Journée d’Hommage aux Martyrs : Avalanche de reproches au gouvernement

Publié le mercredi 23 décembre 2015

Les martyrs de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et de la résistance contre le putsch du 16 septembre 2015 ont reçu les hommages de la nation burkinabè le samedi 31 octobre 2015 sur toute l’étendue du territoire national. Pour l’occasion, ils ont été élevés au rang de Chevaliers de l’ordre national à titre posthume. Une stèle a été inaugurée en leur mémoire.

Les 30 et 31 octobre 2015 marquent l’an 1 de l’insurrection populaire au Burkina Faso. Une insurrection qui a vu la chute du régime Compaoré au prix de dizaines de morts et de nombreux blessés. La célébration de cet anniversaire a été marquée par une journée d’hommage à ces martyrs de l’insurrection populaire mais aussi aux martyrs tombés sous les balles du RSP lors du coup d’état manqué du Général Diendiéré. A Dédougou, Fada N’Gourma, Bobo-Dioulasso, Ouagadougou et dans bien d’autres localités, des cérémonies et meetings ont été organisés en hommage aux victimes, sous le thème de la « Consolidation de la paix et de la cohésion sociale  ». A Ouagadougou, la cérémonie a été un bis repetita du cérémonial du 30 mai dernier à la Place du Mémorial aux héros nationaux. Au parloir, les blessés de l’insurrection populaire et du coup d’état par la voix de leurs représentants ont tenu un discours accusateur et plein de reproches au gouvernement et au Conseil national de la transition sur le sort qui a été fait aux blessés depuis les événements des 30 et 31 octobre 2014. Mais la question judiciaire est restée au travers de la gorge des blessés et parents des martyrs. Aucune action judiciaire significative depuis l’insurrection. Et pour Dramane Ouédraogo, Président de l’Association des blessés de l’insurrection et du putsch, les victimes ont été « oubliés, abandonnés, négligés et ils en sont tristes  ». « Nous sommes frustrés, nous sommes déçus  », a-t-il ajouté, parce que les blessés attendaient une action concrète du gouvernement qui pendant longtemps a fait des promesses solennelles qui n’ont jamais été suivies d’action. «  Les autorités de la transition ont abandonné volontairement les victimes de l’insurrection populaire à leur triste sort. Ceux qui se sont appropriés les résultats de leur lutte les ont mis à l’écart  » a-t-il conclu. Leur souhait aujourd’hui, c’est que justice soit rendue à toutes ces victimes. Nébon Bamouni quant à lui estime que «  le bon hommage aux martyrs sera d’instaurer une gouvernance de distribution équitable des fruits de la croissance et faire en sorte que les marchés publics profitent à tout le monde, du petit commerçant au grand opérateur économique  ». Le Président Michel Kafando a rassuré les victimes que l’exécutif ne saurait les oublier et des dispositions ont été prises dans ce sens.

Wend-tin Basile SAM


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