Kundé 2016 : Dicko fils en or massif !

Publié le lundi 30 mai 2016

Sous la plume de Tiga Cheick Sawadogo un jeune talent de la plume au « Pays des Hommes intègres », le site lefaso.net publiait un article qui disait ceci : « Depuis quelques jours, nous avons essayé de donner la parole aux trois ‘’kundéables’’. Imilo Lechanceux et Floby se sont prêtés à nos questions, mais le troisième, Dicko Fils est en tournée à l’intérieur du pays. Mais avec son 5e album « Wakati », présenté à la presse en janvier, l’ancien élève coranique pourrait être sacré Kundé d’Or 2016. » Nous étions le 28 avril 2016. Lors de la 16eme cérémonie des victoires de la musique Burkinabè (Kundé 2016) le jury lui décernait l’or dès le lendemain. La consécration de ce jeune artiste musicien auteur compositeur chanteur, est la récompense d’un travail acharné, une volonté de réussir. Depuis son retour de Côte d’Ivoire où il avait fondé en 1992 un orchestre avec des jeunes africaines de nationalités diverses il s’est fait remarquer. Il sort son premier album « Tougan » (l’aventure en langue dioula), en 2005. « Lada Kôrô » suit presque aussitôt en 2007. Il y chante toujours en dioula, et dénonce les traditions désuètes qui empêchent les mariages inter-ethniques. Son rythme et ses messages qui tirent leur sève nourricière du vécu quotidien, des réalités sociales burkinabé font tilt. La dénonciation est subtile dans le style de l’oiseau qui prend son envol tout en évitant d’avoir des coups d’ailes très bouillants se positionne. Le message passe, le temps aussi. « Le petit Peul » qui maîtrise le dioula aussi bien que le fulfulde, ne fait pas dans la précipitation. « Farafina » l’hommage au monde noir, comprenez l’Afrique, sort en 2010. Le rythme s’emballe, l’artiste a trouvé sa voie. Il impose un style, « Sababou » sort en 2012 et indique la direction prise. Déjà, des fans se bousculent autour du jeune artiste, mais d’autres mélomanes se demandent s’il ne s’agit pas d’un feu de paille, comme on en a vu dans le milieu ici au Faso. Alors, Dicko sort l’as de cœur. L’album s’appelle « Fina-Tawa » et nous sommes en 2014. Avec le morceau « Denke Denke » la séduction du public est totale. Pas besoin de comprendre les paroles. Le rythme est beau et dansant, l’inspiration réussie la musique traverse les frontières Nord, Est et Sud du Burkina Faso. Un talent est né. L’aventure continue. Grâce à « Wakati » sorti en 2016 il remporte le kundé de la meilleure chanson d’inspiration traditionnelle et celui du meilleur featuring chanté avec son challenger du jour Floby. A l’image du cycliste, il ajoute la victoire au sprint final à celle du maillot jaune endossé depuis. Dicko fils n’est pas que chanteur, il maitrise aussi bien le N’goni, que la Kora, guitares traditionnelles partagées par de nombreuses sociétés de l’ouest africain. Il se fait remarquer par ses qualités artistiques et humaines. S’il a été récompensé grâce à son featuring avec Floby, sûr que le jury avait à l’esprit les sonorités de « Nonga » l’autre featuring qui a permis à la chanteuse Awa Nadia de remporter un Kunde de même genre en 2014. Ensemble, ils ont faillit perdre la vie dans un accident sur la route de Bogandé fin mai 2015. Du Sénégal au Mali en passant par la Côte d’Ivoire l’artiste s’exprime à l’aise sur les scènes de la sous-région Afrique de l’ouest. Car en plus de jouer un rythme qui plait il use de langues (Dioula/bambara, fulfulde) qui sont partagées par les populations de différentes régions séparées par des frontières administratives. Ce jeune homme qui a abandonné la couture pour le micro a, à force de travail et de persévérance, trouvé son étoile. Les récompenses engrangées lors des Kundé 2016 sont un encouragement bien mérité. A 41 ans, Moulaye Dicko, natif de Loumbila, dans la province d’Oubritenga, en banlieue nord-est de Ouagadougou, a trouvé son chemin grâce à l’appel du cor. Ses parents qui voulaient qu’il sache le coran avec perfection, l’avait envoyé au Mali voisin auprès d’un maitre coranique. Ils auraient permis malgré eux à sa personnalité artistique d’émerger. Comme Salif Keita, il ne leur en veut pas du tout, bien au contraire…Salut l’artiste !

LudovIc O KIBORA


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