Opinion d’un confrère, bête noire de Sarkozy

Publié le mercredi 16 mai 2012

Mediapart n’a eu de cesse de mesurer les conséquences, sur le terrain, des discours et de la politique menée par Nicolas Sarkozy et sa majorité. Ces dernières semaines encore, nous avons constaté, en Seine-et-Marne ou en Moselle, par exemple, combien les idées lépénistes, relayées en partie par Nicolas Sarkozy, avaient imprégné les territoires. Certes, les résultats du 6 mai démontrent à nouveau que la France est un pays à droite dans lequel la gauche ne peut gagner que par accident. Mais ils confirment surtout les conséquences d’un quinquennat qui a agité les peurs, stigmatisé immigrés et chômeurs, banalisé le racisme.

Lorsque l’UMP avait annoncé un débat sur l’islam à la veille des cantonales de 2011, Marine Le Pen s’était frotté les mains : « La dernière fois que (Nicolas Sarkozy) a utilisé ça, c’était le débat sur l’identité nationale, et le Front national a fait 15 % aux régionales. Donc un petit effort encore, M. Copé, un petit débat, un petit blabla sur l’islam, la laïcité, et je pense effectivement que nous pourrons terminer la présidentielle à 25 %. »

« La France renfermée de Sarkozy ». Le candidat UMP a détaillé son programme : d’abord détruire François Hollande, puis construire des frontières, partout, en Europe, en France et jusque dans les têtes. L’enfermement pour se protéger des hordes barbares : jamais la droite classique n’était allée aussi loin dans cette mise en scène d’un nouvel ennemi intérieur. La France n’est pas la Hongrie. Mais la trajectoire de Nicolas Sarkozy n’est pas sans rappeler l’itinéraire politique de son actuel chef de gouvernement, Viktor Orban, dissident dans les années 1980, leader d’une droite libérale européenne et ouverte à la mondialisation dans les années 1990, chef d’une droite populiste, xénophobe et autoritaire aujourd’hui. La droite de gouvernement, historiquement construite sur un gaullisme intransigeant et refusant tout compromis avec les reliquats d’une droite extrême et vichyste, n’est nullement à l’abri d’une telle évolution, bien au contraire n

Source : site Mediapart


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