La pêche traditionnelle en question

Publié le dimanche 27 mars 2016

En ce mois de carême chrétien, le poisson et devenu une denrée très prisée des fidèles catholiques. Logiquement, les prix s’envolent. De nombreux analystes font du reste état de l’augmentation de la consommation du poisson dans le monde au détriment de la viande. Le poisson ça rapporte beaucoup à l’organisme et au portefeuille lorsqu’on gère de façon efficient sa production et et sa consommation. Portant, c’est là que le bât blesse.
Car certaines formes d’exploitation de cette source d’énergie et de calorie nuisent à sa pérennisation comme élément d’apport alimentaire déterminant à la vie de nombreuses populations. C’est pour faire voir cela que Patrice Toé et Vincent-Paul Sanon ont publié un ouvrage intitulé : Gouvernance et institutions traditionnelles dans les pêcheries de l’Ouest du Burkina Faso aux éditons l’Harmattan à Paris en avril 2015. A partir d’une méthode anthropologique, ils ont essayé de répondre à la question suivante : Comment proposer une négociation plus écologique et plus humaine dans un contexte de participation dans la gestion durable des ressources halieutiques ? à partir d’études de cas menées à Moussodougou, Tengrela et Tiefora, dans l’ouest du Burkina Faso, ils ont questionné les pratiques locales en matière de pêche. Ils ont observé les réalités vécues et collectées les points de vue des acteurs et leur conception du monde. Puisque le poisson vit dans l’eau les auteurs ont montré l’importance culturelle et cultuelle de cette autre denrée sans laquelle la vie sur terre serait impossible : l’or bleu. Les cultures locales accordent une importance à l’eau refuge des invisibles, maison des poissons.
Cela entraine de leur part des attitudes de préservation de l’environnement des actes en lien avec le développement durable. Un certains nombre d’interdit agrémentait l’existence d’espèces protégés de fait. Puis vint l’évolution du monde. Les mutations sociales vont introduire des pratiques qui font fit de toutes ces précautions antérieurs, traditionnellement prises afin que l’homme et son environnement ne fasse qu’un. Et l’Etat a son mot à dire. Bicéphalisme ou gouvernance hybride, la pêche dans les villages évolue entre tradition et modernité et connait des fortunes diverses. La perspicacité ethnographique doublée d’une analyse diachronique montre qu’il est possible de trouver des formules voire des mécanismes idoines pour mieux préserver les eaux et les poissons qui contribuent énormément à l’atteinte des objectifs de sécurité alimentaire. Il est important selon Patrice et Vincent-Paul de « composer avec les institutions traditionnelle qui sont les premières références des populations sans s’enfermer dans un traditionalisme antinomique d’un environnement plus globalisant  » à bon entendeur….Bonne lecture !

Ludovic O KIBORA


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