Etalons : Le hara-kiri d’un coach viré !

Publié le mercredi 3 février 2016

Exit Gernot ! Le technicien franco-allemand a été viré. La FBF a décidé d’offrir un cadeau de nouvel an au public sportif. Elle a mis fin aux balbutiements du staff technique des Etalons. Les contre-performances des Etalons, le risque tous les jours grandissant de voir le onze national perdre son esprit de gagne, la mauvaise gestion des vestiaires ont eu raison de l’entraîneur national. Mais un vrai faux débat s’est invité dans l’affaire. Gernot semble dire avoir pris l’initiative du départ…ce qui ne l’arrange pas.

Gernot l’a annoncé de lui-même sur sa page facebook. Dès janvier prochain, il descend du bus Etalons. Fini son aventure (le mot prend tout son sens ici) à la tête des Etalons. Pour le technicien, l’initiative de la séparation vient de lui-même. Il aurait une nouvelle mission en Allemagne et serait parti voir ailleurs. On sait qu’ils sont peu à accepter que leur renvoi soit affiché aux yeux du monde. Pour une question de réputation les entraîneurs emportés par leurs résultats négatifs préfèrent toujours négocier un maquillage de leur départ anticipé. Gernot n’a même pas tenu la moitié du temps de son contrat. Il avait signé pour 2 ans. 10 mois seulement après, il doit partir. Evidemment sa réputation en prend un grand coup. C’est une grosse tache noire sur son curriculum vitae. Voyant cela, Gernot Rhor avait négocié depuis fin novembre que son renvoi ne soit rendu public qu’en janvier. Du reste, au nom de la clause de préavis d’un mois, la décision de la prise il y a un mois ne prenait pas effet immédiat. En effet, l’entraîneur au regard de son emprise peu à peu convainquant sur son groupe avait été sommé par son employeur à fournir une lettre d’explication. Selon nos sources, cette lettre arrivée sur le bureau du président de la Fédération n’a pas convaincu plus d’un membre fédéral. Ainsi, il a été décidé de se passer des services du coach Gernot. Quand cette décision a été signifiée à l’entraîneur, il aurait tenté d’abord de dissuader son employeur. Mais n’ayant pas eu gain de cause, il a demandé que la FBF n’en dise pas mot jusqu’en janvier. Mais voilà que lui-même il devance l’iguane dans l’eau. Il a voulu donner l’impression de partir de lui-même pour des cieux meilleurs. Mais Gernot sait-il seulement qu’il a scié, par ce communiqué la branche sur laquelle il comptait s’accrocher ? En effet, son renvoi est une rupture de contrat. Et comme on le sait en de pareilles circonstances il y a des conséquences. Elles sont ici d’ordre pécuniaires. Et comme le dit la loi, la séparation est au dépend de celui qui en prend l’initiative. Si l’arrêt de la collaboration entre Gernot et FBF vient du coach, alors le Burkina n’a aucune bonne raison de payer. Bien au contraire, c’est Gernot qui devrait dédommager le Burkina Faso pour nous avoir laissé avant la fin de l’échéance du contrat. Le Franco-allemand a cru être malin. Il a voulu conserver intacte sa réputation (si réputation il y a encore). Eh bien, il risque de perdre gros. Qu’on ne l’entende pas venir demander un quelconque paiement de droits de départ anticipé.

Qui pour remplacer Gernot ?
Les Etalons bien que dans une forme très incertaine sont toujours en course dans la double compétition. Dès le mois de mars, ils reprennent la compétition. Il y a urgence de trouver un entraîneur. Son profil type ? Pour nous, il faut un technicien qui connait le football burkinabè. Ne disposant pas de temps pour découvrir, s’approprier et s’imposer sur son futur, ce nouveau technicien doit être déjà au parfum du fonctionnement du foot national. Il n’aura pas un temps de répit. Il doit arriver avec déjà un remède pour le malade Etalons. Forcément, il doit connaitre le contexte, les hommes. C’est en cela que le retour de Duarté qui se murmure dans certains cercles nous parait une brillante solution. C’est lui qui a construit de ses mains expertes le groupe actuel. Il a révolutionné le foot national. En instaurant une excellente organisation autour des Etalons, il a mis les joueurs en valeur. C’est Duarté qui a imposé de nouvelles conditions de travail (la mise au vert à Joly Hôtel, un nouveau bus pour le transport, les entrainements sur la belle pelouse du stade du 4 Août) au profit du onze national. Sous Duarté, le travail autour de l’équipe était réparti. Et chaque tâche était confiée à un homme qui en était responsable et répondait en cas de manquement. On lui doit, en somme la gestion professionnelle d’un groupe. Mais Duarté savait aussi mettre en confiance ses joueurs. Il sait reconditionner un joueur. Et nous sommes dans un contexte où le manque de confiance habite certains Etalons. Qui plus que lui pour reprendre donc en main ces Etalons ? On se souvient que quand Duarté, suite à son départ du Burkina s’était retrouvé au Gabon avec les Panthères, il a été battu par le groupe qu’il a aidé à monter. Alors il avait déclaré avoir créé un monstre-Etalons qui l’a « bouffé ». Le monstre est en train de perdre son identité. Un retour de Duarté pourrait relancer les Etalons, redonner au monstre son esprit. Evidemment, il faut encadrer ce retour. Car le premier passage de Duarté n’a pas été que du succès. Duarté doit savoir qu’il n’aura d’interlocuteur que la FBF. Car on est mémoratif qu’il avait entretenu des relations exécrables avec la FBF préférant s’adresser directement au ministère de tutelle. Cette situation n’était pas du goût de la FBF qui a œuvré pour avoir sa tête. Un prochain retour de Duarté ne doit pas se faire sans que cette question de la hiérarchie directe ne soit réglée. Enfin, pour un retour effectif de Duarté, il faut espérer qu’il soit libre d’engagement. Aux dernières nouvelles, Duarté se trouvait en poste en Tunisie. Peut-il être immédiatement disponible ? Tout ne dépend pas du Burkina. Mais une chose est sûre, Duarté a commencé un travail. Il rêvait d’une finale de CAN et d’une qualification à la Coupe du monde pour le Burkina. A son arrivée, quand il en parlait, on l’a pris pour un fou. Mais l’évolution récente du foot national a prouvé qu’il avait raison. Le Burkina veut encore rêver !

J J Traoré


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