Le Burkina Faso Passé et présent : Un livre sur l’histoire du Pays

Publié le jeudi 3 mars 2016

Sous la direction des Professeurs Hamidou Diallo et Moussa Willy Batenga les Presses universitaires de Ouagadougou viennent de mettre à la disposition du public un livre qui informe sur le Burkina Faso d’hier à Aujourd’hui. Avec son titre évocateur qui jette les ponts entre des périodes clés de l’évolution du «  Pays des Hommes intègres  », Burkina Faso, passé et présent, plus qu’un écrit est un devoir de mémoire. Lorsqu’on ne sait pas d’où l’on vient, il est difficile de se frayer un chemin vers des lendemains meilleurs. C’est donc œuvre utile que font les historiens en dévoilant des pans entiers de notre vécu, cette torche qui permet d’éclairer les sentiers contemporains. Ce livre publié en 2015, l’année où l’université de Ouagadougou prenait le nom de baptême de Professeur Joseph Ki-Zerbo est aussi un hommage posthume à ce grand historien. En restituant les vérités du passé dans un style limpide et accessible à différents niveaux, les contributeurs de cet ouvrage de 440p s’inscrivent dans la dynamique de celui qui conseillait d’éviter de dormir sur la natte d’autrui. Les quinze articles repartis sur les trois périodes essentielles de l’histoire du Burkina Faso, sont des œuvres de chercheurs du CNRST et d’enseignants de l’université Ouata 1 Joseph Ki-Zerbo. Selon les auteurs, la production de cet ouvrage de synthèse sur l’histoire nationale du Burkina Faso n’a pas été un long fleuve tranquille. Qu’à cela ne tienne ! L’intérêt de l’œuvre réside dans une compilation réussie de thématiques diverses. Une vision holistique qui a conduit à produire un tout supérieur à une sommation mécanique des parties. C’est pourquoi, même si certains éléments peuvent avoir été lus ailleurs de la part des mêmes auteurs, les versions présentées dans le document commun, confirment l’empreinte des spécialistes du domaine. L’historien Samuel Salo ouvre le bal avec l’histoire des Moose et la douleur de la conquête coloniale. Il écrit à juste titre que « l’histoire des Moose du Burkina Faso ne s’achève pas avec la conquête française et la signature du traité franco-moaga du 20 janvier 1897 car avec la colonisation, il ya superposition de deux niveau de pouvoir.  » Et la vie continue. Après les royaumes et chefferies, les questions de frontières, les institutions de la république, l’expression du christianisme et de l’islam au Burkina Faso, sont évoqués avec une précision améliorée grâce à la multiplicité de sources nouvelles. La connaissance de l’histoire des populations ne pourrait-elle pas contribuer à améliorer les conditions d’un mieux-vivre ensemble ? À lire les récits de la mise en place des populations on est enchanté par l’étendu des connexions entre les pays et les hommes. Morceaux choisis sous la plume de Foniyama Elise Ilboudo-Thiombiano : «  Le point de rencontre des « Mossi-Gourma » serait, d’après Boubé Gado, le système de sites Karey-Gorou et les tumuli. Il cite la tradition orale et l’écrit de Uld Awda qui affirment que l’axe Kareygorou-Dondikwarey est la ligne de rencontre des mossis et des Gurma.  » L’auteur montre comment certaines sources font venir ces population Gulmanceba du Tchad en passant par le Niger avant leur entrée au Gulmu. «  Ces anciens occupants du Burkina Faso  » selon le Pr Jean-Baptiste Kiethéga ont des cousins aussi bien au Togo qu’au Benin voisin. Brassage des populations, bravoure des hommes et cohésion sociale, si l’histoire des populations burkinabè a des aspects heureux, il convient de reconnaitre que la «  férule humiliante  » utilisée contre les africains, a souvent été fournie par d’autres africains contres leur propres frères. Il n y a pas que les populations gurunsi qui ont vu d’un bon œil l’arrivée du colonisateur français venu les sortir des griffes de la barbarie zaberma, les peuls du Nord en ont fait autant. Lisez Hamidou Diallo ! «  En définitive, les expéditions touaregs au cours desquelles la rapidité et la surprise étaient utilisées poussèrent e n partie les chefs peuls à réserver un bon accueil au colonisateur français à partir de 1895.  » Vérité historique. Au-delà des illustrations qui sont mieux traitées dans ce livre que ce qui nous a souvent été donné de voir dans les publications nationales, on regrettera néanmoins que la préface n’ait pas été signée ; même si cela n’enlève rien à la qualité d’ensemble de l’ouvrage. Toute une autre histoire certainement. A bon entendeur…bonne lecture !

Ludovic O KIBORA


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