Attaque à grand Bassam : AQMI continue sa croisade criminelle

Publié le mercredi 20 avril 2016

La menace terroriste qui plane depuis plusieurs années sur l’Afrique de l’Ouest se traduit désormais en actes terroristes. Presque deux mois jour pour jour après l’attaque meurtrière de Ouagadougou et quatre mois après celle de Bamako, c’est Grand Bassam la cité du tourisme ivoirien qui subit le courroux des fous de Dieu. La Côte d’Ivoire a été à son tour attaquée le dimanche 13 mars 2016 par Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) et la liste des pays ouest africains à être dans l’œil du cyclone ne fait que s’allonger. Dix neuf (19) morts dont onze Ivoiriens, un Nigérian, quatre Français, une Allemande, une Macédonienne, un Libanais et une vingtaine de blessés. Cette attaque de trop aussitôt revendiquée par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) se veut une vengeance contre la France que le groupe terroriste accuse d’avoir tué leurs frères. Mais pourquoi la Côte d’Ivoire n’a pas pu déjouer cette attaque alors que tous les signaux donnaient Abidjan et Dakar comme les prochaines cibles des attaques terroristes ?

Quand les renseignements posent problème
Ce que l’on sait, c’est que c’est une fois de plus l’effet de surprise qui a été la stratégie utilisée pour contourner le dispositif sécuritaire et les renseignements ivoiriens. Ainsi, cette attaque vient mettre à nu les défaillances sécuritaires et des renseignements d’une manière générale dans les pays africains et particulièrement le Sud du Sahara. En effet, les questions sécuritaires ne semblent pas être suffisamment prises au sérieux. Inconscience ou impuissance ? Comment comprendre qu’en dépit des mises en garde d’Aqmi, l’on ne soit pas en mesure de déjouer de telles attaques dont seuls les innocents sont victimes ? Pour ce qui concerne le domaine des renseignements, il constitue la plus grande faiblesse des Etats africains. La preuve est que même les simples bandits qui sévissent sur les grands axes routiers, échappent à nos services sécuritaires. Et tant qu’on ne revoit pas les renseignements, il est impossible de lutter efficacement contre le terrorisme. À tous ces éléments s’ajoutent la porosité des frontières sur laquelle on a toujours attiré l’attention de toutes les autorités. Parmi le commando qui a attaqué Grand Bassam, deux sont présentés comme des Peuls, le troisième comme « ansar », c’est-à-dire un local, peut-être un Ivoirien. Si les deux ne sont pas des locaux, à quel moment sont-ils arrivés sur le sol ivoirien sans être inquiétés ? Comment ont-ils pu franchir la frontière avec un tel arsenal militaire ou bien se sont-ils approvisionnés en terre ivoirienne ? Voici des questions troublantes. La guerre contre le terrorisme est une guerre asymétrique comme le reconnaissent bon nombre d’analystes, où l’ennemi est mouvant voire insaisissable et profite des contextes nationaux pour perpétrer des attaques. Ce qui rend indispensable la coordination des efforts entre les différents états et les échanges des renseignements pour ne serait-ce que minimiser le phénomène du terrorisme, faute de quoi il sera impossible de promouvoir un développement équitable dans toutes les régions des différents pays.

Basile Sam


Commenter l'article (0)