Emplois-jeunes pour l’éducation nationale : Zoom sur les conditions de recrutement

Publié le mercredi 20 avril 2016

4200 jeunes en 2016, 3000 en 2017 et 2000 en 2018. En trois ans, le gouvernement Tchiéba prévoit de recruter 9200 jeunes ayant le niveau Bac+2 afin de compenser le grand déficit des enseignants au niveau des collèges d’enseignement général et de la formation technique et professionnelle. Les matières concernées sont : français/ anglais, français /histoire -géographie, mathématiques /SVT et mathématiques /physique-chimie. Les recrues suivront une formation de six mois à l’Ecole Normale Supérieure de l’Université de Koudougou (ENS/UK) et à l’Institut Des Sciences (IDS). Le programme est financé à hauteur de 2 milliards 823 million 160 000 FCFA pour la seule année 2016 par le budget de l’Etat. Pour les 5 années de sa mise en œuvre, le coût est de 46 milliards 742 millions 640 000 F CFA. Si l’initiative de réduire le chômage réjouit beaucoup de jeunes, les conditions qui l’entourent sont critiquées et soulèvent plusieurs questions. L’option de procéder par sélection sur dossiers, la limite d’âge à 35 ans, la question de contrat à durée déterminée et l’allocation sont autant de sujets qui font polémique dans le milieu jeune. Le ministre de l’Education Nationale, Jean Martin Coulibaly, y apporte des éléments d’éclaircissement.

Pourquoi l’option de procéder par une sélection sur dossier et non par un test ?
Avant de répondre à la question, il est nécessaire de rappeler les objectifs et les résultats attendus de cette mesure. Elle vise deux objectifs importants dans la gouvernance que nous souhaitons mettre en place. Le premier est de donner une réponse à la question de l’emploi des jeunes. Je dis bien emploi des jeunes. L’idée c’est quoi ? Les jeunes sont des gens sur lesquels l’Etat a déjà investi énormément. Qu’est-ce qu’on constate de cet investissement ? L’Etat n’a pas le retour lorsque les gens ne trouvent pas de boulot. Qu’est-ce qu’on peut aménager comme mesure pour permettre à ces gens d’avoir un emploi ? Dans l’enseignement nous avons structurellement des déficits, principalement au niveau du post-primaire. Nous avions le même problème au niveau du primaire mais avec la création et la formation des enseignants du primaire, nous sommes arrivés à avoir un levier qui est là. Le problème n’est plus au niveau du primaire. Le problème est au niveau du post-primaire et de l’enseignement technique et professionnel. Nous avons dit que nous allons capitaliser l’effort que l’Etat a déjà fait avec ces gens pour avoir un petit retour sur investissement, tout en offrant à ces gens-là la possibilité d’avoir un premier emploi. Voilà les deux objectifs : donner de la possibilité d’emploi aux jeunes, notamment diplômés et en même temps, amorcer la résorption des déficits que nous avons principalement en enseignants au post-primaire. Pour revenir à votre question, il y a deux raisons. Si nous voulons procéder par un test, nous ne pouvons pas le sortir du cadre habituel des tests de la fonction publique. Ce processus a lieu habituellement au cours du mois de juillet-août. Cela ne nous permettra pas, dans l’orientation que nous avons voulue, d’assurer la formation des enseignants. Vous savez que par le passé on les recrutait et on les envoyait directement sur le terrain. En termes d’efficacité ils n’ont pas été à la hauteur. Nous n’avons pas voulu nous réinscrire dans ce schéma. Nous avons l’approche nouvelle qui est le recrutement sur mesures nouvelles dans laquelle nous ne pouvons pas tout absorber. L’idée de procéder par le recrutement sur dossier est de s’inscrire dans une certaine urgence et donner cette possibilité [d’emploi] aux jeunes.

