Ministère des Sports : L’impact du colonel Kabré

Publié le mercredi 10 février 2016

Le monde du sport national attend tout comme le tout Burkina d’ailleurs, le nom de celui qui va présider à la destinée de la maison sport. Les supputations vont bon train. Au lendemain de la victoire du MPP de Roch Marc Christian Kaboré, un nom revenait sur toutes les lèvres. Celui de l’ancien président de l’ASFA-Y, Armand Béouindé. C’est vrai que l’homme fait partie du pré-carré du président élu. Et puis, pour avoir évolué de longues années dans le milieu du sport, il connait la situation. Pour avoir été dirigeant du handball et puis du foot, il apparaissait comme celui qui pourrait équilibrer le rapport de force entre le sport-roi et les autres disciplines dites mineures. Mais vite la carte Béouindé sera fortement mise, selon nos indiscrétions en concurrence par d’autres pistes. En effet au nom de l’équilibre recherché dans la composition du gouvernement, la distribution des portes feuilles ministériels notamment l’attribution du poste de ministre des sports aurait connu plusieurs évolutions. Entre temps, il aurait été question de confier ce poste aux partis de la majorité présidentielle. Ainsi donc, le ministre des sports allait sortir des rangs autres que ceux du MPP. Cette situation allait rappeler la configuration du gouvernement d’union nationale sous le président déchu, Blaise Compaoré où le ministre des Sports avait été attribué à l’aile modérée de l’opposition, faisant ainsi de Toundoun Sessouma, ministre en charge des questions sportives. A la clé, le sport a connu une situation de délaissement. En effet, tous savent que le budget du ministère des Sports et des loisirs ne suffit pas pour faire face aux seuls besoins de la fédération burkinabè de foot. Un seul match des Etalons, joué au stade du 4 Août coûte au bas mot 70 millions de F CFA. En déplacement, les Etalons football coutent entre 150 et 200 millions selon le lieu de match. Or, le budget du ministère des Sports est de 750 millions de F CFA. Un calcul rapide indique qu’en 5 sorties des Etalons, le compte trésor du ministère est vidé. Où trouver l’argent pour les 24 autres fédérations sportives de la place ? Cette question nous renvoie au choix du ministre. Le sport a besoin d’un patron qui a ses entrées à la présidence, au premier ministère et qui peut ouvrir des portes pour des financements complémentaires. Toundoun qui était un représentant du PAI au sein du gouvernement n’ayant aucune connivence avec le président Compaoré était incapable de trouver des solutions aux nombreux besoins de financements du sport à l’époque. Du reste le sport était devenu l’otage des calculs politiciens. Car le CDP voyait d’un mauvais œil la réussite du PAI à ce poste. Donc, il ne fallait pas aider le ministre Toundoun Sessouma a réussir. C’est en cela que l’idée entre temps grande de donner le sport à « un mouvancier » n’était pas heureuse. Fort heureusement, des voix se sont élevées, au sein du parti de Roch C Kaboré pour opposer un refus de laisser un porte feuille ministériel aussi sensible entre les mains « de partis accompagnateurs  ». Le secteur du sport a été classé trop stratégique pour échapper au parti grand vainqueur de l’élection. Nous revoilà à la case de départ. Et puis il y a l’armée. Le sport, dans la majorité des cas semble être taillé sur mesure pour les militaires. Evidemment que suivant une approche géopolitique de la répartition du gâteau gouvernement, un poste devra revenir à l’armée. Il est vrai que de plus en plus, des voix s’élèvent pour réclamer un ministre des sports «  civil  ». On veut goûter à autre chose. Mais le bilan du ministre sortant tempère cette volonté de changement. En effet, en 13 mois, le ministre David Kabré est parvenu, dans un contexte assez particulier à impacter positivement le sport. Son bilan parle pour lui. Il a mis fin à la galère des fédérations sportives en leur trouvant un siège. Désormais, les Fédé SDF, c’est fini ! Il a pu augmenter l’enveloppe allouée aux activités des différentes fédérations. Sous son mandat, l’Etat n’abandonne plus une fédération à elle-même lors d’une mission à l’étranger pour défendre les couleurs nationales. En cas de participation du Burkina a une compétition internationale, un représentant de l’Etat est là. L’activité peut n’avoir pas été retenue dans le programme des compétitions financées par l’Etat dans ce cas, la fédération trouve elle-même les moyens pour y participer. Et comme les moyens ne proviennent pas de l’Etat, les Fédé, dans ce cas partaient sans un délégué du ministère. Le ministre Kabré a changé la donne. L’Etat accompagne toutes les missions sportives.
En plus de désigner un délégué et le pris en charge par le ministère, des efforts sont déployés pour accompagner financièrement les fédé dans ce cas. Les agents du ministère des sports sont les premiers à regretter le départ de celui qui a été leur patron durant le temps de la Transition. Nombre d’agents ont été associés à des missions. Certains voyageaient dans ce cadre pour la première fois. Dans l’ensemble, on dira que le colonel David Kabré a réussi sa mission à la tête du département du sport. Et comme dans le milieu on se plait à le dire, on ne change pas une équipe qui gagne. D’aucuns souhaitaient une prolongation du contrat du ministre Kabré. A ce sujet, il ne faut jamais dire jamais. Car on murmure que dans le prochain gouvernement deux places reviendront à des hommes issus du gouvernement de Transition. Si c’est vrai pourquoi pas le sport ?

J J Traoré


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