Hommage aux martyrs du Putsch : « Justice sera rendue à nos martyrs »

Publié le samedi 14 novembre 2015

La journée d’hommage aux martyrs du coup d’Etat du 17 septembre 2015 a eu lieu ce vendredi 9 octobre 2015 à Ouagadougou. 10 des 14 victimes ont reçu les hommages de la nation avant leur inhumation au cimetière municipal de Gounghin.

La scène du meurtre d’Apollinaire Kologho s’est déroulée non loin de l’ENAREF. « Voyant des soldats de l’ex-RSP venir, l’intéressé se serait mis sur la voie pour libérer le passage bloqué par des pneus. C’est ainsi que juste après être passés, il sera remercié par des rafales de balles au dos. 4 balles au total que constatera un parent de la victime à la morgue1 ». Elles sont d’ailleurs au moins 14 (selon les chiffres officiels) personnes à avoir rencontré la mort lors du putsch avorté du Conseil National pour la démocratie (CND). Dix d’entre ces victimes reposent désormais aux côtés des premiers martyrs de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. L’inhumation des martyrs a été précédée d’une cérémonie d’hommage à la place de la Nation. Une cérémonie empreinte d’émotions qui se lisaient sur tous les visages, lorsque les dix cercueils recouverts des couleurs nationales surmontées de fleurs et de photos des victimes ont fait leur entrée à la place de la révolution. Cette cérémonie a pris forme avec les prières œcuméniques des différentes confessions religieuses et des discours. Dans leurs prières respectives, tous ont appelé les Burkinabè au pardon, à la tolérance, à l’union, à l’amour pour le prochain, à l’amitié, à la réconciliation et à la clémence. Quant aux proches des victimes, ils appellent de tous leurs cœurs la justice pour ces martyrs. « Le plus grand hommage que l’on puisse rendre à ces martyrs, est de leur rendre d’abord la justice, ensuite la justice, et enfin la justice  » a souhaité Patrice Bazié, représentant des familles des victimes du coup d’état. Une sollicitation qui vient à point nommée d’autant que le dossier des victimes de l’insurrection populaire n’a pas encore connu d’avancée notable. Au-delà des victimes du putsch, il a interpellé les autorités politiques et judiciaires à rendre également justice aux martyrs de l’insurrection populaire, à Thomas Sankara, Norbert Zongo, Justin Zongo, le Juge Salifou Nébié et à bien d’autres personnes. « Rien de ce qu’on va faire ou lire comme discours ne pourra soulager, ni les victimes, ni les parents des victimes, encore moins les ayants droit, si toutefois, il n’y a pas un bon jugement et les coupables punis à la hauteur de leurs forfaits  ». Un discours rythmé d’ovations du public qui a fait un déplacement massif à la place de la Révolution. Un appel qui du reste n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd a rassuré Issouf Ouattara ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, par ailleurs représentant du gouvernement de la Transition à cette occasion. Tout en rendant hommage aux victimes et en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés, il a déclaré que «  des actions judiciaires ont déjà été diligentées pour que les responsables du putsch et leurs complices soient traduits devant le tribunal et que chacun d’eux répondent de ses actes ». « Justice sera donc rendue à nos martyrs » a conclut Issouf Ouattara.

Wend-Tin Basile SAM

1 Extrait du bimensuel Le Reporter N°175 du 1er au 14 octobre 2015


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