Etalons : Sauvés !

Publié le samedi 9 juillet 2016

Les Etalons du Burkina ont fait un service minimum à Moroni, aux Iles Comores. Diminué par des abandons en cascades, Duarté a dû refaire son groupe en si peu de temps pour aller jouer ce match du genre « on gagne ou on gagne ». Les trois points dans la poche, le Burkina a son destin en main pour s’inviter à la CAN du Gabon 2017.

Les Etalons ont répondu présent là où on les y attendait. Pour cette avant dernière journée des éliminatoires de la CAN 2017, la pression était à son comble autour de la sélection nationale du Burkina. La veille du match de Moroni, l’Ouganda avait fait le plein de points sur le terrain du Botswana. Du coup, Kampala avait relayé Ouaga au second rang. Ce résultat diminuait toutes les chances des Etalons en cas de faux pas face à leurs homologues du Comores. Car ils abandonneraient l’unique ticket qualificatif aux Ougandais. Mieux, c’est une équipe des Etalons grabataire qui s’est envolée de Paris vers Moroni. Exit la pépite du foot national Bertrand Traoré, abandon de Préjuce Nacoulma, jet d’éponge de Djakaridia Koné, disqualification du capitaine emblématique des Etalons, Charles Kaboré pour cumulation de cartons jaunes. Et le coup de massue a été l’indisponibilité de Jonathan Pitroïpa. Là, c’était la panique. Comment colmater les brèches ? Comment reconstruire une équipe en si peu de temps qui donnera forcement la victoire ? C’est le tout Burkina qui était suspendu au crochet du staff technique. L’heure était très grave. Duarté qui est arrivé à la tête des Etalons trouver une situation où le Burkina subissait la loi de l’Ouganda tête du groupe croyait avoir laissé le pire derrière lui. En neutralisant le Cranes de l’Ouganda (victoire à Ouaga et nul au retour à Kampala) le technicien Portugais croyait s’être ouvert une voie royale pour la qualification à la CAN du Gabon. Effectivement, le Burkina s’était installé à la tête du groupe. Et la confiance avait regagné le groupe. Dans les milieux de supporters également, le sourire était de retour en on s’hasardait à des commentaires triomphalistes. « Le Burkina est enfin à sa place » disait-on. Car pour une certaine opinion, dans un groupe où évoluent l’Ouganda, le Botswana et les Iles Comores, le Burkina doit être dominateur. En parvenant à replacer les Etalons à la tête le staff avait fait l’essentiel. Surtout que le calendrier de la compétition prévoit un déplacement moins agité contre le petit poucet du groupe, les Iles Comores. Dans les conditions normales, entre le Burkina et les Comores, il n’y pas match pour utiliser une expression de nos voisins les Ivoiriens. Et un calcul est vite fait. 3 points contre le Comores et ensuite, on prend rendez-vous au « 4 Août » pour corriger le Botswana qui a osé nous tomber chez lui alors que nous étions dans les mains d’un certain Gernot Rohr et sa science confuse. Et donc, à l’arrivée on fêtera notre qualification sans le moindre doute. Mais voilà que des imprévus s’invitent et remettent en cause les certitudes. Déjà lors du stage, il y a eu des signes d’alerte. Autant le dire, ce regroupement a été escamoté. Le staff a eu de la peine à réunir du monde. Sur 26 joueurs convoqués, les 5 premiers jours n’avaient connu que la participation d’une dizaine seulement. Sentant le danger, le ministre des Sports et des loisirs, « l’intello » Tahirou Bangré (il n’a pas volé son nom) et le président de la Fédé, le colonel Sita Sangaré s’installent à Paris à côté du staff pour lui apporter tout leur soutien. Le col. Sangaré, directeur de la justice militaire est, on le sait sur plusieurs dossiers brûlants au pays. Mais là, la Nation était en danger. Et le président Roch Marc Christian n’a pas trouvé d’inconvénient qu’il aille sauver ce qui pouvait l’être en se mettant en bonne intelligence avec son entraîneur. De son séjour parisien, il pilotait par le truchement du téléphone les dossiers de justice d’actualité au pays. Cette journée internationale pose un sérieux problème à bon nombre de sélections. Elle intervient souvent en fin de saison. Les sportifs, on le sait sont très fragiles et fatigués en cette période très propice donc aux blessures. D’où la situation qu’a connue le Burkina. Et pour y parer, il faut disposer d’un banc de touche de qualité. Ce qui est loin d’être notre cas. Car, se passer de 5 titulaires, et non des moindres, offre une situation quasi-impossible à combler. On ne remplace Charles Kaboré, Bertrand Traoré, Jonathan Pitroïpa facilement. Sans manquer du respect à ces garçons qui ont su relever le défi, le conteste d’avant match était chaotique, perdu d’avance. Et en de pareil cas, le coach doit faire preuve de classe pour reconditionner les seconds couteaux afin d’en tirer un engagement de gagneurs. L’adversaire du jour n’était un foudre de guerre. Ce n’était que les Iles Comores. En plus, l’adversaire aussi était amputé de 3 de ses titulaires. Mais l’opération le plein de points au Comores ne semblait acquis d’avance. Car outre les blessures au sein des Etalons, le terrain était un autre adversaire. La pelouse synthétique compliquait la tâche des Etalons qui ne sont plus habitués à jouer sur ce genre de terrain au contraire de leurs adversaires du jour. De même, Aristide Bancé, le buteur maison des Etalons n’était pas au mieux de sa forme lui qui était en repos depuis quelques semaines. Mais un garçon incarnait la solution. Lui, c’est Alain Traoré. Le costume de sauveur semble le convenir. Souvenez-vous que son doublée a ouvert les portes de la CAN 2013 au Burkina. Longtemps mis en difficulté sur le terrain par les blessures à répétition, Alain Traoré en manque de jeu au sein de son club était en doute. D’ailleurs, Duarté ne l’utilisait plus comme titulaire. Mais face aux nombreuses absences, l’enfant de Bobo-Dioulasso se devait de prendre plus de responsabilités. Déjà en match amical à Paris, il a fallu lui pour éviter la défaite aux Etalons. Et à Moroni, cette fois-ci c’était du sérieux. Et à moins d’un quart d’heure de la fin du match, la situation n’était pas encore débloquée. Il a fallu attendre à la 79e mn pour la délivrance. Le but de Alain Traoré (lui évidemment) a permis au Burkina de conserver sa 1re place. Désormais, plus de calcul. On défait à Ouaga le 4 Septembre 2016 le Botswana et nous voilà à la CAN. La confiance est revenue au sein du groupe. Partant, il ne devait pas être difficile de faire chuter cette équipe contre qui nous avons un vieux compte à régler.

J J Traoré


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