Ce qui attend le nouveau Président du Faso

Publié le mercredi 10 février 2016

Les élections présidentielles du 29 novembre 2015 donnent le candidat du MPP, Rock Marc Christian Kaboré vainqueur. Mais le plus dur sera de gouverner le pays dans un contexte où les urgences ont nombreuses.

Les élections qui viennent de se dérouler sont d’abord une victoire des autorités de la transition, puis des burkinabè dans leur ensemble. Le Président Rock Marc Christian Kaboré qui vient d’être élu est désormais le président de tous les burkinabè. Ses premiers sentiments à chaud prononcés après la publication des résultats provisoires montrent qu’il semble avoir compris que les attentes de ses compatriotes sont immenses.

Les burkinabè ont soif de justice
Dans son rapport transmis au gouvernement le lundi 14 septembre dernier, la Commission de réconciliation nationale et des réformes a répertorié 17 cas de crimes de sang en plus des 128 crimes recensés par le Collège des Sages. L’insurrection populaire des 30 et 31 octobre a fait 34 morts et plus de 655 blessés. Le coup d’Etat du Général Gilbert Diendéré quand à lui s’est soldé par 15 morts et 270 blessés. C’est au total 191 morts et plus d’un millier de blessés qui ont endeuillé notre pays d’octobre 1987 à septembre 2015.
La vérité et la justice sur les crimes de sang ci-dessus cités doivent être la première des priorités pour le président nouvellement élu s’il veut véritablement amorcer le processus de réconciliation nationale. Sous le règne de Blaise Compaoré, de nombreux burkinabè qui avaient en charge la gestion des finances publiques ont commis des crimes économiques sans égall dans l’histoire de notre pays et ne sont pas inquiétés.
Le pouvoir de Rock Marc Christian Kaboré gagnerait, pour sa propre survie, à poursuivre et à juger les crimes de sang et les crimes économiques afin de préparer les conditions d’une véritable réconciliation nationale. A titre de prévention, le nouveau président devrait mettre en garde ses partisans qui viendraient à occuper des postes de responsabilité contre les détournements et la corruption afin qu’ils sachent que ceux d’entre eux qui seront pris la main dans le sac ne bénéficieront pas de l’impunité comme cela a été le cas sous le régime de Blaise Compaoré. Comme le disait le directeur général d’une grande société de la place qui venait de rendre visite à une de ses employées déférée à la MACO, « ce serait bien qu’à leur prise de fonction, tous les responsables qui ont en charge la gestion de la chose publique fassent un tour à la MACO afin de s’imprégner des conditions de vie dans cet établissement dans lequel ils pourraient se retrouver à la fin de leur mandat ».

Les problèmes non résolus par la transition
Parmi les problèmes non résolus par la transition, on peut retenir principalement la prise en charge totale des blessés de l’insurrection et du coup d’Etat, les crises dans les universités publiques du Burkina, la reprise des concours de la fonction publique, la situation des travailleurs des entreprises saccagées lors de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre, les dégâts matériels (motos incendiées) causés par les soldats du RSP lors du coup d’Etat du 16 septembre. Dès la passation de charge Roch Kaboré devra examiner en urgence les préoccupations pressantes des burkinabè avant la mise en œuvre de son projet de société.

Par Stanislas Bamas


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