BICIAB : Quand un licenciement soulève des questions

Publié le mercredi 16 mai 2012

« J’ai le profond regret de vous informer que la Direction générale n’est pas disposée à vous voir reprendre vos fonctions au sein de la BICIAB… » C’est en ces termes que l’administrateur Directeur général mettait un terme le 31 janvier dernier au contrat de travail qui liait la BICIAB à madame Niampa.

Recrutée comme assistante de direction en mars 2010 auprès du directeur général, le séjour de madame Niampa Safiétou aura finalement été de courte durée. Motif invoqué par la direction : « insuffisance professionnelle doublée de problèmes relationnels » avec sa hiérarchie. Etant sous l’autorité directe du DG, il faut croire que c’est avec lui qu’il y avait problème. L’affaire qui est pendante devant la justice devrait apporter plus d’éclairage sur les responsabilités de l’une et l’autre partie. Mais pour la plaignante, il n’y a pas de doute, il s’agit d’un licenciement abusif. Si la compétence professionnelle de madame Niampa n’est pas en cause, comme semble le reconnaître le DG de la BICIAB qui précise dans sa lettre de licenciement que c’est sur cette base qu’elle a été recrutée, il faut bien expliquer l’insuffisance professionnelle dont il est question. Dans la lettre de licenciement, la direction de la banque se plaint des interruptions de travail chiffrées à 53 jours « malgré un état général satisfaisant et des examens cliniques normaux », ce qui sous entend qu’il y a de la simulation, voire de la mauvaise foi de la part de madame Niampa. Et pourtant, la dame souffrirait bien d’une « rhino-sinusite chronique allergique persistante nécessitant des soins spécialisés ORL réguliers ». Ce barbarisme linguistique désigne tout simplement une allergie des voies respiratoires provoquée, selon l’avis médical, par « des facteurs environnementaux, notamment : les fumées de tabac, les encens, les produits volatiles irritants ». Il se trouve que madame Niampa est constamment exposée à la fumée de cigarette du DG qui exige que sa porte qui communique avec le bureau de la secrétaire reste ouverte pendant sa présence. Mais plutôt que de se remettre en cause au regard du diagnostic médical, c’est madame Niampa qui se voit affectée à Fada comme guichetière. Comme on pouvait s’y attendre, cette affectation a profondément indigné la victime qui rappelle immédiatement à son patron l’interdiction de fumer à l’intérieur de la banque mentionnée sur des appliques placardées dans les couloirs et les bureaux. Comme d’habitude, les mesures de contrainte au sein de la banque ne concernent que les autres et pas le tout puissant DG. Mais quand un comportement personnel (du reste prohibé) entraine un désagrément grave à autrui, il y a un problème qu’il convient d’examiner avec compréhension. Il se trouve ici que non seulement M. Vidal (le DG) tient à ses habitudes, mais il semble complètement indifférent vis-à-vis de ceux envers qui le tort est causé. C’est sans doute le sens qu’il faut donner au refus de la banque de prendre en considération la requête de la plaignante sur les dommages et intérêts. Quand on s’est empressé de bloquer tous les avoirs de la bonne dame au prétexte qu’elle doit, on comprend que l’état d’esprit ne soit pas à la concession. 

Dans une autre affaire concernant Mme Niodogo Djelika, une ancienne déléguée du personnel licenciée de façon cavalière par la direction générale de la BICIAB, le tribunal administratif vient de prendre un jugement en son audience du 8 mai dernier annulant l’autorisation de licenciement qui avait été accordée par la direction régionale du travail du Centre à la BICIAB. Parmi les raisons qui avaient été évoquées pour fonder le licenciement, il y avait ce fameux rapport d’huissier qui s’est révélé être un faux. Or une plainte avait été portée à la connaissance de l’inspectrice du travail en charge du dossier aux fins d’éclairer son avis. Elle n’en avait guère tenu compte. Sur l’ensemble des mobiles reprochés à madame Niodogo, il y avait de quoi les infirmer, mais manifestement, la BICIAB semblait avoir tout au long de la chaîne, d’autres moyens de conviction autrement plus puissants que le droit. L’inspection du travail s’est laissée fourvoyer. Le juge administratif a rétabli le droit. Ce dossier comporte beaucoup d’interrogations sur lesquelles nous reviendrons sans doute n

 

GBN


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