumulent les bonnes nouvelles. C’est peu de le dire, la sélection nationale a un besoin réel de renouvellement ou de sang neuf. Déjà il faut applaudir des deux mains l’arrivée en sélection d’un joueur comme Bakary Sarré qui a été époustouflant lors de son premier match au 4 Août. La question de renouvellement qualitatif des Etalons se pose vraiment avec acuité. Car parmi la classe des jeunes-pousses, on ne voit pas l’incarnation d’un espoir. La faute à l’absence d’un championnat de petite catégorie de bonne facture mais surtout à un tâtonnement au niveau des nombreux centres de formation et autres écoles de foot. La qualité est loin d’être la meilleure. Passé le centre de formation de Matourkou de Bobo qui a réussi à placer ses produits à un bon niveau, le reste attend. Or, combien d’écoles avions-nous exactement ? Une flopée ! On ne peut même pas compter leur nombre tant il y en a. Et comment avec autant de centres et d’écoles, la relève peine à se mettre en place ? Nous l’évoquions plus haut, nombre d’entre elles ont des programmes qui toussotent. Le staff technique est bancal. Des efforts notables pour se doter d’un cadre assez moderne sont notables. Le centre Naba Kaongo de l’honorable Noufou Ouédraogo dispose d’installations dignes pour produire des Eto’o. Le centre Salita de l’ex ministre des Sport et des loisirs possède un cadre à rendre jaloux les clubs européens. Mais le foot, ce n’est pas que le cadre de travail. C’est surtout le niveau de l’encadrement. La formation à la base est une science assez complexe. Elle ne saurait être laissée entre les mains de techniciens qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Dans les pays de culture de football, la formation à la base est l’apanage des coaches en fin de carrière. Les « papy-coach » qui ont la patience, la méthode et l’art pour déceler, inculquer, modeler les jeunes-pousses. Au Burkina, on estime, pour la plupart du temps que le coaching des enfants est l’étape de départ. On commence par là. Les encadreurs débutants sont repoussés vers ce niveau. La situation arrange les promoteurs des centres de formation. Car ces techniciens sont payés au petit bonheur. Mais pour quel résultat ? Mieux, aucune formation ne peut être aboutie sans compétition. Or, au Burkina, les compétitions de jeunes sont rares comme les larmes d’un chien. Conséquence, les talents mal formés en manque de compétition vont mourir simplement. Bref, dans un contexte pareil il était impossible de voir venir une relève. A preuve, les Etalons cadets ne parviennent plus à se qualifier à la CAN de leur catégorie. Et comme la solution n’existait pas dans les petites catégories de notre système, il fallait donc trouver d’autres subterfuges. La plus brillante reste la piste des binationaux. Eux au moins, c’est du prêt-à-porter. Antony Koura, Lafond, Bryan Babo, Bangré…constitue un espoir de renfort. Ils évoluent tous en France. Mais malgré les appels du pied incessant de la Fédération, les opérations de charmes des staffs techniques des Etalons, seul Bakari Saré est arrivé. Eh bien, les choses semblent s’accélérer. Bryan Dabo qui était hésitant car frappant avec insistance à la porte des Bleus, la sélection française semble enfin se retourner pour le Burkina. Le milieu de terrain de Montpellier est un joueur plein de talents. Il a longtemps cru en ses chances pour l’équipe de France. Et c’est tout à fait normal que la proposition du Burkina, pays d’origine soit mise en stand-by. Mais qu’est-ce qui a pu faire basculer le choix du Franco-Burkinabè pour les Etalons. D’abord il est arrivé au Burkina ces vacances-ci. C’est vrai que ce n’est pas une première. Mais Dabo fils venait mais pas le père. Il fallait que le père trouve les conditions pour regagner son Faso natal. Ce n’est qu’un détail. Mais il est déterminant. Et le père a pu venir au Burkina ces vacances avec son épouse, son fils et son petit-fils. En plus Dabo était annoncé dans nombre de clubs européens. Mais finalement il a déposé sa valise à l’AS Saint-Etienne. Evidemment qu’il a marqué un gros progrès. Entre Montpellier qui joue le maintien chaque saison et Saint-Etienne qui caracole dans le trio de tête, les défis ne sont pas pareils. Mais Dabo aurait pu avoir ses chances d’entrer en équipe de France s’il avait signé à Manchester, au Milan ou au Real. Car il ne faut pas oublier qu’il n’a pas les mêmes chances que les Français de souche. Lui enfant d’immigré pour intégrer l’équipe de France, il lui faut deux fois les mérites d’un Français de souche. Et en évoluant à Saint-Etienne il est loin de ce niveau. En dernier ressort, son séjour à Ouaga lui a permis de rentrer en contact avec des pros qui ont dû lui souffler des mots doux. Mais quelle que soit la raison, Dabo arrive chez les Etalons au bon moment. Il est en pleine croissance. Et c’est le Burkina qui en profitera. Mieux, le Burkina nourrit le secret espoir de voir à travers l’arrivée de Dabo, le retour de ses autres fils qui sont dans la même situation mais qui hésiteraient pour l’heure.

J J Traoré


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