Infrastructures routières : Les gros chantiers du ministère déballés

Publié le lundi 25 juillet 2016

Le 14 juin dernier les journalistes ont pris connaissance des projets du ministère des infrastructures en matière de réhabilitation et de construction du réseau routier. Objectif poursuivi par le ministère, réduire l’enclavement du pays conformément au programme du Président Roch Kaboré. Ce programme national (PNR 2016-2020) qui comporte trois volets dont la mise en œuvre a commencé doit permettre d’améliorer l’état du réseau routier. Dans la foulée, la réhabilitation de la RN4 longue de 6,5 km a été également annoncée. Le bitumage de ce tronçon devra coûter 20 milliards fcfa.

Les travaux de réhabilitation de la circulaire dite Rocade sud Est ou encore RN4 c’est-à-dire le tronçon qui s’épare l’échangeur de Ouaga 2000 à l’échangeur de l’Est débuteront à la fin de cette année à en croire le ministre des infrastructures Eric Bougouma. Au regard de la dégradation de la route et des plaintes itératives des populations riveraines et des usagers, la réhabilitation de ce tronçon doit être une urgence. « Cette route est dans un tel état qu’elle doit être réhabilitée le plus vite possible » a-t-il affirmé. C’est la BOAD qui prendra en charge le financement à travers un prêt de 20 milliards. « Nous avons reçu le président de la BOAD à Ouagadougou en début Mai et nous lui avons demandé d’accéder à la demande de financement de la circulaire ; ce qui a été accepté. La convention de ce financement sera signée à la fin de ce mois » a confié le ministre.

A propos de la circulaire
En septembre 2009 le gouvernement a soumis une requête de financement au Japon pour la reconstruction de cette route. Et ce n’est que le 30 novembre 2015 soit six ans plus tard et après plusieurs relances selon le ministre que le Japon à travers la JICA (la coopération japonaise) informera le gouvernement burkinabè de son intention de poursuivre « les procédures de mise en œuvre éventuelle » de cette requête à travers sa modalité de don non remboursable. Mais il est ressorti lors d’une mission de la JICA au Burkina que le projet selon les procédures du japon, ne pourra démarrer qu’au plus tard en fin 2017 malgré l’insistance du ministère des infrastructures sur l’urgence de la réhabilitation de ce tronçon. Mais le don du Japon n’a jamais été refusé par le gouvernement burkinabè comme il est ressorti de notre écrit publié dans lucarne citoyenne de l’édition 327. Ce financement sera tout simplement réaffecté vers un projet de route moins urgent a rassuré le ministre.
La circulaire a été construite en 1990 et ce, dans le but de dévier tous les véhicules de transport en provenance du Togo, Benin, Ghana en transit ou à destination de Ouagadougou vers la gare Ouaga-inter pour des formalités douanières. Mais l’état de dégradation actuel de ce tronçon a conduit le gouvernement à l’inscrire sur la liste des priorités de voie à bitumer a-t-il confié.

