Présidentielle 2015 : Un cas d’école pour les pays africains !

Publié le mercredi 10 février 2016

La mission d’observation de l’union européenne a tiré les conclusions préliminaires de l’élection présidentielle et législative au Burkina Faso ce mardi 1er décembre 2015 à Ouagadougou. Pour les observateurs, après avoir repris leur destin en main, les Burkinabè ont confirmé leur attachement aux valeurs démocratiques universelles.

«  Les élections présidentielle et législatives se sont déroulées dans le calme et la sérénité et les électeurs ont pu exercer librement leur choix ». C’est le constat dressé par la mission d’observation de l’Union européenne dépêchée pour les élections au Burkina Faso. Avec 124 observateurs, l’union européenne a suivi les opérations d’ouverture de vote, de clôture et de dépouillement des résultats dans 571 bureaux de vote sur l’ensemble des 13 régions du Burkina Faso dont 44 provinces observées sur les 45. Sur la base des constats d’observation l’Union européenne tire la conclusion que le double scrutin s’est déroulé dans le calme et la sérénité Cécile Kashetu Kyenge, chef observateur de la mission de l’Union européenne se dit admirative de l’engagement des citoyennes et des citoyens burkinabè : « le Burkina Faso constitue un exemple et un espoir pour les pays voisins, la région et même l’ensemble du continent africain  ». La mission a donc tenu à féliciter la Commission Electorale Nationale Indépendant (CENI) pour l’organisation efficace des élections et le respect de ses objectifs ambitieux qui visaient la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle le lendemain du scrutin, tout en invitant «  le conseil constitutionnel à travailler étroitement avec la CENI dans le respect de leurs prérogatives respectives pour préserver l’intégrité des résultats provisoires ». Elle a par ailleurs encouragé la CENI à poursuivre cette dynamique pour les élections législatives et à mettre en œuvre sa décision de mettre en ligne l’ensemble des procès-verbaux des différents bureaux de vote afin de garantir une transparence optimale des scrutins. Par ailleurs, Cecile Kashetu Kyenge a apprécié les libertés d’expression, d’assemblée et de libre circulation qu’elle a jugé «  garanties pendant la campagne électorale », dans la mesure où tous les candidats ont pu battre campagne sans difficultés notables.

Quelques insuffisances notées
Si dans l’ensemble la mission d’observation salue l’organisation exemplaire des élections au Burkina, il faut noter également que des insuffisances ont également été relevées. Parmi les faiblesses organisationnelles observées, la mission a fait cas de la forte disproportion des moyens entre les candidats. Elle note également le problème lié au retard dans la réception des finances publiques qui a particulièrement pénalisé les partis de l’ex-majorité qui avaient déjà subi le gel des avoirs. Pour les observateurs de l’union européenne « l’absence d’une règlementation hors subvention publique affecte la transparence du financement des partis et de la campagne électorale ». Un vide juridique qui de leur point de vue nécessite une réforme urgente et profonde. La mission regrette également la faible représentativité des femmes sur certaines listes électorales et l’absence de représentants de certains partis dans les bureaux de vote lors du scrutin. Quant aux médias burkinabè, la mission soutient qu’ils ont contribué à informer les électeurs sur le processus électoral et le choix politique qui s’offraient à eux, sauf que plusieurs manquements aux règles édictées par le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) qui interdisent la publicité électorale ont été observés.

Wend-tin Basile SAM


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