Décès du réalisateur burkinabè Kouka Aimé ZONGO

Publié le vendredi 11 mai 2012

Le cinéma burkinabè de nouveau en deuil. Le réalisateur burkinabè Kouka Aimé ZONGO, KAZ pour les intimes, est décédé le mardi 17 avril 2012 et a été accompagné à sa dernière demeure à la périphérie de Ouagadougou (route de Kamboinsin) dans l’après midi du même jour par les parents, amis, professionnels et amoureux du cinéma burkinabè, fortement mobilisés. Il entrait dans sa 36ème année et laisse derrière lui une veuve et deux enfants inconsolables. Comme héritage, il lègue à la postérité une riche filmographie qui permettrait de le classer parmi les meilleures révélations du cinéma burkinabè.

C’est bien avant l’obtention de sa maitrise en sociologie à l’université de Ouagadougou en 2002, qu’il s’est investi dans le cinéma. Nous étions en 1997. D’abord comme stagiaire dans les productions d’Idrissa Ouédraogo et par la suite comme assistant réalisateur auprès des autres cinéastes burkinabè confirmés. Ainsi il fut sous l’aile de Dany Kouyaté (A nous la vie, 1999), Issa Traoré de Brahima (Siraba, 2000), Camille Mouyeké (Voyage à Ouaga), Guy Désiré Yaméogo (Le pacte, 2001), Kollo Daniel Sanou (Tassouma, 2002), Abdoulaye Dao (Quand les éléphants se battent, 2005), etc. Ce qui lui vaut d’être connu par le monde du cinéma africain.

Finalement, il a mis lui-même le pied à l’étrier en tant que réalisateur dès 2005 pour poser sa marque à travers de nombreux spots télés ainsi que des documentaires à travers sa structure ETH’NIK PRODUCTIONS. En 2009 et 2010, il signe tour à tour deux séries télévisuelles, Le garage du peuple (sélection officielle au FESPACO 2009) et Alima (sélection officielle au FESPACO 2011). Actuellement diffusée sur les chaines burkinabè, Alima raconte les déboires conjugaux d’une jeune femme, victime de fistule obstétricale, conséquence d’un mariage précoce.

KAZ était un fidèle du cinéclub le rendez-vous des cinéphiles initié par l’association des critiques de cinéma du Burkina (ASCRIC-B). Dans son désir constant de se perfectionner dans le métier du 7ème art, il était de tous les débats sur l’avenir du cinéma au Burkina et en Afrique. C’est alors qu’il était inscrit en master1 option réalisation, à l’Institut Supérieur de l’Image et du Son (ISIS) qu’il a définitivement rangé ses outils filmiques. Lui qui travaillait depuis quelques années sur l’adaptation de la nouvelle « ah ! Apolline » de l’écrivain congolais Henri Lopez (actuel ambassadeur du Congo en France) qui lui avait donné son accord pour le projet.

L’association des critiques de cinéma du Burkina (ASCRIC-B) salue la mémoire de ce jeune cinéaste. Paix à son âme !

Clément Tapsoba

Président de l’ASCRIC-B


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