Etalons : La bonne ambiance renaît

Publié le mercredi 20 avril 2016

Les Etalons ont pris date avec l’histoire. Ils doivent en l’espace d’une semaine reprendre leur autorité sur un groupe bien que, à leur portée semblait les échapper. On attendait en renfort un trio venu du championnat français, finalement on se contentera de Saré (championnat portugais). Mais le groupe s’est remis à soigner ses plaies. L’ambiance renaît.

La 3e journée des qualificatives de la CAN 2015 immédiatement suivies de ceux de la 4e journée s’annonce déjà difficile pour les Etalons. Le Burkina est 2e dans un groupe qui a comme leader l’Ouganda. Et autant le dire net, la double confrontation Burkina-Ouganda s’annonce comme la finale avant l’heure. Si les Etalons sont considérés comme l’épouvantail du groupe, il reste qu’ils se sont mis tout seuls, comme des grands dans une posture difficile. Pour rebondir, la FBF a décidé de remettre en selle un ancien coach, Paulo Duarté. Le portugais remplace au pied levé le franco-allemand, Gernot qui n’a pas permis au rêve des Burkinabè de se poursuivre. Comment faire rebondir une équipe touchée moralement ? Comment redonner l’envie de gagner à des Etalons qui, pour certains ont du mal à retrouver du temps de jeu dans leur club ? Que faire pour recoller les morceaux d’une équipe que les égos surdimensionnés ont plombés ? Quel remède proposé pour ne pas louper la qualification à la prochaine quand on doit affronter la meilleure équipe du moment du groupe ? Duarte dont l’arrivée n’est pas saluée par tous le sait. Il n’a pas droit à l’erreur. Mieux, il devra faire le miracle. Déjà, le staff a tenté de transformer l’eau en vin. Il a cru pouvoir décider les binationaux à endosser le maillot du Burkina Faso. En effet, Antony Koura de Nimes en Ligue 1 française, Ousmane Bryan Dabo de Montpellier (Ligue1 Française) et Alban Lafont (gardien de but de Toulouse ligue 1 française) sont sélectionnables pour renforcer les Etalons. Ce sont des joueurs de grande classe, ils ont de la compétition. Et leur éventuelle arrivée au sein des Etalons constituera un bol d’air frais. Mais encore fallait-il les y convaincre. Car ce n’était pas faute d’avoir essayé. On est mémoratif que le colonel président, Sita Sangaré lui-même avait écumé les championnats européens à la recherche de ces enfants prodiges qui pourraient apporter leur savoir-faire pour aider la Nation. Mais d’Espagne à l’Italie en passant par la France, les multiples contacts n’ont pas fait bouger les lignes. Duarte, à son tour a pris son bâton de pèlerin avec pour espoir de réussir là où le président de la FBF a presque échoué. En France, le coach national revisite le trio susmentionné. Koura, blessé pour l’heure semble être prêt à venir défende les couleurs du Burkina. Mais le garçon n’a pas la bénédiction de ses parents, en l’occurrence son père. Ce dernier exilé en France depuis plus de vingt ans, ne semble plus avoir des attaches avec son pays natal. Ne connaissant plus le terrain, il ne veut pas que son fils le devance. Quid de Dabo ? Le montpelliérain est en situation de ballotage. Footballeur montant, il sait qu’il est suivi en France. Il peut de ce fait se voir ouvrir les portes des Bleus. Entre la proposition immédiate d’intégrer l’écurie des Etalons et l’opportunité prochaine d’intégrer l’équipe de France, le cœur balance. Evidemment qu’il a accordé sa préférence pour la France. Mais la porte des Etalons n’est pas pour autant fermée. Il semble même que dans son for intérieur, un délai est même fixé pour se décider en faveur du Burkina si les choses n’évoluent pas. Et ce sera dans les prochaines semaines. Duarté n’a pas eu gain de cause non plus pour le cas Alban Lafont. Là encore, il y aurait un véto. Le père du joueur. Pour lui, son fils est promis à un meilleur avenir, l’équipe de France. Il est vrai que le garçon est fortement apprécié. A 16 ans et demi, il est parvenu à envoyer sur le banc de touche le gardien titulaire de Toulouse. Ses statistiques sont excellentes. Et partant, son géniteur estime qu’il a sa place chez les Bleus. Une position facile à comprendre tant il est vrai que le père est Français. Tout en voulant que son fils joue en France, il voudrait aussi se le rapprocher d’avantage. Des trois pistes réchauffées par Duarté, celle de Lafont semble la plus improbable. Mais en football, la situation évolue vite. Et les choses peuvent changer vite aussi. Finalement, le coach a-t-il lui aussi échoué ? Il y a eu tout de même un succès. Duarté est parvenu à décider Bakary Saré, sociétaire de Guimaraes (Portugal), longtemps courtisé par le Burkina Faso qui pouvait jouer avec les Éléphants de Côte d’Ivoire à se mettre sous les couleurs des Etalons. Cet attaquant est un apport de taille pour redonner un peu plus de feu à la ligne offensive des Etalons en panne depuis un certain temps. Mais la quête de renfort n’est pas la seule embuche sur le difficile projet de reconstruction de l’équipe Etalons. La veille de l’éviction du coach en place, le Franco-Allemand, Gernot Rohr, les signes visibles d’une équipe en proie à ses querelles intestines étaient notables. On se souvient de l’humeur de Alain Traoré au stade du 4 Août et surtout de l’explication musclée entre lui et Bancé. Toute la question était comment ces deux allaient se retrouver en sélection et pouvoir jouer dans un climat sain ? Mieux, Aristide Bancé a eu maille à pâtir avec le coach Duarté lors du premier passage de ce dernier à la tête des Etalons. Les retrouvailles pouvaient avoir un goût amer. Les inquiétudes semblent donc fondées et justifiées. Mais à la réalité, l’ambiance semble bon enfant. Visiblement l’effet changement de coach a impacté l’environnement des Etalons. A preuve, Aristide Bancé et les frères Traoré ont affiché leur entente retrouvée dans un cliché largement partagé sur les réseaux sociaux. Un travail d’aplanissement a été fait par l’encadrement. Dès l’arrivée des joueurs, le coach Duarté en fin psychologue a tout de suite fait une thérapie de groupe qui a permis de faire la paix des braves entre les différents joueurs et acteurs de l’équipe. Evidemment, seule la victoire peut parfaire la réconciliation. Mais aucune équipe ne gagne sans une cohésion entre les différents membres. Personne ne peut dire si Duarté va gagner en aller-retour contre l’Ouganda. Mais absolument un travail de reconstruction est en cours de réalisation. Vivement que les fruits portent !

J J Traoré


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