Etalons : Et David tomba Goliath !

Publié le lundi 12 octobre 2015

Battus 1-0 au Botswana par les Zèbres, les Etalons ne sont plus leader de leur groupe. Même si cette contre performance n’est pas dramatique pour l’heure, elle appelle à une réaction rapide. Le diagnostic est préoccupant. La quasi-totalité des joueurs sont en manque de temps de jeu dans leurs clubs respectifs. Mais pas seulement.

Pour une surprise, la défaite des Etalons face aux Zèbres du Botswana passe pour en être une. Sans minimiser l’adversaire du Burkina en cette 2e journée des éliminatoires de la CAN 2017 il s’agissait d’un combat qui n’est pas sans rappeler celui de David et Goliath. 52e mondial selon le classement FIFA, 8 fois qualifié à la phase finale d’une CAN et vice-champion de la CAN 2013, le vécu du Burkina impressionne devant le petit poucet Botswanais, classé 118e Nation de foot et qui n’a que son unique participation à la CAN 2012 à faire prévaloir ! Mais le football ne se joue en regardant dans le rétroviseur. Les statistiques doivent être réactualisées permanemment. Et ce que les Etalons ne sont pas parvenus à faire lors du voyage au Botswana. Pourquoi David a-t-il terrassé Goliath ? Il faut le dire net, Gernot Rohr ne disposait pas de combattants compétitifs pour ce voyage. C’est vrai en ces débuts de championnat européen, les joueurs sont en rodage. Mais les nôtres le sont d’autant plus que plus de la moitié de l’effectif Etalons, concernée par le changement n’a bouclé les transferts que tardivement. Charles Kaboré, le capitaine et métronome du jeu n’a pu réaliser son départ de Kuban FC pour Krasnodar FC qu’à la dernière minute. Donc il n’a intégré son nouveau club qu’à la dernière minute. Arrivé à Krasnodar FC il sera sur la feuille de match mais n’a pu disputer de journée du championnat avant de venir en sélection. D’ailleurs blessé à la cuisse, le staff n’a pas jugé utile de l’aligner. Le brassard est donc revenu à Bakary Koné de Lyon. Lui aussi traverse une période difficile. Son transfert manqué à Fulham FC, D2 anglaise a impacté négativement son état mental. En fait son départ manqué en Angleterre s’explique par la simple raison qu’il n’était pas le 1er choix du club. Le club le voulait à défaut. Entre temps ne voyant pas venir les joueurs qu’ils désiraient, ils se sont rabattus sur la solution de rechange avec le Burkinabè. Puis après la visite médical de Baky Koné à son nouveau club, retournement de situation. Le 2e choix de l’ordre de préférence de Fulham FC réchauffe sa piste et débarque. Le Burkinabè est alors recalé. Au passage, son moral vole en mille morceaux. C’est dans ces conditions qu’il arrive en sélection. Un autre Etalon, Alain Sibiri Traoré vivra aussi les mêmes conditions. Lui aussi devait débarquer dans le nord de l’Angleterre, en D2 à Charlton. Il a même effectué le déplacement pour visiter les installations et parapher son contrat. Mais là aussi dans les ultimes secondes ça va coincer. Le coach qui voulait de Alain Traoré s’est mis tout seule en difficulté dans son club. Il a aligné de mauvais résultats. Et la signature de Alain Traoré était conditionnée par un bon résultat du match en vue. Le nul concédé par l’équipe ce jour a aussi sellé le sort de Alain Traoré et de son futur et ex-coach. L’échec du transfert du burkinabè bien qu’il soit revenu à Lorient FC l’a naturellement troublé. Mais lui aussi est arrivé en sélection au Botswana pour le match des Etalons. Djakaridja Koné lui également n’était pas mieux. Transféré dans les ultimes secondes vers le championnat turc, à Sivasport. il n’était pas prêt lui non plus physiquement. La faute au manque de compétition et à l’absence de préparation. Aristide Bancé, lui aussi n’a pas joué un seul match pendant la trêve estivale. Cela remonte à 3 mois ! Il a certes signé un contrat en Afrique du Sud au profite de Chippa United . Mais lui aussi n’a eu le point de chute que dans les dernières secondes du mercato. Bancé, depuis lors, attend son premier match de la saison. En fait, son départ en Afrique du sud n’est pas définitivement réglé. Les questions de paiement divisent les deux parties. Le contrat signé par Bancé disposait qu’un montant lui soit versé au plus tard fin juillet. Mais le club, réputé mauvais payeur n’a pas tenu promesse. Or Madi Panandtiguiri qui a devancé Bancé dans le même club a été payé en monnaie de singe après de belles promesses. Partant de l’expérience de son devancier, l’attaquant burkinabè aux cheveux roues a alors refusé de reprendre les entraînements et jouer un match. Lui aussi était loin de son niveau en venant en sélection.