Quels sont les critères de sélection ?
Il y a une composition de dossier et cette composition devrait nous permettre de sélectionner des gens selon les capacités que montrent les éléments du dossier. Si vous voulez par exemple un professeur de français, vous pouvez bien le trouver en quelqu’un qui a un Bac C+2 parce que parfois, avec les coefficients des matières vous pouvez avoir votre Bac, cela est une des faiblesses de notre système, sans que ce ne soit la matière de base qui vous amène à obtenir votre diplôme. Ce sont des éléments centraux qui vont orienter le recrutement. Si vous avez fait un Bac D avec de très bonnes notes en mathématiques et en physique-chimie, ce sont sûrement ces matières que nous allons privilégier parce que c’est là-bas que, potentiellement, vous avez les meilleures capacités pour aider notre système éducatif.

Vous avez choisi de confier la sélection à un comité régional. L’inquiétude qui est soulevée est qu’il y ait le risque que certaines personnes fassent passer leurs proches, surtout dans un contexte d’élections municipales. Est-ce que vous avez pensé à cette éventualité et comment allez-vous la gérer ?
C’est vrai que les élections municipales sont là mais je voudrais dire aux Burkinabè que quand on dit que « plus rien ne sera comme avant », cela ne doit pas être un slogan et de la seule responsabilité de l’Etat. S’il y a des cas qui sont effectivement décelés, dénoncez parce que c’est ce que nous attendons de chaque Burkinabè lorsqu’on dit que « plus rien ne sera comme avant ». Il ne s’agit pas de s’asseoir chez soi, dire qu’on a entendu ceci et cela et rester chez soi. Il faut dénoncer les choses. Le chef de l’Etat a été très clair. Il y aura zéro impunité. En la matière, ce gouvernement a déjà pris des mesures où certains dossiers que nous avons trouvés dans les tiroirs ont été sortis et traités. Ce que nous demandons à la population c’est aussi de faire confiance à leur administration et de la suivre de la même façon qu’elle a suivi pour avoir le changement. C’est seulement de cette façon que nous allons reconstruire une administration telle que nous l’avons voulue. Si nous voulons aujourd’hui renier à nos structures déconcentrées leur responsabilité qui est d’animer l’administration au niveau déconcentré nous ne réglons pas les problèmes. La suspicion générale n’est pas la solution. Il faut que ce qui est avéré avec preuves soit dénoncé systématiquement et avec force, et nous, nous prenons nos responsabilités. Au niveau des comités, peut-être que les gens ont des inquiétudes. Le comité est inter ministériel. Il y a le ministère de la jeunesse qui porte le projet, le ministère de l’éducation nationale qui en est le bénéficiaire, le ministère des finances qui supervise l’opération du point de vue financier, le ministère de la fonction publique parce qu’à terme ce sont des gens que nous voulons effectivement intégrer dans la fonction publique après évaluation concluante et il y a le ministère de l’enseignement supérieur parce que ce sont les dispositifs au niveau de l’enseignement supérieur que nous utilisons pour la formation. Je veux bien qu’on ait de la suspicion pour tout mais nous voulons surtout que les gens nous accompagnent à réaliser ce programme à la satisfaction des Burkinabè.

Vous fixez la limite d’âge à 35 ans alors que la limite d’âge d’entrée dans la fonction publique est de 37 ans. Pourquoi ne pas donner la chance aussi à ceux-là qui sont frappés ou qui seront bientôt frappés par la limite d’âge ?
Comme je l’ai dit, c’est une mesure destinée aux jeunes. Notre première réflexion a été de dire qui est-ce qui est jeune ? Si on part sous l’angle de la définition internationale, le jeune c’est celui qui a au plus 35 ans. Mais ce n’est pas la seule raison. Vous avez parlé tout à l’heure de l’âge d’entrée à la fonction publique qui est de 37 ans. A ce niveau même nous sommes allés aux limites parce qu’il faut qu’au bout des 3 ans, les recrues soient intégrées dans la fonction publique, donc ils doivent remplir les conditions. Si vous prenez 35 ans plus 3 ans il faut qu’ils soient intégrés à la troisième année sinon nous aurons des difficultés avec la disposition de la loi 81 actuelle. Il y en a qui disent qu’avant on recrutait des contractuels à 40 ans. Effectivement ! Mais c’était avant. Aujourd’hui, conformément à la loi 81, il n’y a pas de fonctionnaire contractuel. Donc, nous ne pouvons pas, lorsqu’ils vont finir cette phase, j’allais dire probatoire de 3 ans, les recruter comme contractuels. Ils deviendront fonctionnaires au titre de la loi 81 nouvelle. Il aura été dommage qu’on amène des gens jusque-là, qui nous donnent satisfaction, et pour des mesures d’ordre législatif ou règlementaire nous ne puissions pas les intégrer pour bénéficier de leur apport.

