Jazz à Ouaga 2012 : La maturité, sinon rien !

Publié le vendredi 11 mai 2012

 L’ex-maire de Niafounké doit en ce moment se retourner dans sa tombe face à ce spectacle désolant qui se déroule dans sa région. Ali Farka Touré, homme de paix et de partage, était un fidèle du Festival Jazz à Ouaga. Pour aider « ses enfants et ses petits-frères », il n’hésitait pas à bouleverser son planning annuel de tournées dans le monde, pour faire le crochet à Ouaga. En retour, il n’exigeait pas grand-chose. Avant de partir dans l’au-delà, il a pris soin de semer la bonne graine. Un héritier est né : il s’appelle Vieux Farka Touré. En embouchant la trompette paternelle, l’élève est en passe de battre le maitre et c’est de bonne guerre. Honte à celui qui n’a pas fait mieux que son père ! dit l’adage. Le jeune Farka Touré auquel on ne présente pas le « Pays des Hommes intègres » est en vedette cette année encore. Pour souffler sur ses 20 bougies, le festival Jazz à Ouaga promet un plateau exceptionnel du 27 avril au 05 mai 2012 à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et dans 5 autres villes du Burkina. Avec pour thème : « 20 ans de Jazz à Ouaga : quelle contribution à la promotion de la musique au Burkina et en Afrique ? », le festival accueille une dizaine de concerts de haut niveau avec des artistes de renom dont beaucoup sont des habitués du coin que les mélomanes ne cessent de réclamer : Cheikh Tidiane Seck, Vieux Farka, Toumani Diabaté, Bassekou Kouyaté, Bembeya Jazz, Victor DEME… pour ne citer que ceux-ci. Et dire que les amoureux du bon son qui n’auraient pas pu accéder aux salles de spectacle pourront prendre du plaisir à la place de la nation en jam, durant les nuits du jazz. Le village du jazz y promet des étincelles. Cette année encore, le concours de jeunes talents, « Jazz-Performance », donnera la preuve qu’il constitue une véritable rampe de lancement pour des jeunes artistes nationaux. Eugène Kounker, Bill Aka Kora, Ablo Zon, Charly Sidibé, etc sont autant de jeunes et talentueux artistes qui peuvent répondre positivement à l’interrogation de la thématique de l’édition 2012. C’est du concret ! Cette année, un clin d’œil sympathique est fait aux artistes du Mali, qui viennent en nombre important. Marque de solidarité entre les peuples en ces moments difficiles pour ce pays frère. Belle initiative d’une association qui tient la route depuis 1992, surtout grâce aux soutiens de partenaires financiers extérieurs. Ainsi va la culture sous nos cieux n

Ludovic O. Kibora


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