Tournée de Roch à l’extérieur : Qu’est-ce qui fait courir le président ?

Publié le lundi 25 juillet 2016

Fidèle à sa réputation, Roch Marc Christian Kaboré ne semble pas ébranlé outre mesure par l’agitation qui se développe autour de lui. Les Burkinabè sont complètement absorbés dans une ivresse tumultueuse, tant au plan politique que social. Sur le plan social, ce sont des revendications tout azimut et celles-ci concernent toutes les composantes de la société. Des plus petits au bas de l’échelle aux plus grands qui gravitent au sommet, c’est le branle-bas, à qui mieux mieux, histoire d’ajouter toujours un peu plus d’huile aux épinards. Sur le plan politique, les débats font rage autour de sujets qui sont plus que légions : pour ou contre la Transition, le mandat d’arrêt contre Soro, l’indépendance de la justice et ses conséquences, la révision constitutionnelle et que sais-je encore… Autant de diatribes au carrefour desquelles, le président apparaît en véritable souffre-douleur. Loin de jouer les innocents, il n’hésite pas parfois à mettre le pied dans le plat. Ce fut le cas sur la question de l’indépendance de la justice mais aussi sur l’héritage pas toujours heureux de la Transition. Même s’il donne par moments l’impression de faire de la provocation, il ne semble pas avoir perdu de vue l’essentiel. Son job à lui, c’est de trouver des solutions aux problèmes des Burkinabè. Il sait que c’est à l’aune de ses résultats qu’il sera jugé par ses compatriotes. Et les résultats, il ne peut les obtenir qu’en mobilisant les moyens. Que ce soit en Arabie Saoudite ou tout dernièrement en Europe, l’objectif semble être le même : dénicher les moyens qui permettront sinon de faire taire les frondes sociales, du moins de les atténuer. A en juger par les résultats, il ne s’en est pas si mal sorti.

« Avec les hommes d’affaires saoudiens, un virage stratégique semble avoir été pris et il faut s’attendre à ce que désormais se nouent des relations d’affaires, non seulement entre les acteurs économiques de nos pays mais aussi entre les Etats eux-mêmes, autour d’investissements mutuellement profitables »

Sur le front de la lutte contre la criminalité et le terrorisme, les préoccupations de notre président semblent avoir rencontré l’oreille attentive des Saoudiens avec lesquels une convention d’assistance a été signée. A la suite du président, Simon Compaoré notre sécurocrate national y est allé exprimer nos besoins en compagnie du tout nouveau directeur général de l’Agence Nationale du Renseignement. Et ce n’est pas tout. Avec les hommes d’affaires saoudiens, un virage stratégique semble avoir été pris et il faut s’attendre à ce que désormais se nouent des relations d’affaires, non seulement entre les acteurs économiques de nos pays mais aussi entre les Etats eux-mêmes, autour d’investissements mutuellement profitables. Et sur ce point précis, un accord de coopération a été signé, couvrant tous les secteurs de développement. Le chantier du grand barrage hydro-agricole de Samandéni qui était plus ou moins en souffrance est en passe de recevoir un grand bol d’air avec la promesse de participation au financement de la seconde phase de l’Arabie Saoudite, déjà présente d’ailleurs au niveau de la première phase. Bonne nouvelle également en ce qui concerne le bouclage du financement du bitumage de la route Ouahigouya-Titao-Djibo. Eric Bougouma, le ministre des Infrastructures est assurément un homme heureux. Le quinquennat à venir sera véritablement le sien, tant les bonnes nouvelles s’accumulent au niveau de son département. La tournée européenne de Roch qui l’a conduit en Belgique et au Luxembourg a été riche en moisson. Comme retombées financières, ce sont pas moins de 370 milliards de FCFA de promesses de financement qui ont été engrangées. Autant de bons signes qui sont autant d’essais à transformer. Et c’est le label bonne gouvernance qui sera le véritable garant de la poursuite d’une coopération internationale fructueuse. Il est clair que les Européens ont été séduits par la lutte du peuple burkinabè pour la liberté et son expérience démocratique a été tout aussi séduisante. Tant qu’elle ne sera pas dévoyée par les vieilles méthodes qui ont fait le lit du pouvoir défunt, le Burkina continuera d’être l’attraction des investisseurs. De son côté, Gorba s’est envolé pour une longue tournée internationale qui devrait le mener jusqu’en Chine. On est à peu près sûr qu’il ne s’agira pas seulement de diplomatie parlementaire. Il était temps car les Burkinabè ont vraiment hâte de voir les choses bouger.

Par Germain B. Nama


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