Ceux qui auront 35 ans lors de la première année du programme en auront 38 à la fin. Malgré leurs 38 ans, soit un an de plus que la limite d’âge d’entrée dans la fonction publique. Si je vous ai bien compris ils pourront postuler au test d’intégration ?
Dans l’aménagement que nous avons mis en place nous n’avons pas voulu dépasser les 35 ans pour ne pas tomber sous le coup des dispositifs. Nous avons dit que le contrat est annuel dont la reconduction est conditionnée par les évaluations satisfaisantes. L’intégration ne sera possible que si l’on satisfait au test de recrutement organisé à cet effet pour ce personnel uniquement. Concrètement, là où l’évaluation est satisfaisante et jusqu’à la limite d’âge d’entrée à la fonction publique, des concours sont organisés pour les intégrer. La seule difficulté que nous aurions est que si nous étions allés jusqu’à 40 ans, nous n’avons pas la possibilité de les intégrer. Or l’idée ce n’est pas cela. Nous avons la vision que ces gens deviennent effectivement des fonctionnaires.

Vous avez opté pour un contrat d’un an renouvelable à concurrence de 3 ans. Pourquoi un système contractuel ?
Quand on prend une mesure spéciale comme cela on ne sait pas encore ce que cela va donner donc c’est par mesure de précautions. Nous allons les former pendant 6 mois. Peut-être que dans les 6 mois certains ne voudront plus continuer de leur propre initiative. D’autres peut-être ne satisferont pas aux évaluations. Nous devons prendre en compte toutes ces situations. Ce n’est pas parce que vous avez fait six mois que vous êtes aptes ou disposés à enseigner structurellement parce que pendant la formation vous n’êtes pas en situation réelle. Nous voulons nous donner la possibilité de tester leur volonté, leur capacité à devenir enseignants. C’est la raison pour laquelle nous avons institué ce système contractuel.

Après les 3 ans, pourront être intégrés dans la fonction publique seulement les admis au test de recrutement. Je suis tenté de dire que dans une certaine mesure vous ne résolvez pas le problème puisque certains seront à nouveau reversés dans le chômage.
En matière d’emploi les gens font souvent beaucoup d’amalgames. Quand vous regardez le marché de l’emploi aujourd’hui, lorsque les jeunes déposent des dossiers, très souvent, la question à laquelle ils sont heurtés est celle de l’expérience. Ceux qui vont aller au bout des 3 ans, ils peuvent au moins enrichir leur CV. C’est extrêmement important parce qu’il y a des gens dont le cheminement sur le marché du travail est plombé par cette histoire de première expérience. Même ceux qui n’arriveraient pas au bout à être intégré comme enseignants, le programme leur aura donné l’opportunité d’avoir ce premier emploi dont ils peuvent se prévaloir pour aller sur le marché du travail.

Le dépôt des dossiers aura lieu au mois d’avril. J’imagine que la sélection aura lieu bien avant le lancement des concours directs de l’Etat. S’il y a des gens qui sont retenus pour ce programme et qui décident par la suite de partir parce qu’ils sont admis à un concours, comment allez-vous gérer leur absence ?
C’est une mesure exceptionnelle en fonction du déficit. S’il n’y avait pas de déficit en enseignants nous aurions orienté le programme vers un autre domaine. Nous avons fixé un échantillon que nous souhaitons avoir. C’est notre ambition mais nous allons nous contenter de ce que nous allons avoir et cela va nous permettre de mener la réflexion pour les prochaines fois.

