Le CDP à L’Evénement : « Les contradictions nous font progresser », dixit Jean Léonard Compaoré

Publié le mercredi 16 mai 2012

 

« Une visite de courtoisie à tous ceux qui sont dans le cadre de la formulation des opinions. » C’est en ces termes que le secrétaire chargé des grandes consultations nationales, Jean Léonard Compaoré (JLC), a campé la visite de la délégation du CDP à L’Evénement. La délégation que dirigeait JLC était composée de trois membres. D’entrée de jeu, le chef de délégation a dit être venu au nom de la nouvelle équipe aux rênes du CDP pour s’enquérir des conditions de travail du Journal. Cette initiative a été saluée par le directeur de publication, Germain Bitiou Nama, qui a voulu y voir une nouvelle approche dans la mesure où cette visite se situe au lendemain du congrès. On le sait, le CDP n’a pas toujours entretenu de bons rapports avec les journaux, lesquels ont toujours eu du mal à accéder aux sources d’information du parti. Jean Léonard Compaoré a pour sa part salué le « travail noble, difficile et délicat » que nous effectuons et malgré les « écrits souvent dérangeants ». M. Compaoré est plutôt positif : « ce sont les contradictions qui nous font progresser. C’est l’ouverture dans notre pays qui peut nous faire avancer ». L’occasion était belle pour les journalistes de la rédaction de s’informer plus amplement sur la question des quotas, les renouvellements des structures, la place des jeunes dans le parti etc… Les femmes et les jeunes ne sont-ils pas un alibi dans la mesure où ils n’occupent que des postes d’adjoints au sein du secrétariat exécutif ? « Un adjoint n’est pas quelqu’un qu’on a mis entre parenthèse », lance Jean Léonard Compaoré comme une boutade. Tout le monde travaille en responsabilité au sein de l’exécutif du CDP. Mais ajoute-t-il, la promotion de la femme et des jeunes doit se faire à tous les niveaux de la société. « Les partis politiques encore moins le pouvoir en place ne peuvent pas le faire à eux-seuls », a-t-il martelé. Qu’en est-il des renouvellements au sein des structures du parti à Ouagadougou qui suscitent des grincements de dents ? « Le problème au Burkina Faso, estime M. Compaoré, c’est que les gens, lorsqu’on leur confie des responsabilités, ils évaluent d’abord les avantages de cette tâche avant toute chose. Conséquence, des problèmes à la fin » Une attitude qui justifiait, selon lui, le nomadisme (aujourd’hui interdit) au sein des partis politiques. Comment garantir des élections libres et transparentes au niveau du CDP : « La transparence commence par les inscriptions sur les listes électorales ». En d’autres termes, il faut motiver ses militants à aller s’inscrire sur les listes tout en leur expliquant le processus de la biométrie et surtout le mode de vote pour ces élections qui sont couplées. Actualité oblige, le chef de la délégation a été invité à s’exprimer sur l’interview d’Arsène Bongnessan Yé accordée à RFI le 30 avril dernier sur les reformes politiques, notamment l’article limitant le mandat présidentiel. « L’article 37, ce n’est pas ma préoccupation ». Mais « limiter mécaniquement le mandat présidentiel peut un jour créer des problèmes ». L’alternance est un processus, il faut donc la mettre dans les mentalités, affirme Léonard Compaoré n

 

 Basidou Kinda


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