On y est malgré tout !

Publié le mercredi 23 décembre 2015

Cette campagne électorale est finalement là ! Reportée pour les raisons que l’on connait, en septembre dernier, elle démarre (…) Enfin ! Quand on s’y prend par deux fois, avant de partir le départ n’a pas forcément le même entrain. Et puis, visiblement il n’y a pas d’argent. La subvention de l’Etat n’en sera pas finalement une. Chacun étant juste remboursé de sa caution.
Or beaucoup de candidats avaient dû s’endetter pour cette caution. Ceux-là espéraient un retour sur investissement avec un petit bonus qui aurait servi pour la campagne. Or voilà qu’ils n’auront que le capital remboursé.
En conséquence de quoi, le premier jour, celui dont le mécanisme n’a pas été vraiment affecté, c’est Roch. Désormais «  Roch Réponse !  », un slogan qui rappelle « la Solution  » du cousin, du bord de la lagune Ebrié. Mais un cousin qu’on ne peut pas (ou plus) nommer, car la fratrie est en guerre ouverte. Pour ne pas dire en guerre mortelle. Mais enfin ! Entre «  la Basse et la Haute Côte d’Ivoire  » on en a vu pire. Donc ça finira forcément par s’arranger. Après cette parenthèse revenons à ce qui nous préoccupe.
La campagne démarre au premier jour, le 8 novembre, de façon déséquilibrée. Avec le MPP, c’est comme dit son slogan «  Vroummmm !  » Plein Gaz donc, avec un stade plein «  Recto-verso  » et probablement avec «  intercalaire ». Le temps que le frère ennemi, depuis frère « honni  » réclame ses droits d’auteur. Mais comme on dit «  bon sang ne saurait mentir  ».
Puis l’UPC que l’on attendait aussi pour un démarrage en trombe, mais finalement «  en régime moyen  », puisque depuis Fada Ngourma, la place centrale de la mairie était certes pleine, mais vraiment juste pleine. Et l’amazone du Sourou était sur les terres unddéennes avec une mobilisation remarquée.

« Information prise, Saran n’est pas présente, au premier jour, victime de la beauté de ses affiches. Les préposés aux affichages du PDC veulent garder leur « amazone pour eux, tout seul, dans un coin de leur maison ».

Les autres démarrent pour l’instant de façon anecdotique. Des affiches grand format pour une bonne partie, sur les principales artères de la capitale. Sur le boulevard France Afrique, on rencontre Natama et sur «  le Tensoba  » Adama Kanazoé et Tahirou Barry en mode Houphouët, grand salut en paume ouverte. A côté, quelques affiches de l’UNIR/PS. Information prise Saran n’est pas présente, victime de la beauté de ses affiches. Les préposés aux affichages du PDC veulent garder leur «  amazone pour eux tout seul dans un coin de leur maison  ». La candidate revenue de Koudougou, avait la voix enrouée de colère le 9 novembre matin, à force de les enjoindre de sortir les affiches et de les placarder dans les rues.
Tout cela est juste un aperçu du premier jour de campagne. Les choses devraient évoluer. Il est donc possible que les retards à l’allumage puissent encore être rattrapés. Quoique les moyens financiers vont faire la différence. Dans un système où les dépenses ne sont ni plafonnés ni tracés, c’est évidemment aux grands partis que cela profite. La loi Cherif prohibe les gadgets de campagne. Mais c’est quand ils sont distribués. Il n’est pas interdit d’habiller les militants aux couleurs du parti. Or entre distribution à des fins de corruption et distribuer pour des besoins de visibilité dans le cadre d’une manifestation électorale, donc de propagande politique, la limite est très tenue.
Il est donc difficile d’appliquer la loi. Alors dans ces aspects flous laissés par la loi, il est possible de grenouiller sans être vraiment inquiété. Et dans ce cas de figure, comme c’est le cas très souvent, ce sont les grands qui tirent leur marron du feu.
Mais la campagne est là. Elle s’installe et pendant 21 jours elle devrait rythmer la vie des burkinabè. Cette fois et peut-être pour la première fois, les burkinabè devraient s’y intéresser vraiment. Il y a en tout cas beaucoup de centres d’intérêt.
Entre les politiques et leurs programmes que tout le monde réclame et que peu vont lire et les OSC qui disent tout et son contraire, il ne manquera pas d’animation pendant les 21 jours de la campagne.

Par Newton Ahmed Barry


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