Et si Ouali avait raison ! : « Sauf à vouloir entrer dans l’histoire à reculons, la place de l’UPC est et demeure aux côtés du MPP », dixit Louis Armand Ouali, 2ème Vice- Président de l’UPC

Publié le mercredi 3 février 2016

C’est l’histoire qui façonne l’architecture politique des pays. La gauche et la droite ne sont pas parus ex nihilo. C’est une configuration née des positions et des postures d’un moment de l’histoire.

Si on considère que l’insurrection des 30 et 31 octobre constitue une période charnière de l’histoire de notre pays, alors on est obligé de construire une vie politique dynamique à partir des blocs qui se sont affrontés pour donner naissance au temps présent que l’idéal national considère comme représentatif de son aspiration profonde. C’est ce que nous avions nous même écrit sur cette page (Lire sans-detour.blog4ever.com)
Les Burkinabè se sont exprimés dans ce sens. Ils ont donné les moyens politiques à l’ex CFOP de gouverner ensemble. Ils ont décidé que le CDP et ses partis alliés animent l’opposition. Et le peuple a pris deux décisions importantes.
Il a rétabli le CDP dans sa légitimité politique et lui a donné les moyens de le défendre. Ne pas reconnaître ça c’est s’enfermer dans des chimères.
Ensuite il a entériné politiquement les deux blocs qui ont été à la base de l’avènement du renouveau actuel. Ce qui choque certains c’est qu’on a fait l’insurrection pour que le pouvoir revienne in fine à une branche de l’ancien système. C’est vrai, mais cette analyse oublie deux choses.
Primo : la transition qui préfigurait le renouveau a totalement désillusionné les Burkinabè par la praxis du pouvoir. Des gloutons totalement motivés par « eux d’abord « promotion mirobolante, cupidité sans nom. La fin de la transition a été étourdissante en ce sens. Les transitionnaires ne veulent rien laisser qu’ils ne peuvent emporter. On n’avait jamais vu auparavant une telle gloutonnerie. C’est pourquoi la transition politique a des vertus. Elles montrent qu’en matière de rapport avec le bien public il y a très peu de vertueux.
Deuxio : en rapport avec la déception occasionnée par les transitionnaires les Burkinabè se sont sans doute souvenus que le trio RSS a eu la gouvernance la moins compromise. Roch, mis à part Kadré Désiré Ouédraogo, a eu un passage le moins compromis comme premier ministre. Comme président de l’assemblée nationale il a fait montre de sobriété et de lucidité.
Salif Diallo a marqué le monde paysan par son volontarisme. Beaucoup d’organisations paysannes lui en savent gré. Simon Compaoré, malgré l’épisode de la réfection de la mairie, a marqué positivement son passage à la tête de la commune de Ouagadougou. Le peuple au moment du choix et au regard de la pratique désastreuse de la transition a préféré ceux qu’il a déjà vu à l’oeuvre.

Quid de Zeph ?
Un grand homme incontestablement. Il a eu un passage exemplaire à la tête du département des finances. Nous avions rappelé dans L’Evénement que lorsqu’il a été nommé ministre des Finances ses services lui ont apporté près de 15 millions comme étant sa part dans les gratifications qu’on donnait régulièrement au ministre des Finances. Il avait refusé de prendre et avait ordonné de verser cette somme à une organisation caritative à Ouahigouya. Mais ça fait longtemps et personne ne s’en souvient. Et puis les communicants de l’UPC n’ont pas compris tout l’intérêt de le valoriser. Mais fondamentalement il faut écouter les Burkinabè. Sinon les insurgés, les vrais, vont se perdre en vaines querelles et vont échouer. L’échec du MPP ne profitera pas à l’UPC.
Par contre dans un mouvement construit de façon tactique, le prochain président du Faso est incontestablement Zeph.

NAB


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