La répartition par province ne concerne que l’enseignement technique. Par contre si nous prenons aussi l’enseignement général, il y a de la concentration en zone urbaine. Est-ce qu’il n’y a pas un risque de délaissement du milieu rural ?
Nous voulons régionaliser les postes. Dans l’enseignement, de façon générale, c’est déjà le cas. Nous avons juste précisé pour l’enseignement technique parce que le dispositif à ce niveau n’est pas suffisamment déployé. Sinon pour tous les autres postes c’est en fonction des déficits qui ont été identifiés dans les différentes régions. Là où vous avez postulé c’est là-bas que vous serez affecté et vous n’avez pas de possibilité de vous faire affecter en dehors de cette région. Nous avons, au niveau de la gestion du personnel, eu ces faiblesses. Parfois ce sont des cas de conscience au niveau social. Quand quelqu’un est malade et souhaite être ramené dans un centre où il peut plus facilement gérer sa maladie qui est d’une certaine nature, de façon humaine vous ne pouvez pas refuser. Mais cette possibilité qui a été donnée par le règlement a été abusivement exploitée soit de façon délibérée soit aussi de façon sournoise et moins maîtrisée par les premiers responsables. J’ai déjà donné des orientations pour remettre à plat cette question des affectations au niveau des chefs-lieux et je crois qu’avant la fin de l’année il va vous être donné de constater que des mesures importantes sont prises dans ce sens. C’est une situation qui n’est pas régulière et qui a besoin d’être traitée.

Comme vous l’avez évoquée, je me permets de poser une question y afférant. Concrètement, comment vous comptez gérer la question des affectations qui fait beaucoup polémique ?
Il y a des textes. On vous dit que vous devez servir au moins 6 ans dans un poste avant de chercher à le quitter. Vous voyez des cas où ces conditions ne sont pas remplies mais on a quand même procédé à l’affectation de la personne. Il s’agit là de choses qui ne sont pas régulières. C’est parce qu’on procède comme cela pour arranger l’un ou l’autre qui est un ami ou un parent que nous avons des problèmes. Nous voulons tous qu’il y ait une gestion rigoureuse mais celui qui veut cela, quand il s’agit de son mari ou de sa femme, il ne souhaite pas que cela soit appliqué. C’est cela la vérité aussi qu’il faut dire aux Burkinabè. Tout le monde veut le changement tant que cela s’applique aux autres, pas à soi. Le changement voudrait aussi que nous changions. C’est seulement comme cela que nous pouvons revenir à une gestion responsable de nos ressources humaines.

En 3 ans vous voulez 9200 enseignants. Les matières concernées sont français /anglais, français / histoire-géographie, mathématiques / SVT, mathématiques / physique-chimie. Combien d’enseignants voulez-vous par matière en fonction des déficits ?
Les déficits nous les avons prioritairement dans les matières scientifiques. Pour répondre de façon plus encadrée à votre question, nous sommes en train d’examiner une orientation vers une certaine polyvalence des enseignants. Si vous avez remarqué, nous avons parlé de maths/physique-chimie, de maths/SVT. C’est pour dire que nous cherchons des gens qui seront capables d’être enseignants de mathématiques et en même temps de SVT. Vous n’ignorez pas que le nombre augmente la masse salariale globale de la fonction publique. Aujourd’hui, la difficulté que le Burkina a c’est le ratio entre la masse salariale et les ressources propres. Au niveau des directives communautaires, ce ratio doit être de 30% au maximum. Je pense que ce gouvernement, en arrivant, a trouvé un ratio qui était déjà autour de 38%. En intégrant les incidences nouvelles liées à la loi 81, on va dépasser largement 40%. Nous avons au niveau du gouvernement, une réflexion globale sur comment contenir la masse salariale de la fonction publique. Cela fait partie d’une réflexion que nous devons mener urgemment dans notre ministère parce qu’il gère un peu plus d’un tiers de la fonction publique actuellement. En même temps nous avons le souci de régler le déficit, en même temps il nous faut faire un travail important sur la gestion rationnelle et prévisionnelle des emplois au niveau de ce ministère pour un peu contribuer à ramener le ratio au bon niveau donné par l’orientation communautaire.

