Union des supporters des Etalons : Et si on s’en passait ?

Publié le vendredi 11 mai 2012

Dur, dur d’organiser le monde des supporters. Le président Yacouba Jacob Barry est parti, emporté par des rumeurs et accusations de tout genre. Le regroupement souhaité des supporters semble une montagne infranchissable. Alors, pourquoi ne pas y renoncer ?

 

On croyait la maison du supporter burkinabè pacifiée. Depuis que Mahamadi Kouanda a annoncé qu’il enterre la hache de guerre, tous les observateurs ont cru à la paix des braves. Eh bien, ils ont eu tort ! Les anciens démons sont de retour. En fait, la création de l’UNSE censée fédérer l’ensemble des supporters est loin d’avoir fait effet de la panacée tant annoncée et espérée. En fait, la structure qu’elle a portée sur les fonts baptismaux ne s’est jamais imposée. Elle s’est illustrée plutôt négativement. Déjà l’UNSE ne s’est pas installée dans des conditions de paix retrouvée et de cœurs apaisés des supporters. A l’heure du passage du train de l’évolution, on n’est pas obligé d’attendre tout le monde. Passe donc que l’UNSE n’ait pas réussi son pari de réunir tout le monde. Mais l’organisation des supporters, comme si le manque de cohésion ne suffisait pas, s’est mise à souffrir de ses choix de dirigeants. Rarement une structure n’a phagocyté autant ses premiers dirigeants. Le premier président, Soumaïla ilboudo, quoique peu ou pas instruit, avait la qualité d’être issu des sérails des supporters. Il a incarné l’espoir. Mais vite son passé d’homme infréquentable l’a rattrapé. Jean-Pierre Palm, le ministre gendarme qui avait fait de la réorganisation et l’assainissement des milieux des supporters son credo, a dû s’apercevoir qu’il a fait fausse route en misant sur cet homme. Dehors donc Ilboudo. Vive Georges Raymond Marchall ! Pour combien de temps ? Juste la durée d’un feu de paille. Lui aussi n’a pas tenu. Pour l’évincer, une révolution de palais. Son fidèle lieutenant, notre confrère Yacouba Barry censé mobiliser les voix pour lui a préféré prendre le pouvoir pour lui. Laurent Gbagbo, l’ex-président de la Côte d’Ivoire l’avait dit : « quand on t’envoie, il faut savoir s’envoyer soi-même » ! Nous sommes en 2009. Barry prend en main la structure. Son investissement est notable. L’occupation du terrain est remarquable. Le président Barry profite de son séjour au Mexique, à l’occasion de la Coupe du Monde des cadets, pour acheter, à vil prix, du matériel d’animation. Désormais, la troupe d’animation joue des instruments modernes de musique pour soutenir les Etalons. Ainsi, le président Jacob Barry que beaucoup accusaient à tort ou à raison de ne pas avoir ni la carrure, ni les moyens pour être « un bon président » s’est fait la place à coup d’initiatives appréciables. La confiance revient. L’UNSE redevient crédible. Appelé aux affaires en lieu et place du ministre Palm, le nouveau « boss » de la Maison nationale du sport, le colonel Yacouba Ouédraogo, use de ses relations privilégiées avec Kouanda resté jusqu’au-boutiste pour ramener ce dernier au sein de l’unique communauté des supporters burkinabè. C’est donc en rang serré que le douzième homme s’est fait représenté à Malabo pour pousser les Etalons vers la victoire. Mais c’est aussi à cette occasion que la porte des anciens démons va s’ouvrir pour leur retour. Barry est taxé de tous les péchés d’Israël ! Mauvaise gestion des ressources humaines, manque de transparence, déficit de communication, personnalisation de la gestion de l’UNSE et parole non tenue. Le président démissionnaire n’est peut-être pas un saint. Mais l’agitation autour de la structure nous semble plus dictée par des projets personnels que l’envie de faire mieux. Déjà à Malabo, il y a eu clash entre Kouanda et Barry pour une question d’un intérêt de bas étage. Le refus du président Barry de faire partir une protégée de Kouanda a provoqué la colère de ce dernier qui a juré sa perte.

Kouanda, son ombre a toujours plané sur l’UNSE

Et que dire de Noufou Ouédraogo ? Mécontent de son traitement dès les premiers jours, il a vite fait de baptiser la résidence qui accueillait lui et son groupe de « Golf hôtel » ! Il a fallu qu’on revoie sa condition et celle de son équipe pour que cessent les grognes. En fait, l’organisation du voyage des supporters en Guinée Equatoriale a donné droit à des largesses coupables. Barry et ses hommes ont tout acheté à Ouaga, tout comme pour s’installer dans une nouvelle maison. Réfrigérateur, congélateur, cuisinière, marmites, poste de télévision, assiettes, cuillères, plats… A l’aéroport déjà, des voix s’étaient élevées pour dénoncer ses achats. Et une fois à Malabo, on s’est aperçu que les émissaires parmi lesquels figuraient Jacob Barry ont surestimé le coût de la vie là-bas. Pour quelle fin ? Les achats réalisés à Ouaga pouvaient bien se faire surplace. Par le système de location, les supporters pouvaient disposer de tout le matériel utile à leur séjour. Car une des questions qui fâchent est de savoir que faire du matériel acquis si chèrement ? Les accusations « de deal » ont commencé dès lors. Les supporters étaient mécontents de voir que leurs homologues ivoiriens s’en sortaient bien avec la somme quotidienne qu’on leur donnait. De retour à Ouagadougou, Jacob Barry pose l’acte qui va le condamner. Voilà quelqu’un que nombre de supporters soupçonnaient d’avoir tiré un profit personnel du voyage. De retour, le président commet l’imprudence de mettre en circulation une voiture d’occasion nouvellement acquise ! Peut-être c’est une coïncidence. Mais elle est malheureuse. Dans les milieux des supporters, on a vite fait de faire un rapport entre la voiture et le déplacement de Malabo. Du coup, le sort de Barry a été scellé. La liste de ses adversaires s’est allongée. Même au sein de son bureau, des hommes qui ont brillé par leur absence dans la vie de la structure ont retrouvé un intérêt subit pour l’UNSE. Les mécontents du voyage, les frustrés du bureau, les comploteurs de tout poil, les supporters manipulés se sont mis d’accord pour avoir la peau du président. Ils l’ont eu. Barry leur en a donné l’occasion. Il est le 3e président de cette jeune structure. Voilà une structure qui, en principe devait être la tribune pour que le 12e homme s’exprime, joue sa partition. Mais apparemment, c’est l’instabilité. L’UNSE est devenue un problème, un serpent à plusieurs têtes. La gestion de leur organisation capitalise trop d’énergies.

  Marchall a été évincé par son propre collaborateur

Notre football a trop de problèmes pour qu’on s’en crée d’autres. Après les vaines et multiples tentatives pour construire une UNSE utile, il faut se poser la question de savoir si la structure a encore sa place. Les supporters peuvent se regrouper au pif et pousser leur équipe vers la victoire sans appartenir à une association. Nous sommes fatigués de parler de l’UNSE, en mal !


Premier Président, Ilboudo a fait un règne éphémère.

Par J.J. Traoré


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