Attention, danger !

Publié le dimanche 27 mars 2016

Cela fait deux fois que je suis surprise par les sorties du ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure, Mr Simon Compaoré, ex CDR, ex maire de Ouaga la belle.
Deux fois en très peu de temps que Mr « l’homme des gourdins » me surprend beaucoup.
La première c’était pour dire que les Koglwéogo allaient être légalisés. La seconde est de dire après un incident d’enlèvement d’un catéchiste à Léo qu’il allait recevoir le commando responsable de cet enlèvement et il a encore dit à cette occasion qu’il était pour leur légalisation.
Je n’en reviens toujours pas. Depuis quand légalise-t-on des milices ? Des hors-la loi ?
Quel deal y va-t-il eu lors de la campagne électorale entre le trio RSS et ces Koglweogo ? Quel deal y a-t-il entre eux pour les municipales ?
Car je ne comprends pas ces bras grands ouverts de Simon Compaoré à des hordes de désordre.
Beaucoup spéculent sur l’existence du grand banditisme dans les provinces pour justifier de l’utilité des koglweogo. Sommes-nous toujours dans un État de droit au Faso ? Si oui, je pense qu’il y a des forces de défense et de sécurité commises aux taches régaliennes d’assurer la sécurité de tout Burkinabè sur le territoire national. Aucun manque de moyens ne saurait justifier le non-respect de ce devoir d’État.
Le gaspillage ou la mauvaise répartition des fonds de l’État qui fait qu’on a encore un millier d’écoles sous paillottes dans le Burkina devrait être corrigée et on devrait doter les Forces de défense et de sécurité de tous les moyens nécessaires pour lutter contre la criminalité et assurer la sécurité des Burkinabè dans tout le pays.
La sécurité des citoyens sur le territoire national ne devrait pas reposer sur les épaules de milices fussent-elles efficaces. Ceux qui les soutiennent ont-ils seulement vu les photos de leurs victimes ? Ont-ils vu les dos brulés de leurs pauvres victimes qui m’ont rappelé celui de David Ouédraogo ? On est où là ?
Dans la 5e république des trois mousquetaires ? On se serait attendu à mieux. On ne vous a pas élus pour reculer et se retrouver dans la république bananière et policière du clan Compaoré. De grâce, faites vos devoirs.
C’est quoi cet état dans un état ? C’est quoi cette police dans la police ? Des gens sans formation aucune/ déjà que des militaires sans formation sont des criminels en puissance/ qui jouent aux justiciers ! On a déjà eu de graves cas d’abus de pouvoir et d’autorité comme ce monsieur dont la femme tient un maquis et que des koglweogo ont arrêté et ligoté en l’accusant d’être complice du voleur qu’ils voulaient punir et pour lequel il a plaidé la cause. Pour rappel, ce ‘’voleur’’ est parti du maquis de la dame sans payer ses deux bières consommées. Ces auto-justiciers de koglweogo se sont saisis du cas (même si la bonne dame a insisté pour qu’ils laissent tomber) et son mari, à son tour a intercédé pour qu’ils ne poursuivent pas ‘leur voleur’’. Mal lui en pris car cela lui vaudra d’être accusé de complicité de vol. Ridicule situation comme vous le constatez en me lisant. Comment pourrait-il être complice du vol de ces bières du maquis de sa propre femme ?
Mais le ridicule ne tue pas avec les Koglwéogo car il sera bien amené sous bonne garde, ligoté durant deux heures et sérieusement menacé de sévices corporels. On ira même jusqu’à lui réclamer la rocambolesque somme de 238.000 F CFA repartie en 210.000 f pour les deux bières et 28.000f pour la complicité de vol. Depuis quand une bière au pays de Sankara coûte 105.000F ? 238.000f, c’est le salaire de combien d’enseignants du primaire au Faso ? De combien d’ouvriers et de manœuvres ? De combien de domestiques de maison ? Et des délinquants abuseurs vont en une journée en jouir pour s’être faits justiciers ?
De vrais voleurs que ces Koglwéogo car que feront-ils d’une telle somme ? Que font-ils de ces sommes exorbitantes qu’ils réclament à leurs victimes contre libération ? C’est quoi cette justice en monnaies sonnantes et trébuchantes ? On est où encore là ?
Simon a-t-il bien pris la mesure du sérieux de l’affaire ? Comment pourrait-on légaliser des délinquants doublés d’ignorants ?
L’incident de Sapouy du 18 février dernier aurait dû déjà sonner l’alerte chez le gouvernement et chez son ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure, Mr Simon Compaoré.
Des milices qui font reculer des forces de défense et de sécurité, cela devrait interpeller plus d’un.
Est-on sorti de la république sans lois de Blaise Compaoré et de ses sbires pour tomber dans une république ou des Koglwéogo dictent la leur à coups de bâtons, fouets et fusils ?
Est-ce pour une justice dans la justice que nous avons mené cette insurrection fructueuse ? Battu le macadam pour faire reculer le général félon ? Organisé des élections libres et démocratiques qui ont permis au parti des trois mousquetaires de gouverner ?
Sommes-nous donnés tant de peine pour chasser l’arbitraire pour voir l’arbitraire être légalisé ?
Ces milices qui ont droit de vie et de mort sur des citoyens (ils ont déjà envoyé dans l’autre monde des personnes) doivent être légalisés au nom de quoi ? Ces hordes sans foi ni loi qu’on devrait plutôt démanteler sans tarder, on veut en faire des interlocuteurs attitrés ?
Pourquoi ne pas mieux doter les forces de sécurité et de défense ?
Les attaques des brigades de gendarmeries à l’intérieur du pays avant celles du 15 janvier à Ouaga n’auraient-elles pas du sonner l’alarme chez les autorités et les amener à renforcer ceux qui veillent à notre sécurité ?
C’est quoi cette histoire de renforcer le pouvoir de ces délinquants ?
C’est quoi cet aveu d’impuissance de nos autorités ?
C’est quoi ces sorties intempestives et désordonnées de Simon ?
Kolgweogo, non, merci.
Plus de moyens aux FDS, oui !
Simon, Attention, danger !!!

Angele Bassolé, Ph.D.
Écrivaine et éditrice.
Ottawa, Ontario Canada


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