100 000 francs par mois sans impôts ! Beaucoup de jeunes estiment que c’est peu quand il faut payer le loyer, les factures d’eau et d’électricité, se nourrir, se déplacer et venir en aide à sa famille. Quel commentaire faites-vous ?
Mon commentaire est simple. Demandez aux enseignants qui sont déjà titulaires combien ils gagnent et si le compte est bon pour eux. Il faut que les Burkinabè regardent quand même les choses en face. Nous sommes 140 000 fonctionnaires et ces salaires occupent près de 90 à 95 % des ressources. Il ne reste que 5% pour prendre des mesures qui concernent tous les autres Burkinabè. Si on continue comme cela jusqu’à ce que l’administration occupe 100% de nos ressources, qu’est-ce qu’on fait pour le reste des Burkinabè. Si j’avais une baguette magique je ferais mieux mais il ne s’agit pas de baguette magique. Il s’agit de ressources que le pays a générées et qui sont disponibles ou pas. Le calcul pour arriver aux 100 000 francs est parti de la projection que nous avons et qui se fait au niveau du ministère de la jeunesse et de l’emploi sur le programme de volontariat. Un enseignant en formation c’est quand même différent d’un volontariat puisque nous souhaitons qu’à terme il soit intégré dans la fonction publique. Il y avait un débat. Est-ce qu’on en fait un salaire au terme du code du travail avec imposition de cotisations sociales et déclarations [à la caisse nationale de sécurité sociale]. Dans la réflexion nous avons dit que le ministère a une approche de cela qui est déjà une pratique installée depuis fort longtemps. C’est le système de pré-salaires des enseignants en formation. Les 100 000 sont une forme d’allocation forfaitaire à peu près dans le même style que les pré-salaires. On pourra nous dire de leur donner un salaire mais ils ne sont pas encore intégrés dans la fonction publique. Est-ce qu’il est juste de les payer comme des fonctionnaires ? Objectivement, ce n’est pas possible. L’autre aspect est qu’il s’agit d’un programme spécial d’aide à l’emploi. Durant les 3 ans, ceux qui sont sélectionnés sont en période d’essai. Cela ne va être conclu que lorsqu’ils auront satisfait au test de recrutement. C’est vrai, les gens évoquent des éléments mais cette mesure-là, il n’y avait pas d’obligation pour le gouvernement de la prendre. C’est parce qu’il a le souci de régler la question de l’emploi des jeunes.

La population burkinabè est à majorité jeune. Il se trouve que beaucoup qui forment cette majorité sont au chômage. On connait également le contexte dans lequel le présent pouvoir est arrivé. Pensez-vous que l’Etat n’avait vraiment pas l’obligation de trouver quelque chose à faire pour ces jeunes ?
Entendons-nous. Quand je dis que l’Etat n’avait pas obligation c’est de prendre cette mesure-là. Il y a d’autres mesures qui sont prises. Par exemple, le système de volontaires pour la sécurité, nous avons décidé de le maintenir. Je veux dire que ce gouvernement a imaginé cette mesure de façon spécifique parce que nous avons trouvé que dans le contexte actuel du pays, malgré les difficultés que nous venons de traverser et le contexte économique très difficile, nous avons obligation de répondre aux [préoccupations de la jeunesse] sur laquelle l’Etat a investi. Ne l’oublions pas. C’est une tranche sur laquelle l’Etat a investi pas moins d’une dizaine d’années durant. Si vous laissez ces gens dans la nature vous ne récoltez rien de tout cet investissement. C’est cela qui nous a amené à proposer cette mesure. L’investissement est déjà fait. Il nous faut trouver les moyens de le fructifier. Cette mesure, de mon point de vue, est salutaire pour permettre à cet investissement important d’être capitalisé dans d’autres activités que l’Etat souhaite conduire. Il y a d’autres mesures qui seront déployées par mon collègue du ministère de la jeunesse, de la formation professionnelle et de l’emploi.

C’est vrai que ceux qui seront engagés pour ce programme sont exempts d’impôts mais est-ce qu’il y a une sécurité sociale qui est prévue ?
Je n’ai pas les éléments sous la main mais comme je vous l’ai dit, cela s’inscrit dans la même approche que les pré-salaires des enseignants en formation à l’ENS/UK. Ce sont les mêmes dispositions. C’est-à-dire que ce sont des gens engagés dans un processus pour intégrer la fonction publique. Il y a un processus qui capitalise la phase de formation et la phase transitoire pour pouvoir matérialiser leur intégration n

Itw réalisée par Gaston Bonheur SAWADOGO


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