Le manquement du staff technique
Avec autant de monde non compétitif, le déplacement au Botswana devenait périlleux. Il est vrai que cette entre deux saisons sportives n’épargne personne. Toutes les équipes vivent les mêmes situations. Sauf que les équipes nationales composées de pro en grande majorité ressentent plus les effets des transferts que celle à dominance joueurs locaux. Et le Botswana compte plus de joueurs locaux que de pro. En plus, c’est un pays qui culmine à 983 m en altitude. Les sportifs mêmes très bien préparés redoutent l’attitude a fortiori ceux qui sont peu compétitifs. Forcément les visiteurs qu’étaient les Etalons ont plus souffert de ce facteur géographique que les locaux. Le coup le plus dur encaissé par la sélection Burkinabè reste la défection de l’Etalon en verbe. Il s’agit de Bertrand Traoré. Touché au dos, le sociétaire de Chealse n’a pas fait le voyage. Il a regagné Londres dès Paris pour une prise en charge. Mais au-delà des malheurs des Etalons, le choix tactique de Gernot Rohr, au regard de ses éléments mentionnés plus haut imposait une prudence. Les Etalons se devaient d’aller jouer pour le nul. Le dispositif de départ devait refléter cela. Quand on ne dispose pas de tous ses moyens, on se doit de la prudence. Le milieu de terrain devait être renforcé. Surtout que Charles Kaboré était disqualifié. Et que le jeune remplaçant, Adama Guira qui évolue au Danemark n’avait pas l’habitude. Alors, on devait renforcer le milieu par un troisième étant donné que le gros travailleur du secteur médian, Djakaridja Koné était loin de son niveau. Gernot Rohr, pour ne pas simplifier les choses a déplacé Mohamed Koffi, du poste de latéral gauche pour le droit et placé Steve Yago à gauche. Une permutation entre ces deux acteurs nous semblait mieux pensée. Surtout que chacun d’eux l’appelle de ses vœux. Dans tous les cas, on imagine que cette question de latéraux parait être le talon d’Achille des Etalons. Le coach doit en faire son chantier majeur. Dans le foot moderne, le latéral n’est plus confiné à son rôle de gardien de son camp point barre. C’est le premier attaquant. Son apport au front offensif fait gagner nombre d’équipe. C’est un poste qu’il faut maîtriser si l’on veut gagner. En soi la défaite au Botswana n’est pas grave. Il est vrai que les Etalons ont été relevés à la 2e place, derrière l’Ouganda. Mais la première place, synonyme de qualification sans calcul est toujours à portée des pattes des Etalons. En plus, malgré les départs difficiles vers de nouveaux clubs, malgré les départs ratés d’autres, le bilan du mercato a fini par s’arranger plus ou moins. Tout le monde a fini par se caser. L’heure est à la reprise au travail. D’abord il faut retrouver le plaisir de jouer, dépasser les déceptions, les chocs mentaux. Les joueurs devront se remettre au travail pour retrouver leur niveau. Là, le prochain regroupement qui n’interviendra qu’en mars pour les éliminatoires de la CAN 2017 pourra être charrié d’espoir. D’ici là, il y aura un regroupement à Paris le 8 octobre pour la journée FIFA afin de disputer des matchs amicaux. Après, en novembre, le calendrier des Etalons prévoit le début des éliminatoires de la Coupe du monde. Les Etalons vont affronter la sélection nationale du Bénin. Il est sûr que le Burkina qui a manqué d’un cheveu la qualification à la Coupe du monde 2014 rêve cette fois-ci d’y être. Et comme cette équipe fait des merveilles quand on s’y attend le moins, pourquoi ne pas y croire. En tous les cas, les Eliminatoires de la Coupe du monde vont permettre aux Etalons de parfaire leur chantier. L’objectif réaliste reste la qualification à la CAN. La génération actuelle en pleine maturité se doit d’écrire encore une belle page de cette compétition. Il est impensable alors que le Burkina ne s’y retrouve pas. Mais bien entendu, ce ne sera pas donné. Il faut aller chercher cette qualification. Le Burkina est à l’entrée des Nations de foot du continent. Il faut une autre participation réussie à une phase finale de CAN pour réussir à s’installer définitivement sur la table des seigneurs du foot du continent. Sinon, l’Afrique du sud restera un accident de parcours qui sera vite oublié.

J J Traoré


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