L’histoire du Rassemblement Démocratique africain (RDa) écrite par Jean-marc Palm

Publié le samedi 3 mars 2012

L’histoire du « parti du
pachyderme » se confond avec
celle de la lutte d’indépendance
des pays francophones d’Afrique.
Les Pères de l’indépendance,
comme on les appelle communément, ont pour
la plupart fait leurs armes au sein de ce parti
qui a connu des fortunes diverses. Créé lors du
congrès de Bamako tenu du 18 au 21 octobre
1946, le RDA dont la seule évocation nous fait
penser à Modibo Keïta, Félix Houphouët
Boigny, Sékou Touré, Philippe Zinda
Kaboré…. a fêté son 65ème anniversaire au
moment où l’ouvrage que lui consacre le
chercheur Jean-Marc Palm sortait
d’imprimerie. Avant que les derniers acteurs
de cette époque pleine d’enseignements ne
quittent ce monde, Domba Jean-Marc Palm
qui est Maitre de conférence en histoire à
l’Institut des Sciences des Sociétés, a fait
oeuvre utile en publiant à la DIST/CNRST, un
ouvrage de 343 pages intitulé. « Le RDA en
Haute Volta »
. Après de longues enquêtes de
terrain, Monsieur Palm qui a enseigné pendant
longtemps sa discipline aux élèves du bien
nommé Lycée Ouezzin Coulibaly de Bobo
Dioulasso, a produit un ouvrage qui éclaire la
jeune génération sur les faits de luttes
politiques de leurs ainés en montrant qui a
réellement fait quoi et comment.
Quoi que
l’on dise, le RDA a été porteur d’espoir pour
de nombreux africains. Le préfacier
Abdoulaye Konaté, ancien responsable à la
jeunesse de ce parti, le confirme lorsqu’il
écrit : « L’ouvrage que j’ai l’honneur de
préfacer est pour moi un voyage dans le temps.
J’y redécouvre mes anciens compagnons de
lutte, nos adversaires. J’y revis ma jeunesse,
les moments d’après combats, les moments de
grande mobilisation des populations, des
discours porteurs de rêves, des discours
enflammés de mes aînés, la répression de
l’administration coloniale, les manoeuvres
politiciennes pour tuer notre mouvement. J’y
ressens notre soif pour la liberté, la justice,
l’égalité, la dignité, l’avènement d’une Afrique
libérée. »
Les Trois parties de ce livre sont assez
édifiantes en informations et en vérités
historiques. Toutefois, la troisième partie qui
fait une chronique des faits plus proches de
nous, évoquant des acteurs encore sur la
sellette, est riche d’enseignements. On y comprend que les fondateurs du RDA ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Intrigues
politiciennes avec des relents ethnicistes,
calculs de positionnement, la sauce RDA a été
de tous les plats…ou presque. L’histoire de ce
grand parti est aussi celle de la ville de Bobo
Dioulasso qui lui fournit de nombreux et
talentueux cadres qu’il serait fastidieux de
citer ici. Ce parti dont il fait encore bon de
s’auréoler de l’étiquette n’a toutefois pas
toujours agi dans le sens de « l’intérêt
supérieur du peuple ». Selon les faits
historiques relatés par le Pr Palm, des
pratiques et attitudes liberticides dont sont
friands les partis uniques qui veulent imposer
coûte que coûte, vaille que vaille, leur vision
du monde à tous. Pour savoir si le RDA a
comblé les attentes des populations, il faut
donc remonter le fil de l’histoire avec Jean-
Marc Palm. On soulignera d’un trait rouge ce
point de conclusion : « Ce qui peut être
également tiré comme leçon de l’expérience
d’un parti au pouvoir, particulièrement le cas
du RDA analysé dans le présent écrit, est
l’interpellation des différents acteurs
politiques (Partis, organisations de la société
civile) de voir dans la démocratie un système
dans lequel on bâtit durablement en songeant
à l’avenir et non au lendemain dans le respect
des règles du jeu démocratique ». (P. 310).
Ceci n’est pas valable que pour les militants
RDA passés ou présents. A bon
entendeur…bonne lecture !

Ludovic O. Kibora


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