Snc 2016 : La biennale prend de l’âge mais ne se bonifie pas

Publié le mardi 10 mai 2016

La 18ème édition de la Semaine nationale de la culture a refermé ses portes le samedi 2 avril 2016. De nombreuses imperfections organisationnelles étaient perceptibles sur les différents sites qui recevaient les expositions. Le tout a été consumé par l’incendie qui a ravagé environ 90 hangars et gâché la fête.

La ville de Bobo a reçu la 18ème édition de la semaine nationale de la culture. La biennale de la culture burkinabè fête son 33ème anniversaire d’existence. Comme d’habitude, la SNC a drainé du monde venu des quatre coins du Burkina Faso et bien d’autres pays de l’Afrique. Une fête qui a bel et bien tenu sa promesse avec des affiches alléchantes comme le Grand Prix National des Arts et des Lettres (GPNAL), les sports traditionnels, les rues marchandes, la foire de la SNC, les plateaux d’animation, etc. Sauf que l’incendie qui s’est déclaré le jeudi 31 mars 2016 a en partie gâché la fête. Un incendie qui a entrainé la fermeture de la foire au public toute la journée du 31 mars avant de se rouvrir dans l’après midi du lendemain. L’incendie qui a fait d’énormes dégâts est venu confirmer les problèmes d’organisation d’une manière générale mais aussi suscité des interrogations sur la réelle volonté des autorités burkinabè à faire de la SNC une tribune pour la promotion de la culture burkinabè. En effet, en 33 années d’existence, hormis la maison de la culture Anselme Titiama Sanon, la question des infrastructures reste problématique. Que ce soit les infrastructures pour les hébergements ou pour les expositions. Cette édition a encore mis à nu le sport favori des comités d’organisation des événementiels, spécialisés dans les racolages de dernières minutes. À chaque fois, il faut faire recours à des espaces inappropriés, pour un aménagement à l’arraché, en vue de recevoir les invités juste pour la semaine. Après la semaine, on n’en tire pas de leçons pour améliorer dans l’avenir. Raison pour laquelle la SNC manque toujours de maturité et d’autonomie après 33 ans d’existence. Lorsqu’on prend par exemple le site de la foire de la SNC, c’est le laxisme incarné qui s’illustre à outrance. Ce n’est qu’à quelques jours de l’événement que des bulldozers sont venus racler le site, juste pour le rendre fréquentable pour la SNC. En tout cas c’est ce que le site laissait entrevoir à ses visiteurs pendant cette édition de la semaine nationale de la culture.

Certains dénoncent un événement organisé depuis Ouagadougou
En 18 éditions, la SNC devrait être autonome sur tous les plans. Que ce soit la logistique, la sonorisation, les sites d’hébergement et les autres aspects organisationnels. Sauf que jusque-là, ce n’est malheureusement pas le cas. En attendant que l’enquête diligentée suite à l’incendie donne son verdict, on peut d’ores et déjà dire que cet incendie est en partie une faute organisationnelle. Comment une foire de la taille de la SNC peut-elle se tenir dans des stands en paille avec des installations électriques ? Selon les premières informations à notre disposition, l’incendie serait d’origine électrique. Et si cette hypothèse se confirme, cela veut dire que les responsabilités doivent être situées. En principe, la SNC devrait être institutionnalisée de nos jours avec une autonomisation financière. Les sites d’exposition devraient être aménagés dans un espace exclusivement réservé à la biennale de la culture avec des stands bien fixés et des installations électriques définitives. L’événement étant régulier, il n’y a pas de raison qu’à chaque fois ce soit à la dernière minute qu’il faut courir. Certaines personnes n’hésitent pas à remettre en cause le mode d’organisation de la SNC. Soutenant que la biennale est organisée à Ouagadougou puis transférée à Bobo, juste pour les aspects pratiques. Puisque, même la liste des journalistes participants est arrêtée à Ouagadougou avant le début de la SNC. Pourquoi ne pas installer un secrétariat permanant à Bobo-Dioulasso pour l’organisation de la SNC au lieu que ce soit le ministère de la culture qui assure toujours l’organisation ? En tout cas pour un baptême de feu du gouvernement Thiéba avec Tahirou Barry à la tête du département culturel, l’organisation de cette édition de la SNC n’a pas été reluisante avec une cérémonie d’ouverture qui a été un flop sur le plan de la mobilisation.

Wend-tin Basile SAM


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