Les officines terroristes dans le Sahel

Publié le jeudi 18 février 2016

Elles avaient pour nationalités Malienne, Nigérienne, Algérienne. Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence, les organisations terroristes n’ont pas de nationalité. Elles frappent là où c’est possible. Le Burkina qui était l’exception sahélienne est entré depuis 2014 dans la ligne de mire des djihadistes. Mais qui sont-ils ces « croisés de l’Islam  » qui sèment la mort et la désolation dans notre sous-région ?

Le groupe Ançar Dine (les protecteurs de la foi) fondé par Lyad Ag Ghaly est contrairement à Aqmi fondé et dirigé par des maliens. Son objectif est de faire du Mali un état islamique. Après avoir formé une unité qui s’est révélée de façade avec le MLNA, Ançar Dine s’est par la suite rendu maître du Nord Mali en imposant sa suprématie sur le MLNA son allié d’hier et en siphonnant même ses combattants. Sa principale divergence avec le MLNA porte sur la question de l’intégrité du Mali : «  Nous ne voulons pas une République indépendante à part, mais une république islamique  » a déclaré Lyad ag Ghali. Pendant dix mois (entre 2012 et 2013) il a régné sur le Nord Mali avant d’être réduit par l’opération Serval. Après une période de passage à vide, Ançar Dine connaît aujourd’hui un regain d’activisme au Mali où il procède à l’installation de nombreuses Katibas, notamment dans les régions de Tombouctou et de Mopti ainsi que dans l’extrême sud du Mali, près de la frontière ivoirienne. Ses activités s’étendent jusqu’au Burkina comme en témoigne l’enlèvement le 15 janvier dernier du couple d’australiens à Djibo.
En janvier 2015 est apparu un groupe djihadiste très proche d’Ançar Dine, le Front de libération du Macina dirigé par Hamadoun Koufa. Un de ces hauts faits d’arme est l’attaque de l’hôtel Byblos à Sévaré ayant entraîné 13 morts. On lui attribue nombre d’actions au Mali notamment dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti. L’assassinat de l’imam El Hadj Sékou Ba lui est également imputé. Au Burkina, c’est également vers lui que les yeux se tournent en ce qui concerne l’attaque de Samorougouan, bien que celle-ci n’ait pas été formellement revendiquée. Le groupe le plus tristement célèbre est celui de l’algérien Belmoktar, connu pour ses rapts et trafics en tous genres. C’est lui qui a co-signé avec Aqmi l’attaque sanglante de Ouagadougou. Fondateur du groupe Al Mourabitounes, il est à l’origine de l’attaque de Bamako au restaurant la Terrasse qui a fait 5 morts, puis récemment celle qui a visé l’hôtel Le Radisson Blue dont le bilan est de 22 morts. L’action la plus spectaculaire menée par son groupe est l’attaque en janvier 2013 du complexe gazier d’In Amenas en Algérie où 800 employés sont pris en otage par 32 ravisseurs. 29 d’entre eux sont tués. 40 otages y perdront également la vie. Belmoktar a co-fondé Al Mourabitoune avec le MUJAO. Mais l’entente n’est pas allée jusqu’à la fusion. Le Mujao garde son autonomie d’actions, même si il peut exécuter des commandes de Al Mourabitoune. Selon certains observateurs, les trois groupes que sont Aqmi, Mourabitounes, Mujao auraient entamé un processus d’unification.

Boko Haram également à nos portes
Fondée au Nigéria, la secte Boko Haram se singularise par son extrême cruauté. Attaques d’églises, de mosquées, enlèvements de jeunes filles, incendies de villages entiers, assassinats de villageois. Elle écume les villes et villages du Nigéria, du Cameroun et plus récemment du Tchad et du Niger. Elle tente actuellement des rapprochements avec les djihadistes maliens. Certaines sources font état de cellules dormantes de Boko Haram au Burkina. Les attaques de Ouagadougou, de Tin InaBao et de Djibo montrent que les mouvements djihadistes gagnent du terrain, particulièrement en Afrique de l’Ouest à partir de leurs bastions que sont le Mali et le Nigéria. Cela oblige les peuples à revoir leurs habitudes et particulièrement leur mode de vie s’ils veulent vaincre ce fléau d’un genre nouveau qu’est le terrorisme islamiste.

GBN


Commenter l'article (0)