Les poignards !

Publié le mardi 10 mai 2016

Avez-vous été déjà trahi ? Moi, si. Et je peux vous assurer qu’on vous mettrait mille poignards au dos que vous n’aurez pas autant mal.
C’est une douleur indescriptible, violente, insidieuse, latente.
Une douleur qui se loge au tréfonds de vous et refuse de se déplacer, de sortir. C’est une douleur qui vous lie pour la vie. Et qui vous rappelle et la personne et sa trahison.
Vous avez beau vouloir vous en défaire, elle vous colle à la peau cette douleur comme une écharde dans la chair.
C’est un vrai affront que la trahison. Et comme elle vient toujours d’Êtres très chers, elle demeure inoubliable.
Des poignards, voilà ce qu’est la trahison. Et de voir des proches vous assener ce coup fatal est douloureux.
Vous ne vous en relevez pas aussi aisément car votre mémoire reste envahie, assaillie par le souvenir du coup porté. Vous avez beau essayer de vous en éloigner, elle vous rattrape au tournant.
Il n’y a rien d’aussi douloureux que la confiance trahie. Car avec la confiance placée en la personne, c’est comme votre vie que vous lui avez confiée. Et quand cette confiance relève des liens matrimoniaux, c’est comme votre vie qu’on vous arrache.
Votre douleur perdure indéfiniment.
Le serment non respecté fait mal, blesse profondément car en donnant votre parole, vous vous attendez à ce que l’autre respecte aussi la sienne et quand vous découvrez que vous avez été trahi, le monde s’effondre sous vos pieds tout simplement.
Le sentiment ressenti est indescriptible.
Je ne le souhaite à personne de mes ennemis.
La trahison dans mon cas a un nom de femme. Rires. Pleurs plutôt. BS.
Ce qui me fait détester dorénavant toutes les BS de ce monde.
La providence vous fait toujours finir par savoir. Tout vous tombe sous la main sans même que vous ayez cherché car tous les jours appartiennent au voleur mais il y a un jour pour le propriétaire et ce jour finit par se lever. Vous tombez sur des photos d’escapade non équivoques à Loumbila Beach, des reçus de suite d’hôtel à Bamako, vous découvrez l’existence d’une enfant. La ressemblance est tellement frappante que la douleur se loge dans vos entrailles chaque fois que vous la voyez. Le doute n’est plus permis. Votre trahison a un nom de femme et d’enfant. Malgré les dénégations, rien ne peut vous dissuader de la vérité. La cruelle et terrible vérité. Vous avez été poignardé dans le dos sans avoir rien vu venir tellement l’acteur était talentueux. Peut-on refaire confiance après cela ?
Pour ma part, non et c’est pourquoi j’admire ceux qui osent refaire confiance et s’attacher à nouveau ou redonner leur confiance à nouveau. Je suis un être total. Tout ou rien avait dit un ami d’adolescence en me décrivant. Un ami qui aurait pu être celui devant le maire si la différence de religion ne s’était pas interposée. La peur des couteaux m’a fait reculer. Et j’ai naïvement cru qu’avec une personne de la même religion, il n’y aurait aucun problème. C’était me tromper comme la vie me l’apprendrait plus tard trois décennies plus tard. La vie est drôle et douloureuse parfois. On y mord à plein dents avant de s’en rendre compte.
Savoir tourner la page devrait être aisé pour quelqu’une qui écrit puisqu’il faut tourner la page pour en ajouter d’autres mais ma douleur est toujours aussi vive que je me demande si j’en guérirais un jour. Tout le monde me prévient contre la dépression, voire la folie si je n’arrête pas d’y penser.
La vie m’a donné un héritier qui devrait être ma seule et unique préoccupation dorénavant. En effet.
Mais tous les jours ne sont pas évidents à accepter ce qui demeure toujours douloureux et blessant. Surtout que la personne était inscrite en lettres d’or en vous.
Surtout que pour vous, vous avez signé un pacte pour la vie. A la vie, à la mort ! Dans le meilleur comme le pire. Dans la maladie comme la santé.
Mais pas pour l’autre vu la suite des circonstances.
Se relever et revivre après une trahison d’une ampleur aussi vive demande une force qui ne peut qu’être divine. Seul, on ne peut pas, on ne peut rien. Seul, c’est impossible tout simplement.
Heureusement, être loin libère un peu mais pour une grande rêveuse dont l’esprit tourne sans arrêt, c’est difficile car on y revient toujours, les lieux et les personnes restant à jamais marqués dans votre mémoire.
Les poignards, je ne vous les souhaite pas.
Peace !

Angèle Bassolé, Ph.D
Écrivaine et éditrice
Ottawa, Ontario
Canada


Commenter l'article (0)