Les vérités de David Barry !

Publié le lundi 25 juillet 2016

C’est un ouvrage de 158 pages que cet homme bien connu dans le milieu du journalisme et de la communication a décidé de livrer à la postérité. C’est sa contribution à la formation de la jeunesse, fer de lance de la Nation. Intellectuel très cultivé David Barry puise dans sa connaissance du monde et des publications artistiques et littéraires pour analyser avec distance et froideur, sa société. Quelle Afrique pour les jeunes ? Lettre ouverte est le titre de ce livre publié chez l’éditeur de la rue des écoles à Paris (l’Harmattan). Titre sans équivoque. L’ire et les dires de l’auteur volent à pleines ailes. « Si jeunesse savait ?! » telle a dû être sa première motivation. Alors, il a décidé de jouer son rôle d’aîné… Sa partition comme on dit dans le jargon musical. Le rythme est progressif, saccadé et touche-à-tout dans un choix raisonné. Le journaliste décortique certaines institutions de la vie sociale avec des bribes d’auto-parcours de vie entre les lignes. Les causes du retard de l’Afrique, le « Ce que je crois de David Barry » est dit la main sur le cœur. Sans complaisance ni faux-fuyant, ce journaliste titulaire d’un doctorat de sociologie de la communication et qui a occupé pendant longtemps des hauts postes dans la presse nationale du Burkina Faso ne cache pas son panafricanisme. Nostalgique de leaders charismatiques que furent Sankara, N’Khruma Cabral, Lumumba, Um Nyobé et les autres, il pense comme le Pr. Joseph Ki Zerbo qu’une autre Afrique est possible. Il suffit d’y croire. Cette messe, il faut la dire à ceux qui représentent encore l’espoir : la jeunesse. Toute chose qui leur évitera de prendre des chemins à l’envers, des raccourcis pour aboutir à….nulle part. Critique et autocritique, l’écrivain fait une analyse thématique en partant des concepts globaux qui collent à nos institutions : démocratie, culture, recherche, enseignement, etc. C’est pourquoi ce livre se lit aisément en commençant par n’importe quel chapitre. Il ne s’agit point d’un romain, mais d’une analyse de la situation afin que les bras valides de demain prennent une autre direction. C’est dire donc qu’à demi-mot l’auteur reconnait que sa génération a échoué : « an bê no do » (Nous sommes tous coupable) pour paraphraser le titre de ce film célèbre du Malien Falaba Issa Traoré (1980). Toutefois comme le chasseur lucide, il atteste que le plus dur ce n’est pas de tomber mais de savoir se relever et éclairer la voie afin que ceux qui viennent derrière puissent éviter le précipice. « Votre génération a cette chance de pouvoir, comme vous dites surfer sur la toile. Exploitez à fond les nouvelles technologies pour tisser des relations à travers tout le continent et semer l’indignation. Cela peut accélérer le processus de construction du panafricanisme. En temps voulu, c’est bien un ordre économique nouveau qu’il faudra bâtir. Un monde décent, fondé sur une détermination politique réelle, pas sur des faux-semblants. Pour que, oui, rien ne puisse redevenir comme avant. » Il faut donc que jeunesse puisse ! À bon entendeur… Bonne lecture !

Ludovic O KIBORA


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