Championnat D1 : L’EFO et l’ASFA-Y chutent avec le système Compoaré

Publié le jeudi 3 mars 2016

Le championnat national de football de première division n’est plus ce qu’il était. Déjà, le derby EFO/ASFA-Y, les désormais ex monstres du foot national n’est guère mieux qu’un match d’OSEP ! Mais le plus surprenant est cette redistribution des cartes. Les nouveaux rois qui effraient tout le monde s’appellent le RCK ou le RCB. L’EFO et l’ASFA-Y ne font plus autorité.

L’ASFA-Y, l’éternel champion du Burkina n’est plus que l’ombre de lui-même. Le club jaune et vert va si mal qu’il faut descendre dans les profondeurs du classement pour le retrouver. L’ASFA-Y est 13e sur 16 ! Les joueurs accusent des arriérés de salaires de 6 mois. Impensable pour un club dont le budget annuel frôlait la barre des 120 millions de F CFA ! Le club se porte si mal que les supporters annoncent un débrayage dans les jours prochains. Ils ne veulent plus sentir le coach Ghanéen Isaac Aquaye. Pour se faire entendre, les supporters veulent fermer la porte d’entrée dans le stade d’entraînement. Mais la situation est plus complexe. En effet, face à la descente aux enfers de l’équipe, un ancien président du club, Seydou Diakité a décidé d’intervenir pour sauver le soldat ASFA-Y. Il s’engage à payer les salaires d’un montant de plus de 6 millions mensuels. Mais à une seule condition, que l’union sacrée soit faite autour de l’équipe. Autrement dit que la paix des braves soit faite et qu’ensemble les acteurs puissent se donner les idées au lieu de coups en dessous de la ceinture comme ce qui a cours au sein de ce club. Le PCA, Antoine Zoungrana, heureux de la nouvelle veut en profiter pour passer le flambeau. Mais le regroupement des anciens va coincer. Simon Kafando, projeté dans le rôle de chef de file de cette renaissance souhaitée de l’ASFA-Y va incarner la re-division. Sa personne ne passe pas. Des supporters n’hésitent pas à opposer leur refus de voir cet ancien président de l’ASFA-Y revenir et avec dans ses bagages, Moussa Rabo, Théodore Parkouda et Zakarie Yanogo. On reproche à Simon Kafando sa non participation à la vie financière du club. Mais comment alors convaincre le mécène Diakité d’aller jusqu’au bout de sa logique salvatrice si l’union à l’ASFA-Y semble un leurre ? Dans ce Burkina post crise où l’économie va mal, laisser filer une telle opportunité serait suicidaire pour les Jaune et vert. L’état pré-comateux de l’ASFA-Y devait permettre à l’EFO de s’imposer définitivement comme l’unique force de frappe du championnat domestique. Mais ces deux formations semblent avoir un sort lié. Une solidarité à toute épreuve mais le malheureux. Les stellistes aussi sont en crise. Arriérés de salaires, résultats sportifs médiocres, supporters dans le désarroi, l’Etoile a réellement pali. La faute à Sébatien Rang, cet agent de joueurs qui aurait placé un joueur stelliste au Santos du championnat sud-africain voilà bientôt 6 mois sans que les dividendes ne soient encore versés au club. Ainsi cet argent manque à l’EFO et «  tout est dépeuplé  ». Le club est incapable de payer les salaires, conséquence, sans motivation la défaite est assurée. Avec des finances asséchées, l’EFO est réduite à guetter la subvention de la Fédération burkinabè de football de 5 millions de F CFA. Eh oui, elle est bien loin la belle époque. La vie de l’EFO est suspendue à 5 petits millions ? Non là, on est vraiment de plain-pied en période post transition. Car l’EFO qui réunissait 90 millions de F CFA l’an n’avait jamais eu ce souci en son temps.

EFO et ASFA-Y se meurent faute de DG
Le temps où le club trillait les puissants Directeurs généraux (DG) pour leur confier ses rennes est bien révolu. On est encore mémoratif que pour prétendre être président de l’EFO ou l’ASFA-Y il fallait d’abord être un DG. Et nous l’avions souligné à l’époque, cette option n’avait aucun lendemain pour ces clubs-là. Car le poste de DG est éphémère. Pour nous il fallait d’abord l’amour du foot et des qualités managériales. Car certains DG étaient placés contre leur gré à la tête des clubs. Des anti-foot notoires se retrouvent à décider du sort des clubs. L’histoire nous a donné raison. L’EFO et l’ASFA-Y disons-le net ont perdu leurs privilèges parce que des hommes forts d’hier ont perdu leur pouvoir. Eddie Komboïbo (ASFA-Y) et Arthur Kafando (EFO) sont en prison. La galaxie des DG ayant été remise en cause, plus personne pour prendre le relais. Toutefois, dans le monde de l’excellence, c’est connu la nature a horreur du vide. L’EFO et l’ASFA-Y trouvant leurs costumes de grand à la taille de géant ont régressé. Le championnat va être mis aux ordres de nouveaux patrons, le RCK et le RCB. Le dernier cité, depuis l’année passée avait montré son appétit. Fondée sur une meilleure organisation imposée par un directoire composé de «  Monsieur tout le monde  », le club a su trouver un intérêt aux yeux de la compagnie de transport STAF. Un joli chèque de 50 millions de F CFA, fruit du partenariat sera remis au RCB. En récompense, le club de Bobo-Dioulasso va offrir le titre de champion à son mécène. Cette année encore rebelote ! Le racing qui est sorti du cycle des impayés va même s’offrir le luxe de repiquer le gazon de son terrain d’entraînement en prenant le soin d’instaurer un système d’arrosage performant. Il parvient à conserver son effectif légèrement renforcé par un défenseur venu du Nigéria apporter la stabilité et l’expérience au bastion défensif. Une autre pioche, un Nigérian également mais celui-là un attaquant, avait le potentiel pour aider à hisser le RCB au rang d’équipe, avec de réelles ambitions en campagne africaine. Mais le garçon a fait faut bond au club à la dernière minute. Il demandait une villa comme logement, des billets d’avion pour lui et sa famille et bien d’autres privilèges que le club ne peut lui offrir pour l’heure. Le RCB, vice-leader marche bien. Devant le championnat et tiré par le RCK, les Faucons ont redécollé depuis que Amado Traoré est revenu aux affaires. Il a injecté de l’argent pour refaire son effectif. Très ouvert sur le monde européen, le président Traoré emballe facilement les joueurs qui savent qu’ils multiplient leurs chances de partir vers l’eldorado européen en s’associant à son projet. Disposant du meilleur effectif de la saison, le RCK peut se targuer d’avoir sur son banc de touche un des entraîneurs les plus prometteurs de notre championnat. Il s’agit de Kambou Malo. Ce n’est donc pas un fait du hasard si le RCK est en tête du championnat à l’issue de la 11e journée.

J J Traoré


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