Les problèmes de nos PM

Publié le mercredi 10 février 2016

La tradition de la technicité est maintenue. Depuis le début des PAS au tournant des 1990, les gouvernements DE LA ZONE UEMOA sont dirigés par les economistes de la Bceao ou de la BM. 1. La tradition de la technicité est maintenue. Depuis le début des PAS au tournant des 1990, les gouvernements DE LA ZONE UEMOA sont dirigés par les economistes de la Bceao ou de la BM. 
Maintenant que le nouveau premier ministre est connu, on réalise des vérités qui passent difficilement. Il se profile de façon claire qu’il n’y a pas de prime à la lutte engagée. Les combattants du changement sont considérés quand vient le moment des choix, comme inaptes à administrer la destinée de leurs concitoyens. La chose est apparemment dans le consensus, puisque en lisant les internautes et notamment les réseaux sociaux où règne la gente insurgée, il y a peu pour ne pas dire aucune remarque sur cette question. De façon générale, les intervenants se satisfont de cette «  importation de compétence hors de nos arcanes militantes  ». A ce rythme, ce sera une prime aux désintérêts pour la lutte. Car il apparaît que pour mieux être utile à la lutte il faut ne pas y être mêlé. Parmi les noms qui ont circulé, en dehors de Clément Sawadogo et dans une moindre mesure Bissiri Sirima, aucun n’est vraiment connu du microcosme des «  lutteurs  ». Il se dessine donc un partage des rôles. Les lutteurs luttent pour les changements et meurent en martyr. Les prudents se mettent de côté, musclent leur cv et quand la lutte est finie, viennent diriger le pays. Ce n’est pas loin de corroborer un autre phénomène qui s’installe. Les enfants des nantis vont à l’extérieur dans les meilleures écoles et reviennent prendre les meilleurs boulots à la barbe des « tenga  ».

« La faute aussi aux imprécisions de nos constitutions qui ne donnent pas toute l’ampleur politique à la fonction de premier ministre qui dès lors est politiquement « irresponsable »

Un second aspect qui se confirme, le maintien de la tradition des économistes comme de putatifs chefs de gouvernement. Avec Kaba Thiéba la tradition est maintenue. Depuis le début des PAS au tournant des années 1990, les gouvernements DE LA ZONE UEMOA sont dirigés par les économistes de la BCEAO ou de la BM. Des gouvernements de gestion plutôt que des gouvernements politiques, tel semble être les options qui se maintiennent, même si les institutions de Brettons Wood elles, révisent leur certitude sur cette question «  du tout économique  ». Mais les évolutions sont lentes sur le continent des noirs. L’économie est un instrument. Il ne peut pas être une finalité.
Tertio la fonction de premier ministre s’apparente dès lors à celle d’un « super ministre de l’économie et des Finances « . Les pendants politiques de la fonction restant dévolus au président qui est en vérité le vrai « Chef de Gouvernement ».
La faute aussi aux imprécisions de nos constitutions qui ne donnent pas toute l’ampleur politique à la fonction de premier ministre qui dès lors est politiquement « irresponsable ». Parce-que ne devrait être à ce poste qu’un politique qui a un mandat. Donc quelqu’un qui est connu, qui a un projet ou qui participe d’un projet pour lequel on l’a entendu et connu. Comme dit la sagesse africaine « c’est la parole de l’homme qui le lie ».
M. Kaba arrive donc comme un OVNI, inconnu par la majorité des Burkinabe.
Il apparaît donc comme un « hyper technocrate », comme le montre son CV, des questions de Finances et d’économie. Or la vie des nations n’est pas que « technocratique  ». Cette question devrait relever des institutions dédiées.
La gestion des nations devant rester totalement politique. Il n’y a pas d’exemple dans le monde qui prouve le contraire. Dans le cas d’espèce, on peut imaginer que le rôle politique sera pleinement joué par le président lui-même. Son premier ministre va jouer le rôle de coordonnateur de l’équipe et de la politique. Bonne chance à M. KABA.

Par Newton Ahmed Barry


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