Basketball : Ca fait désordre !

Publié le jeudi 3 mars 2016

Le basket Ball va mal. Le malaise est profond et cyclique. Ce deuxième mandat du président Baky n’a pas été du tout repos. On en est arrivé à oublier la raison pour laquelle la fédération existe. Le championnat ne se joue plus jusqu’à son terme. Autant dire que la discipline se meurt !

Le basketball est encore en crise ! Le championnat 2015 n’a pas encore rendu son verdict. Alors qu’au niveau de toutes les autres fédérations sœurs, la nouvelle saison est déjà lancée. Le monde de basket lui passe le clair de son de son temps à s’entre-déchirer. Tout cale sur «  le comment jouer  » le championnat ! En effet, en 2012, la Fédération dans la fièvre de la qualification historique du Burkina à la phase finale de l’Afrobasket (la Can du basket) décide de voir désormais les choses en grand. Le championnat, décide-t-on, va se jouer selon la formule de phase aller et retour ou toutes les équipes se déplacent chaque week-end. Il s’agissait de multiplier les rencontres. Noble décision. Mais comment financer les voyages qui passent de 1 l’an à 10 pour chaque équipe ? La fédération promet une participation à l’effort financier. Mais les clubs de Bobo-Dioulasso jugeant la subvention proposée en deçà des dépenses rentrent en rébellion. L’année est sacrifiée. Pas de basket. L’année qui va suivre, la fédération, face au blocage accepte un rétropédalage. On parvient à la faire la paix avec Bobo-Dioulasso. En 2013, le championnat va enfin se jouer. La formule de jeu est simplifiée. Le basketball au Faso étant bipolaire, à Bobo et à Ouaga, chaque ville joue et la désignation du champion de la saison se fait à l’issue d’une finale. Tout allait bien, la calme ayant été retrouvé. Mais l’année suivante, le conseil de gestion décide encore de s’inventer une crise. Pour la saison 2014-2015, on opte pour la formule de phase finale à 4 ! C’est le fameux «  top huit  » ! Les six clubs de Bobo-Dioulasso et les 8 de Ouagadougou constituent deux poules qui vont jouer entre eux et choisir les 4 meilleures pour la phase finale. Les huit meilleures ainsi dégagés vont désormais constituer les équipes de D1. Les autres animeront la D2. Une formule qui allait désormais instaurer une possibilité de monter en D1 ou d’en descendre selon les performances du club dans une saison donnée. Une fois lancée, la formule n’ira pas jusqu’à terme. D’abord la faute à pas de chance car les phases finales devaient avoir lieu quand les première heures de l’insurrection sont intervenues. A ce niveau, il sied tout de même de dire que la Fédé a eu le tort de lancer son championnat en retard. C’était en mai. Déjà, si l’on sait que les principaux animateurs du basketball se recrutent dans les milieux scolaires le mois de mai correspond à la fin des classes donc aux vacances et à la période des examens. Ne pas en tenir compte est une faute lourde. Et un championnat lancé bien avant aurait eu sa conclusion avant l’insurrection. Mais passons ! Après l’insurrection, le président Joachim Baky convie son monde pour trouver une solution visant à sauver l’année sportive. La Ligue du centre convié à la réunion devant aboutir à la solution n’a pas jugé utile de faire le déplacement. Son président Mahamoudou Zoungrana alias Banère et le patron national du basket sont en guerre. C’est peu de le dire. Les deux hommes ne se saluent plus, ils ne se parlent plus. Or, c’est Banère qui a été le faiseur de roi dans l’arrivée du président Baki à la tête de la fédération. Comment les alliés ont pu balancer en opposants ? Au niveau fédéral, on reproche à Banère une certaine tendance à présenter des factures salées des activités du championnat qu’il organise. De son côté, le président de la Ligue du centre s’en prend à la Fédération qui serait mauvais payeur. Une certitude, le président Joachim Baki, patron d’une agence de communication et promoteur d’une radio FM présente curieusement un déficit de communication dans sa gestion de la fédé. La preuve, son approche pour trouver une solution qui permettrait de finir le championnat. En effet, en refusant de venir à la rencontre, la Ligue du centre disposait déjà de l’information selon laquelle les clubs de Bobo-Dioulasso auraient passé un deal avec le président allant du sens de la modification de la formule moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes. Ainsi en lieu et place du top huit, il y aura une phase finale à 4. Les 4 exclus obtiendront un dédommagement. A ce niveau aussi qu’il faut rechercher les raisons du divorces entre Banère et son président. Le premier estime que le second, dans sa volonté de pacifier ses relations avec Bobo-Dioulasso et ses clubs n’a plus d’yeux que pour cette ville au détriment de Ouaga. Absente donc de la rencontre qui devait prendre la décision, la Ligue du centre rentre à son tour en rébellion et refuse de suivre la Fédé dans sa formule modifiée. Face au blocage, le prési Joachim Baki et son équipe font machine en arrière toute. La formule du top huit est remise en selle.
Mais il faut jouer le championnat 2015. Alors qu’on est déjà à la moitié de la nouvelle saison. Comment rattraper le retard ? Comment éviter encore une crise ? Surtout que manifestement les acteurs ne regardent plus dans la même direction. Le ministère des Sports doit mettre de l’ordre dans cette fédé ou tout va dans tous les sens. L’avenir de la discipline en dépend.

J J Traoré


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