Autres voies en instance de bitumage
Après le lancement officiel des travaux de bitumage du tronçon Dédougou-Tougan avec un délai d’exécution de 24 mois, place est faite à l’axe Kongoussi -Djibo ; Didyr-Toma-Tougan et Kantchari-Diapaga-frontière du Benin. Les travaux seront lancés très bientôt à en croire le ministre. « Pour la première fois les entreprises sont déjà sélectionnées et sont même sur le terrain ». Pour les 2 autres, la sélection des entreprises est en cours renchérit-il
L’Etat a prévu la construction et le bitume de nouvelles routes pour sortir une dizaine de chefs-lieux de province de l’enclavement et améliorer la desserte des ports côtiers. A cet effet, il est prévu 2850 km de routes à bitumer.
Ensuite il y a la construction de nouvelles pistes rurales. L’objectif du gouvernement est de construire 5000 à 7000km. Ce projet également sera mis en œuvre à partir de cette année a rassuré le ministre. Pour cela, ils recourront au génie militaire a-t-il ajouté.
Enfin il y aura l’entretien des routes existantes pour les mettre en état de praticabilité acceptable.
Dans cette lancée de nombreux travaux d’entretien sont déjà entrepris dans plusieurs localités du pays y compris Ouagadougou : la section urbaine RN4 est en réhabilitation à Ouagadougou. Les avenues Ouezzin Coulibaly et Nelson Mandela sont également en cours de réhabilitation selon la directrice de la communication du ministère.
Les différentes tournées ont permis de résoudre les questions urgentes comme la digue de Tougou entre Ouahigouya et Titao .et le traitement non encore achevé du radier de la SIRBA entre Fada et Bogandé selon le ministre. S’agissant des travaux d’entretien périodique, le ministère a lancé des appels d’offre comme annoncé pour les routes Banfora- frontière de Côte d’Ivoire ; Yako-Yaba ; Fara-Poura ; Dori-Sebba. Mais pour ces tronçons l’analyse des offres serait en cours à dit le ministre
Certaines routes nécessitent des travaux de reconstruction rapide comme Koupéla-Fada jusqu’à la frontière du Niger. Un tronçon Koupéla-Gounghin sera bientôt lancé grâce au financement de l’Union Européenne. Le reste du tronçon sera financé par un consortium de bailleurs de fonds composé par la BAD, la JICA.
Dans la foulée, le ministre a également annoncé le bouclage du financement de la route Ouahigouya-Titao-Djibo sur financement saoudien et koweitien. La banque mondiale a décidé le 13 juin dernier de financer la route Manga-Zabré-Zoaga et la convention de financement de la route Guiba- Garango a été signée par la banque islamique de développement
« Nous poursuivons des discussions avec nos partenaires en vue du financement des autres projets tels que Boulsa-Sapaga ; Fada-Bogandé-Taparko. Le mécanisme du partenariat public privé (PPP) sera utilisé pour les projets qui ne pourront pas bénéficier de financements institutionnels à court terme et à moyen terme. »

Assita SANOU

Une affaire d’escroquerie autour du bitumage de la Nationale 10

L’escroc qui faisait miroiter du boulot à la jeunesse de cette ville à propos du bitumage de la national N°10 reliant Dédougou à Tougan finira de purger sa peine à la maison d’arrêt et de correction de Dédougou au mois d’Aout prochain selon Ahandi Ouoba substitut du procureur de la ville de Dédougou. Il était poursuivi pour des faits d’escroquerie, de faux et usage de faux en écriture. Il a finalement écopé d’un an d’emprisonnement ferme et devrait payer une amende de 1 500 000f. Somme que le trésor public n’a pas encore reçu. M’Batié Mamour, c’est de lui qu’il s’agit, est un entrepreneur sexagénaire de nationalité sénégalo-burkinabè. Il est par ailleurs le président directeur général d’une entreprise installée au secteur 3 de Dédougou, évoluant dans le domaine des travaux publics et ouvrages d’arts. Il s’était retrouvé avec près de 10 millions de f CFA fruit d’escroqueries de 309 personnes au total selon le substitut du procureur. Il se faisait passer pour un sous-traitant du chantier de construction de la dite route alors qu’aucune entreprise n’était adjudicatrice du marché. Le suspect invitait les jeunes désirant obtenir un emploi sur le chantier à déposer leur demande au sein de son entreprise moyennant la somme de 2000 F.CFA. De bouche à oreille, l’information s’est rependue dans tout Dédougou et les jeunes affluaient. Une fois le dossier réceptionné, l’escroc exigeait de ses victimes un certificat de travail pour complément de dossier. Dès lors, proposition a été faite à ceux qui n’en avaient pas de leur établir le document, bien qu’ils n’aient jamais travaillé au sein de son entreprise moyennant 10 000F. Le montant total de la somme exigée étant de 30 000F, M’Batié Mamour se proposait de couper le reliquat sur leur première paye pour être plus convaincant.
Pour le Substitut du procureur Ahandi Ouoba, le fait de délivrer un certificat de travail à un individu qui n’a jamais travaillé au sein de votre entreprise justifie l’infraction du faux. Concernant les faits d’escroquerie, le condamné prétendait avoir eu la sous-traitance du projet de construction de la route Dédougou-Tougan, alors que ce n’était pas le cas. Ainsi il a fait miroiter aux gens, la possibilité d’avoir un emploi, alors qu’il n’en était rien, a indiqué le Substitut du procureur. Pour les « victimes » d’escroquerie, le procureur a refusé de faire valoir leur « droit » selon Ahandi Ouoba. En effet en droit « nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes ». Ils n’exigeront rien à l’escroc puisqu’eux-mêmes se sont prêtés au faux en attendant du sieur Mamour d’éventuels certificats de travail qu’ils n’ont pas mérité a commenté le représentant de la justice.

Assita SANOU


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