Sondage L’Evénement : Roch légèrement en tête avec 21% (Intentions de vote dans 8 villes)

Publié le samedi 5 septembre 2015

Le sondage a été réalisé du 18 au 21 août sur huit villes du Burkina, dont Ouagadougou, la capitale. Il a concerné un échantillon de 2901 citoyens effectivement inscrits sur les listes électorales. La répartition par sexe du sondage donne 1656 hommes (57,1%) et 1245 femmes (42,9%). Les sondés sont à majorité jeunes ; les 18-30 ans représentent 54% de l’échantillon. Les 30-50 ans représentent 41,2% de l’échantillon. Les plus de 50 ans représentent 5,1%. Les sondés sont donc majoritairement jeunes.
Le niveau d’instruction est assez élevé. Près de 59,5% des sondés ont le niveau secondaire et universitaire. Les « sans instruction » et les niveaux primaire représentent 40% des sondés.
Au niveau des occupations, les salariés (fonctionnaire et secteur privé) représentent 25% des sondés, les commerçants, le secteur informel et les ouvriers 35,5%, les élèves et étudiants 14,8% et les ménagères 10,7%. C’est donc un public dominé par les commerçants et le secteur informel. Les salariés représentent un quart de l’échantillon. Les élèves et les étudiants présents pour seulement 15% environ.
Ces données sont intéressantes et permettent de bien remettre en contexte l’ensemble du sondage et de faire des interprétations plus objectives. Au regard de la situation d’ensemble du pays, le public n’est pas forcément représentatif. Malgré les efforts au niveau de l’éducation, la portion des « secondaires/universitaires » n’atteint pas le niveau qui est représenté dans l’échantillon. Par contre il cadre parfaitement avec les situations des villes qu’il traduit plus ou moins bien. L’importance des secteurs marchands ; commerçants, secteur informel et ouvrier. La présence assez significative des salariés et les élèves et étudiants en âge de voter, dans les proportions de 1/5.
En ciblant ce public, qui d’ordinaire vote peu, on se rend au moins compte d’une chose assez significative, les couplées d’octobre devraient connaitre une affluence. Les sondés à plus 87% disent qu’ils iront voter. Or dans les deux précédents scrutins de référence, présidentielle de 2010 et législatives couplées municipales à peine seulement 60% disent avoir voté.
Il est intéressant aussi de connaitre l’opinion de ce public, plus instruit et plus citadin, sur certains déterminismes du vote.
Primo, la proximité avec l’ancien régime, constitue-t-il un handicap ? Pour la majorité (53%), le fait d’avoir été proche de Blaise Compaoré n’est pas important.
Secundo, sur les qualités qu’ils tiennent pour importantes. Il y a en premier l’intégrité (78%) et le respect des engagements (66%). Le portrait idéal du futur président ; un homme intègre qui tient parole. En quelque sorte l’oiseau rare, en politique. Mais c’est bon de savoir que les Burkinabè sont exigeants et idéalistes. Les détails à découvrir dans les graphiques et les tableaux ci-après.

Des croisements assez intéressants

Le sondage permet de dégager le quinté de tête, dans les intentions de vote. Roch (21%), Zeph (20%), Eddie 13%, Benewendé 5,3% et Tahirou 2%. Nous avons croisé leurs résultats par ville, par genre et selon l’âge. Les résultats sont intéressants de prime à bord. Si dans l’ensemble l’addition des scores réalisés dans chacune des huit villes place Roch en tête. Zeph (UPC) arrive en tête dans plus de villes, quatre sur les huit. Roch (MPP) dans trois villes. Le CDP (et son président Eddie) fait de la résistance à Bobo Dioulasso, où il arrive en tête. La seule ville sur les huit où l’ancien parti et son président réalisent un score important c’est Bobo Dioulasso. 29% des intentions de votes. Ils ravissent ainsi la première place au MPP et à son président.
En considérant l’âge et le vote, le constat n’est pas très tranché, mais on peut dire que les plus jeunes (18-30 ans) votent Zeph et les gens mûrs (35 ans et plus) votent Roch.
Au niveau du genre, les lignes sont plus nettes. Les femmes votent Roch (20% contre seulement 14% à Zeph) et les hommes Zeph (24% contre 21% à Roch). Eddie (et son CDP) séduit aussi les femmes près de 19% des femmes interrogées. Les femmes pourraient être donc celles qui feront le vote.
Enfin, dans ce sondage les indécis sont très importants. Dans certains cas, ils sont aussi importants que ceux qui ont répondu. Cela veut dire qu’il y a un grand nombre de Burkinabè qui attendent et qui ne se sont pas encore déterminés. Les partis politiques ont du travail.
Le sondage a été réalisé entre le 18 et le 21 août. Quelques jours après l’officialisation des listes des législatives. Est-ce cela qui explique le taux important des indécis ?
On aura remarqué que certaines personnalités emblématiques peinent à émerger. Dans ce sondage, Djibril, Ablassé et Saran Sérémé sont en dessous de 2%. Le CDP et son candidat Eddie occupent la troisième place et recueillent plus de 13% de vote. C’est une position honorable, mais elle n’est pas au niveau de constituer l’épouvantail qu’agitent certaines personnes, pour mobiliser contre l’ancien parti au pouvoir.

La Rédaction


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